Signification biblique du parler en langues étrangères

par | Documentation Chrétienne - numéro 15

Division des langues à Babel

La Bible nous dit qu’au temps du projet avorté des hommes de construire une tour dont le sommet atteindrait les cieux, que

« tous les habitants de la terre parlaient la même langue et employaient les mêmes mots. » Gen. 11 :1.

S’étant approché pour observer ce gigantesque travail, Dieu nous affirme que les hommes formaient alors un seul peuple et ne parlaient qu’une seule langue et que cette unité leur avait permis d’accomplir leur dessein d’atteindre les cieux. Afin d’empêcher ceci, Dieu dit :

« Allons, descendons, mettons la confusion dans leur langage, afin qu’ils ne comprennent plus la langue les uns des autres. » Gen. 11 :7

Dieu fit ceci en jetant la confusion dans le langage des habitants de la terre et Il dispersa les hommes sur toute la surface de la terre. Ils cessèrent de bâtir la ville. Ainsi, par miséricorde, pour empêcher les hommes d’accomplir leur dessein religieux, technique et politique infernal, Dieu divisa leur langage et dispersa les nations ainsi divisées sur la surface de la terre entière. L’endroit où ceci se passa s’appelait Babel. En se rassemblant à Babel pour construire cette tour impie, les hommes se sont détournés de l’ordre de Dieu, « Remplissez la terre » (Gen. 1 :28). En les dispersant, Dieu les renvoyait à l’accomplissement de cette tâche[1].

Choix de l’hébreu comme langue unique par laquelle Dieu parle aux hommes

C’est directement après cet événement que Dieu manifeste son dessein de salut en appelant Abram à sortir d’Ur en Chaldée, de cette même région d’où les hommes avaient été dispersés et dont la langue avait été divisée par Dieu. Ayant dispersé les peuples, Dieu se choisit UN peuple. Ayant divisé les langues, Dieu se choisit UNE langue au travers de laquelle Il se révélera aux hommes.

Voici la promesse de Dieu à Abram :

« Quitte ton pays, ta famille, et la maison de ton père, et va dans le pays que je te montrerai. Je te ferai devenir une grande nation ; je te bénirai, je rendrai ton nom glorieux, et tu seras celui au nom duquel on est béni. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » Gen. 12 :1-3.

C’est l’histoire d’Israël qui commence, l’histoire de ce salut qui vient des Juifs, l’histoire de la préparation par Dieu d’un peuple qui Lui soit propre et au travers duquel Il manifestera Son Fils Jésus-Christ. Le salut des nations vient effectivement des Juifs car selon la promesse de Dieu « toutes les nations de la terre seront bénies de Dieu au travers de la postérité d’Abraham » (Gen. 22 :18) et Paul nous apprend que : 

« les promesses divines ont été faites à Abraham et à sa descendance. Le texte ne dit pas : « A ses descendances », comme s’il devait y en avoir plusieurs, mais : « A sa descendance », car il n’y en a qu’une seule : le Christ. » Gal.3 :16 :

De tous les peuples, Dieu s’était choisi UN peuple dont Il avait fait Son peuple, afin de bénir par le Messie, Jésus-Christ, toutes les nations.

« A cause de son grand nom, l’Écriture n’abandonnera pas son peuple : l’Écriture, en effet, a résolu de faire de vous son peuple. » I Sam. 12 :22

En effet Dieu, pour Israël, était l’Écriture qui les avait « séparés des autres peuples » (Lév. 20 :24).

« En effet, tu es un peuple consacré à l’Écriture, ton Dieu, et l’Écriture t’a choisi parmi tous les peuples qui sont à la surface de la terre, pour que tu sois son peuple particulier. » Deut. 14 :2

À ce peuple choisi d’entre toutes les nations de la terre Dieu parle, et Il lui parle dans un langage UNIQUE, l’hébreu, ou le dérivé de l’hébreu, l’araméen. Dieu agit au travers d’un peuple, Israël, et Il lui parle par le moyen d’une LANGUE, l’hébreu. Il faut bien se rendre compte de la nature absolument unique de la vocation d’Israël et de l’honneur incommensurable que Dieu a fait à Abraham et à ses descendants en leur parlant dans leur propre langage. Depuis la dispersion de Babel le langage humain est divisé et de ces langages Dieu se choisit un seul, l’hébreu, pour parler aux hommes. Pendant près de vingt siècles Dieu écarte presque entièrement de son dessein toutes les nations, toutes les langues, sauf le peuple d’Israël et la langue hébraïque !

Ces paroles par lesquelles Dieu adresse au prophète Ézéchiel sa vocation définissent bien les limites dans lesquelles Dieu s’est volontairement enfermé en se choisissant UN peuple auquel Il s’adressait au travers d’une seule langue :

« Fils d’homme, rends-toi auprès de la maison d’Israël et tu leur répéteras mes paroles. En effet, ce n’est pas vers un peuple au langage inintelligible, au parler barbare, que je t’envoie : c’est vers la maison d’Israël. Non, ce n’est pas vers des peuples nombreux, au langage inintelligible, à la langue barbare, dont tu ne pourrais comprendre les paroles, que je t’envoie ; ceux-là, certes, t’écouteraient, si je t’envoyais vers eux ! Mais la maison d’Israël ne voudra pas t’écouter, parce qu’elle ne veut m’écouter moi-même ; car toute la maison d’Israël à le front endurci et le cœur insensible. » Ez. 3 :4-7.

 

Ministère terrestre de Jésus limité au peuple d’Israël

Jésus lui-même dans son ministère sur terre ne pouvait sortir des limites de ce peuple choisi par Dieu, ce qu’il affirma bien clairement en disant à la femme cananéenne :

« Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Mt.15 :24.

Limites qui, pendant son ministère sur terre, étaient aussi fixées par lui pour les apôtres :

« N’allez pas vers les païens et n’entrez dans aucune ville des Samaritains ; mais allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël ». Mt.10 :5-6

Tant que l’Esprit n’était pas donné par le Père au Fils pour qu’Il le répande sur ceux qui croiraient au nom de Jésus, la prophétie de Zacharie :

« En ce jour-là, beaucoup de nations s’attacheront à l’Éternel, et elles deviendront mon peuple » Zach. 2 :11

ne pouvait pas s’accomplir.

La Pentecôte, fin du monopole juif de la langue par laquelle Dieu parlait aux homme

Mais avec la Pentecôte nous voyons quelque chose de tout à fait nouveau. Dieu ne s’adresse plus aux hommes uniquement en hébreu ou en araméen mais Il leur parle en des langues étrangères à l’hébreu, en ces langages inintelligibles, en ces parlers barbares dont nous parle le texte d’Ézéchiel que nous avons cité. L’Esprit de Dieu s’adresse dorénavant aux hommes en des langues étrangères à l’hébreu[2] :

« Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils commencèrent à parler en des langues étrangères selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » Actes 2 :4.

Les juifs pieux, de toutes les nations qui étaient sous le ciel, qui étaient rassemblés à Jérusalem accoururent au bruit

« et tous étaient étonnés de ce que chacun reconnût sont propre langage dans celui des apôtres. » Actes 2 :6

Entendant parler ces Galiléens incultes, ils se demandaient :

« Comment donc chacun de nous les entend-il parler la propre langue du pays où il est né ? » Actes 2 :8

et une liste s’ensuit, sans doute non exhaustive, de quatorze peuples qui s’émerveillent du fait qu’ils entendaient les disciples

« parler dans nos langues des œuvres magnifiques de Dieu. »  Actes 2 :11

Les quatre passages que nous citons insistent tous sur le fait que les disciples, sous l’inspiration du Saint-Esprit, parlaient UN AUTRE LANGAGE que l’hébreu. L’hébreu n’est plus le moyen exclusif de la communication de Dieu avec les hommes. Et le sens de ceci : le peuple des promesses, le peuple élu n’est plus l’instrument EXCLUSIF de Dieu pour son action sur la terre. L’ancienne alliance est terminée. Le temps d’Israël en tant que peuple de Dieu est FINI[3]. Le temps de l’hébreu en tant que langage choisi par Dieu est terminé. Le temps des nations étrangères, des langues étrangères commence. La rédaction du nouveau testament en grec et non en hébreu en sera la conséquence prochaine et inévitable. Comment en était-on arrivé à ce que Dieu ne parle plus à Israël dans sa langue propre et se tourne si clairement vers les nations aux langages incompréhensibles aux parlers barbares, pour leur déclarer les œuvres magnifiques de Dieu ?

Nature rebelle du peuple d’Israël

Dès Le début de sa vocation le peuple que Dieu s’était choisi se montra rebelle, intraitable, rapidement entraîné à murmurer et à se révolter contre Dieu. Le séjour au désert manifesta bien clairement ces dispositions mauvaises et, seuls de ceux qui étaient sortis d’Égypte, deux hommes de foi, Josué et Caleb, virent la terre promise. Sous Josué, le peuple marcha selon Dieu, mais très vite revinrent les murmures, la désobéissance,. le refus de se conformer à la loi divine, l’imitation des coutumes païennes et finalement l’adultère spirituel, l’idolâtrie. Maintes et maintes fois ce peuple rebelle fut repris par les prophètes envoyés de Dieu, s’était repenti et avait été pardonné par son Dieu miséricordieux, patient, lent à la colère, Dieu qui cherche et qui attend la repentance de ses enfants afin qu’ils vivent, ne voulant pas leur mort. Les Israélites avaient une démangeaison : l’imitation des nations païennes qui les entouraient. C’est ceci qui conduisit le peuple d’Israël à demander à Samuel un roi humain, renonçant ainsi au gouvernement direct de Dieu ; à la Théocratie[4]. À cette requête Dieu dit à Samuel :

« Obéis à la voix du peuple dans tout-ce qu’ils te diront ; ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux. » I Sam. 8 :7

Au projet de David de construire un temple à l’Éternel Dieu répondit par le prophète Nathan :

« Est-ce toi qui me bâtirais une maison, pour que j’en fasse ma demeure ? Tu le sais, depuis le jour où j’ai fait sortir de l’Égypte les enfants d’Israël jusqu’à aujourd’hui, je n’ai fait d’aucun temple ma demeure, mais j’ai logé comme un voyageur sous une tente et dans un tabernacle. Pendant tout le temps que j’ai voyagé avec tous les enfants d’Israël, ai-je adressé quelque plainte à l’un des chefs d’Israël, à l’un de ceux que j’ai chargés du soin de paître mon peuple. Leur ai-je dit : Pourquoi ne m’avez-vous pas élevé un temple de cèdre ? » II Sam.7 :5-7

La royauté et le temple ne changèrent rien à la tendance aux murmures et à la révolte des enfants d’Israël. Écoutons donc les paroles de l’Éternel adressées au peuple d’Israël par le prophète Osée : 

« Ce qui t’a perdu, ô Israël, c’est que tu t’es révolté contre moi, contre Celui qui t’apporte le secours. Où donc est ton roi ? Qu’il aille te délivrer dans toutes les villes !… Où sont tes juges, ceux à propos desquels tu disais : Donne-moi un roi et des chefs ! Je t’ai donné un roi dans ma colère, et je te l’ôterai dans mon indignation[5]. » 1 Osée 13 :9-11

Les reproches des prophètes envoyés par Dieu pour les détourner de l’imitation de la vaine manière de vivre des nations païennes furent sans effet. Dieu frappa son peuple par les puissances militaires de l’époque. Le royaume d’Israël fut déporté par les Assyriens en 722 avant Jésus-Christ pour disparaître pour toujours en tant que Royaume de l’histoire ; celui de Juda fut définitivement détruit par les Babyloniens en 587. S’ensuivirent septante années d’exil après lesquelles un reste revint à Jérusalem pour reconstruire le Temple et relever les murailles de la ville sainte. Mais même ce peuple châtié ne demeura guère fidèle, comme en témoigne le dernier prophète de l’Ancien Testament, Malachie. C’est un silence divin de près de quatre siècles, une période terrible que nous connaissons en partie par les livres des Macchabées (écrits historiques du deuxième siècle avant Jésus-Christ, non reçus dans le canon juif et chrétien, mais introduits comme appui à certaines innovations doctrinales par le Concile de Trente). Mais comme toujours, dans cette presque complète apostasie du peuple juif, dans cet abandon, dans cette rationalisation de la Loi de Dieu accentuée par l’influence hellénistique, Dieu se réservait un petit reste fidèle qui obéissait aux commandements de Dieu et qui attendait la venue du Messie.

Le reste d’Israël accueille le Messie mais le peuple le rejette

Par le prêtre Zacharie et Élisabeth sa femme, par la prophétesse Anne et Siméon, par Marie la mère de Jésus et Joseph son époux, Dieu s’adressa à nouveau à son peuple. Ce fut un bien faible reste qui accueillit la naissance du Messie. Puis ce fut le ministère puissant de Jean le Baptiste, nouvel Élie appelant le peuple à se repentir, préparant le chemin pour le Seigneur. Dieu parlait à nouveau ouvertement à son peuple mais les chefs du peuple, les scribes et les pharisiens, ne voulaient en rien entendre cet appel. Alors parut Jésus, le Fils de Dieu, annonçant la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. D’abord le Christ parla ouvertement au peuple confirmant ses paroles divines par des miracles manifestant ainsi la puissance même de Dieu. Mais face à l’endurcissement des juifs refusant le royaume tel que Jésus-Christ le leur présentait, refusant le Messie souffrant – ils avaient été tellement infectés de la pensée des nations païennes qu’ils réclamaient un roi puissant, un chef militaire révolutionnaire qui leur arracherait le joug pesant de l’empire romain – Jésus cessa petit à petit de leur parler ouvertement, leur parlant d’une manière voilée, en paraboles, ne parlant clairement qu’à ses disciples auxquels il avait « été donné de connaître le mystère du Royaume des Cieux ». (Mt.15 :11). Il parlait aux juifs endurcis de manière voilée afin qu’ils ne comprennent point :

« Je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient pas et qu’en entendant ils n’entendent et ne comprennent point. Ainsi s’accomplit à leur égard la prophétie d’Ésaïe qui dit : Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez pas ; vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple s’est appesanti ; ils ont endurci leurs oreilles, ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, qu’ils ne comprennent de leur cœur, qu’ils ne se convertissent et que je les guérisse. (Es.6 :9-10) » Mt.13 :14-15

Comme le déclarait Jean dans le prologue de son Évangile

« La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point accueillie.… La Parole est venue chez les siens et les siens ne l’ont point reçue. » Jean 1 :5,10.

Et avant sa crucifixion Jésus disait à ses disciples :

« Celui qui me rejette et ne reçoit pas mes paroles, a déjà son juge : la parole que j’ai annoncée, c’est elle qui le jugera au dernier jour. » Jean 12 :48.

En rejetant Jésus, les juifs s’excluaient d’eux-mêmes du dessein que Dieu avait formé pour eux. En tant que peuple, ils refusaient la part que Dieu leur avait destinée dans l’établissement du Royaume de Dieu sur la terre. Ainsi, expliquant aux pharisiens et aux chefs des prêtres la parabole des vignerons révoltés qui avaient tué l’héritier de la vigne, il fait cette déclaration terrible qui met fin pour toujours à la place exclusive et capitale qu’aurait dû être celle du peuple d’Israël en tant que tel dans le Royaume de Dieu :

« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre écartée par ceux qui bâtissaient est devenue la pierre de l’angle ; c’est l’ouvrage du Seigneur, et c’est une merveille devant nos yeux ? (Ps. 118 22-25) C’est pourquoi, je vous le déclare, le Royaume de Dieu vous sera ôté, et il sera donné à une nation qui en produira les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre sera prisé, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. » Mt.22 :42-44

C’est ce que reprend l’apôtre Paul quand il déclare que les branches naturelles de l’olivier, Israël, ont été retranchées et à leur place ont été greffées les branches de l’olivier sauvage, les païens régénérés.

La Pentecôte : les nations remplacent Israël dans le dessein de Dieu.

Les parlers en langues étrangères sont le signe donné par Dieu qu’Israël en tant que nation était maintenant retranché du dessein de Dieu, et que les gentils acceptant le Fils de Dieu, Jésus-Christ, étaient greffés à leur place. Les parlers en langues étrangères de la Pentecôte à Jérusalem, de Césarée et d’Éphèse sont tous le signe public que Dieu en avait FINI de parler au peuple qu’il s’était choisi dans SA PROPRE LANGUE, l’hébreu, parce que ce peuple l’avait lui finalement renié. Comme Je disait l’apôtre Jacques au concile de Jérusalem :

« Dieu a jeté les yeux sur les nations païennes pour en tirer un peuple consacré à son nom. » Actes 15 :14

Ce que l’apôtre Pierre, parlant des chrétiens, tant juifs que gentils, exprime dans ces paroles :

« Mais vous, vous êtes la nation sainte, le peuple que Dieu s’est acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière ; vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, et qui avez maintenant obtenu miséricorde. » I Pierre 2 :9-10

Et parlant peu avant des incrédules juifs qui ont refusé le Messie et qui le refusent encore aujourd’hui, il écrit, en citant le même texte que Jésus : « … pour les incrédules, la pierre écartée par ceux qui bâtissaient est devenue la pierre de l’angle, une pierre d’achoppement, un rocher qui fait tomber : ils s’y heurtent parce qu’ils n’obéissent pas à la Parole ; et c’est à cela qu’ils étaient destinés. » (I Pierre 2 :7-8)

C’est pour cette raison que l’apôtre Paul exhortant les Corinthiens à être des hommes faits en ce qui concerne l’intelligence leur déclare que les parlers en langues étrangères de la Pentecôte et d’ailleurs

« ont la valeur d’un signe, non pour ceux qui croient mais pour les incrédules » I Cor. 14 :22.

Le fait que Dieu s’est adressé aux juifs à la Pentecôte

« par des hommes parlant une langue étrangère, … par la bouche d’étrangers » (Es.28 :11) (I Cor. 14 :21).

est un signe DE SA PART du rejet des incrédules d’Israël, mais ce n’est un signe de rejet que pour les incrédules car à la Pentecôte tous n’ont pas refusé le Christ. En effet ce jour-là plus de trois mille JUIFS accueillirent la prédication de Pierre et furent baptisés. Comme le dit Paul seuls les élus d’Israël ont obtenu le salut, ce reste qui aussi au temps d’Élie comportait les seules fidèles d’Israël. Quant aux autres, dit Paul, ils furent ENDURCIS et il cite les paroles terribles de David à l’égard de son propre peuple :

« Que la table dressée devant eux leur devienne piège, filet, occasion de chute et juste punition ; que leurs yeux soient obscurcis pour ne point voir et que leur dos soit continuellement courbé. (Ps. 69 :23-24) (Rom. 11 :9-10)

Nous sommes obligés de constater que ceci est toujours le sort actuel de l’Israël incrédule. Et les paroles d’Ésaïe, tirées du chapitre vingt-huit que cite Paul pour définir le parler en langues étrangères, nous montrent bien le sort terrible de. l’Israël de Dieu qui, en refusant la foi, rejeta la bonne loi de Dieu la transformant en légalisme (« commandement sur commandement, précepte sur précepte, règle sur règle, ordre sur ordre, vétille par-ci, vétille par-là » (Es. 28 :13). Ayant refusé Celui qui est la « pierre angulaire, choisie et précieuse, solidement posée » (Es.28 :16), Christ, Dieu s’adressa pour la première fois à Israël non en hébreu ou en araméen, mais « par des gens dont les lèvres bégaient… dans une langue étrangère » (Es. 28 :11) (I Cor.14 :21).

Voici ce qu’écrit Ésaïe de l’Israël d’après la Pentecôte :

« Quand passera le fléau dévastateur, vous serez foulés aux pieds. Chaque fois qu’il passera, il vous saisira car il passera matin après matin, jour et nuit, et la terreur seule vous servira d’instruction ! » Es.28 :18-19.

N’est-ce pas ce que vit le peuple incrédule d’Israël depuis son rejet du Messie, Jésus-Christ. Dorénavant l’amour exclusif de Dieu pour Israël est FINI. La première Église a pris du temps pour le comprendre. Petit à petit la séparation s’est faite entre le judaïsme du sanhédrin, des pharisiens et des sadducéens (ils avaient renié le Dieu d’Abraham, d’Isaac et &e Jacob, ils renièrent aussi le Messie) et les vrais juifs (non pas les juifs selon la chair, mais ceux qui croyaient en vérité au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob et qui reconnurent alors le Messie, Jésus-Christ). Ces juifs furent plus tard appelés « chrétiens ». Avec les gentils qui se greffèrent à eux, ils formèrent l’Église, la maison de Dieu le peuple élu, la nation sainte, le corps vivant de Jésus-Christ. Le mur de séparation entre Juifs et gentils est maintenant tombé pour toujours (Eph. 2 :14). Des deux peuples Christ en a fait UN SEUL. Dieu a ainsi réduit la nation incrédule, Israël, à une nation comme les autres, se distinguant d’eux que par sa soumission au jugement continuel de Dieu. Dieu préserve ainsi Israël de génération et génération, au travers d’infinies souffrances, comme signe de Sa fidélité dans Ses JUGEMENTS. De la même manière que les larmes de Jésus sur Jérusalem étaient un signe prophétique de l’effrayante destruction de la ville sainte par les armées romaines en l’an septante, le parler en langues étrangères était aussi un signe du jugement prochain de Dieu sur son peuple adultère, renégat. Mais du reste fidèle qui au cours des âges avait porté la promesse faite à Abraham est né celui qui était la promesse, Jésus, Fils de Dieu et Fils de l’homme, et ce reste fidèle, qui est le tronc de l’olivier, a porté le salut à toutes les nations car le salut vient des Juifs (Jean 4 :22)[6].

Mais nous pouvons aller plus loin encore. Si la dispersion des nations et la division des langues par Dieu à Babel ont été suivies de l’appel d’Abraham et de la vocation spécifique d’Israël – vocation qui établit un mur de séparation rigide entre juifs et non juifs – la réunification par l’Esprit-Saint à la Pentecôte des langues divisées à Babel a été la manifestation de la nouvelle unité en Christ des hommes de toutes les nations par la seule foi en Jésus-Christ. Ceux qui étaient éloignés ont été rapprochés par le sang du Christ, et de Juifs et de gentils de toute nation, de toute langue, de toute tribu et de tout peuple a été constitué un peuple nouveau, une nation sainte. Nous comprendrons mieux ceci en examinant les deux autres cas dans les Actes des Apôtres où nous voyons da manifestation de parlers en langues étrangères.

Conversion de Corneille : commencement du temps des gentils

La conversion de Corneille et de toute sa maison, leur réception du Saint-Esprit, leur baptême d’eau, manifestent très explicitement l’ouverture du Royaume de Dieu aux païens. C’est le début. de l’accomplissement de l’ordre de Jésus.

« Allez donc, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé. » Mt. 28 :19-20

L’universalité de l’appel de Dieu avait éclaté dans les parlers en langues étrangères de la Pentecôte. Il est confirmé par les parlers en langues de Césarée. Césarée était une ville romaine ; Corneille, centenier romain, appartenait à la légion dite italienne. C’était l’entrée du monde romain dans le dessein de Dieu[7].

À Éphèse

Le troisième cas où la réception du Saint-Esprit fut accompagnée de parler en langues étrangères fut celui de la ville d’Éphèse, citadelle de la religion païenne et haut-lieu de la culture grecque. Dans ce dernier cas il s’agissait de l’ouverture du monde grec à l’Évangile. Ceci nous semble comme annoncé d’avance par l’inscription affichée par Ponce Pilate sur la Croix, « Jésus de Nazareth, le roi des Juifs » (Jean 19 :19) et ceci en hébreu, en latin et en grec (v.20) ce qui correspondrait dans l’ordre à la manifestation du don de l’Esprit Saint par des langues étrangères à Jérusalem (hébreu), à Césarée (latin) et à Éphèse (grec). L’appauvrissement des juifs incrédules a été, comme le dit Paul, la richesse des nations. Maintenant Dieu ne s’adresse plus qu’aux seuls Juifs dans la seule langue hébraïque mais aux « hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, de toute nation. » Nous voyons aussi en conséquence que le désir de revenir à un langage religieux UNIQUE que nous trouvons dans l’Église catholique romaine avec le LATIN ou dans les églises orthodoxes slaves avec le SLAVON n’est rien d’autre qu’un retour en arrière artificiel et factice par rapport à l’effusion du Saint-Esprit sur toute chair depuis la Pentecôte et en conséquence n’est rien d’autre qu’une judaïsation du Christianisme[8].

Exercice du parler en langues étrangères selon le Nouveau Testament

Disons maintenant quelques mots sur l’exercice du charisme donné par le Saint-Esprit, charisme qui permet de parler à Dieu, aux anges et aux hommes en des langues qui nous sont étrangères. Paul nous dit que celui qui parle en langues s’édifie LUI-MÊME. Par l’action de cette grâce de Dieu, il est édifié spirituellement, il est abreuvé par le Saint-Esprit, son homme intérieur est fortifié. Cet effet est le propre de l’exercice de n’importe quel charisme de Dieu. Il n’édifie pas les autres, nous dit l’apôtre Paul, parce que ce qu’il leur exprime en langue étrangère, humaine ou angélique, leur est incompréhensible. C’est pour cette raison d’inutilité par rapport au corps que Paul proscrit l’exercice public de tout parler en langues non accompagné d’interprétation. Un tel parler en langues étrangères n’édifie pas l’assemblée mais uniquement celui qui le prononce. Paul écrit aux Corinthiens à ce sujet :

« En effet, mes frères, si je venais parmi vous, parlant en langues, et que ma parole ne vous donnât ni révélation, ni connaissance, ni prophétie, ni instruction, en quoi vous serais-je utile ?… si votre langue ne fait pas entendre un discours intelligible, comment saura-t-on ce que vous dites ? Vous parlerez en l’air. Il y a dans le monde tant de sortes de langages, et chacun a sa signification : Si donc je ne sais pas ce que ce langage signifie, je serai un barbare pour celui qui parle, et celui qui parle sera un barbare pour moi… C’est pourquoi que celui qui parle en langues prie afin d’obtenir le don d’interprétation. » I Cor. 14 :6-13.

Mais il va jusqu’à dire qu’il bénit Dieu de posséder

« plus que vous tous, le don de parler en langues ; mais afin d’instruire les autres, j’aime mieux prononcer dans l’Église cinq paroles avec mon intelligence, que dix mille paroles en langues. » I Cor. 14 :18-19

Le rapport qu’il établit est de cinq à dix mille, c’est-à-dire qu’il dévalorise radicalement par rapport à la vie de l’assemblée l’étalage public de cette expérience mystique et personnelle ; car sans interprétation elle est satisfaisante émotionnellement et spirituellement uniquement pour la personne qui l’éprouve, mais totalement inutile (mathématiquement 2000 fois moins utile !) pour les chrétiens présents. Son souci est celui de l’édification des chrétiens et il recommande aux Corinthiens de ne pas être des enfants pour ce qui concerne l’intelligence mais d’atteindre la maturité de l’intelligence. Le premier souci de Paul n’est pas l’édification de LUI-MÊME, mais la CONSTRUCTION de la maison de Dieu, l’édification du corps de Christ. Celui qui ne se soucie que du parler en langues étrangères d’inspiration divine ne se soucie que de SA PROPRE ÉDIFICATION PERSONNELLE. C’est un ÉGOÏSTE SPIRITUEL qui ne recherche que le gonflage de son MOI. Bien sûr Dieu cherche à édifier notre personne et plus spécifiquement le nouvel homme en Christ qu’il a créé en nous. Il nous est bien dit d’aimer notre prochain comme nous-mêmes. Et il est bien certain que l’amour qui ne commence pas par soi-même est un altruisme sentimental sans fondement et purement imaginaire. Le but que Dieu se donne en nous accordant Ses grâces, Ses charismes, n’est pas notre gonflage spirituel personnel mais bien plutôt que les frères soient édifiés et l’Église de Dieu construite et bien coordonnée afin que la lumière de Dieu soit affectivement portée à ceux qui sont dans les ténèbres et que le règne de Dieu vienne, et que Sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Si dans les deux listes de charismes qui figurent dans I Corinthiens, chapitre 12, le parler en langues étrangères figure en dernier lieu, la raison en est que c’est un charisme qui peut ne pas servir l’édification des frères.

L’amour du prochain commence par l’amour de Dieu qui nous apprend justement à nous aimer nous-mêmes afin que nous aimions notre prochain comme un autre moi. L’amour de Dieu nous conduit ensuite sur la route du sacrifice afin d’aimer nos frères comme Christ nous a aimés, c’est-à-dire en nous sacrifiant pour eux. Le sommet de la vie chrétienne est finalement la charité, le lien de la perfection, l’amour sincère et efficace de tous les hommes. Si l’on veut commencer par la fin –   mettre la charrue avant les bœufs comme on dit – étant pécheurs, incapables d’aimer Dieu, soi-même et son prochain, on débute par le sommet de l’amour, l’amour de tous les hommes. Mais cet amour altruiste utopique conduira irrémédiablement les idéalistes généreux, mais incapables de faire le bien, qui pensent le pratiquer, vers des mirages qui au réveil se révéleront être le monde concentrationnaire de l’Archipel du Goulag[9]. Ainsi, tout en souhaitant que tous parlent en langues, Paul met-les Corinthiens en garde contre l’abus de l’exercice égoïste de parler an langues. Et si lui-même exerçait ce charisme plus que tous ce n’est ni qu’il CONVOITAIT ce charisme plus que d’autres, ni qu’il s’exerçait volontairement à parler en langues et encore moins qu’il se manipulait physiquement et psychiquement pour parler en langues – Dieu seul donne ses grâces, l’Esprit souffle où il veut et non où nous voulons ! – mais tout simplement que Dieu voyait bien que dans l’exercice de son ministère difficile, en but à d’innombrables difficultés et épreuves, Paul avait bien plus besoin d’être secouru par Dieu que ceux qui ne faisaient que se complaire dans les grâces qu’ils avaient reçues. Le fait de pouvoir disposer de SON PROPRE parler en langues étrangères À VOLONTÉ, de pouvoir le déclencher mécaniquement quand NOUS LE VOULIONS, de pouvoir parler en langues étrangères quand NOUS le désirons est manifestement un abus des grâces de Dieu. C’est s’approprier un charisme pour son autosatisfaction et non pour le recevoir à chaque fois qu’il plaira à Dieu de le manifester en nous. Nous ne nions aucunement la nécessaire collaboration de l’homme régénéré à l’exercice des grâces divines ; ce que nous rejetons absolument est l’attitude, ou la discipline de la prière, qui prétendrait ou qui impliquerait que l’origine de ces grâces, de ces charismes, soit de quelque manière en l’homme. Si nous coopérons avec Dieu dans l’exercice de Ses grâces, jamais l’initiative de ces grâces ne nous revient. Ce serait l’homme se mettant à la place de Dieu, un aspect du CULTE de l’homme. Le vrai parler en langues étrangères est toujours une GRÂCE DE DIEU. De toute grâce, Dieu est L’ORIGINE et 1’EXPÉDITEUR. S’il est vrai que nous pouvons recevoir de manière plus ou moins permanente l’exercice de tel ou tel charisme, néanmoins le charisme étant de Dieu, et Dieu seul connaissant nos besoins réels et les besoins réels de l’Église, c’est à LUI seul que revient l’initiative de manifester en nous Ses charismes. C’est l’Esprit de Dieu qui souffle OÙ et QUAND Il veut qui doit chaque fois à nouveau s’exprimer dans ce charisme. L’Esprit Saint qui s’exprime par ces charismes est DIEU LUI-MÊME. Comment pouvons-nous donc imaginer pouvoir MANIPULER ou PROVOQUER selon nos désirs et nos lubies les grâces que l’Éternel Dieu nous confie[10] ?

S’il est dit que le prophète doit maîtriser la prophétie en lui cela ne veut pas dire qu’il est l’origine de la prophétie (cela le placerait strictement à la place de Dieu, HOMME qui se prend pour DIEU) mais simplement qu’il doit à l’occasion pouvoir empêcher l’expression publique de la prophétie que l’Esprit Saint lui accorde, afin, par exemple, de ne pas jeter des perles devant der pourceaux ou des chiens. Le ministère de Paul nous apprend bien que celui qui recevra le plus de Dieu n’est pas celui qui s’abandonne à ses convoitises psychiques et spirituelles mais celui qui dépense sans compter les grâces qu’il aura reçues pour ses frères et pour ceux qui se perdent. Voici le seul secret d’une vie constamment renouvelée par Dieu.

Signification du parler en langues extatique, mystique, incompréhensible et non biblique pratiqué par de nombreux chrétiens

Que devons-nous penser de ces innombrables cas d’expériences mystiques extatiques accompagnées de parler en langues incompréhensibles et non interprétés qui sont ressentis par ceux qui les vivent comme une libération, un renouvellement spirituel ? A partir des remarques suivantes, qui nous ont été rapportées par un ami et qui sont tirées d’un entretien qu’il a eu avec un psychiatre pentecôtiste, nous tenterons de comprendre ce phénomène mystique que l’on retrouve maintenant dans tous les milieux chrétiens :  

« Le Saint-Esprit, à la nouvelle naissance, vient habiter en nous, mais pas dans la totalité de notre être, ceci, je pense, à cause du manque d’ouverture de notre part, et des obstacles que nous dressons devant l’Esprit Saint.

  • Le baptême du Saint-Esprit serait une irruption de l’Esprit dans tout l’être et surtout dans l’inconscient, libérant ainsi les dynamismes bloqués, les refoulements, et permettant à cet inconscient de s’exprimer par des langues incompréhensibles, comprises par Dieu. Il s’agirait alors d’un nouveau mode de relation avec Dieu, une nouvelle « respiration » spirituelle qui jouerait le rôle de « voirie » de l’inconscient.
  • Ce parler en langues peut également surgir chez des non chrétiens ; il est alors libéré par un autre esprit qui met la personne en communion avec elle-même.
  • Ce parler en langues – glossolalie – doit être distingué du parler en langues étrangères de la Pentecôte. Ce dernier est une action directe du Saint-Esprit dans le croyant et est réservée par l’Esprit Saint à ceux auxquels Il veut l’accorder, tandis que la glossolalie en langues incompréhensibles est une possibilité naturelle inhérente à tout homme et que l’action de l’Esprit libère en nous.
  • En conclusion, le parler en langues – glossolalie – n’est pas le résultat de l’action d’un esprit étranger à l’homme venant parler au travers d’une personne, mais est un phénomène humain, latent chez chacun, réveillé et libéré par une puissance spirituelle. »

Ce qui est particulièrement frappant dans ce texte est la distinction entre le charisme biblique du parler en langues étrangères, action de Dieu, manifestation du Saint-Esprit par l’intermédiaire du croyant d’une part, et la glossolalie incompréhensible, phénomène humain universel, libéré par une action spirituelle puissante, par « une irruption de l’Esprit dans tout l’être ». Il est spécifiquement dit que l’origine de l’esprit est sans importance en ce qui concerne la manifestation de la glossolalie. L’action puissante du Saint-Esprit (nommée de manière erronée « baptême du Saint-Esprit ») aurait le même effet chez le chrétien – la glossolalie – que l’action puissante d’un esprit mauvais chez un païen. Il est aussi dit que cette expérience spirituelle potentiellement commune à tous les hommes est une libération de l’inconscient, « libérant les dynamismes bloqués, les refoulements, et permettant à cet inconscient de s’exprimer par des langues incompréhensibles. » Tout ceci nous oblige à faire quelques remarques fondamentales :

    1. Il nous semble qu’ici nous avons une description correcte de ce qui se passe quand des chrétiens ou des non chrétiens subissent une expérience spirituelle violente qui déclenche en eux des manifestations irrationnelles. Ces manifestations ne se limitent pas au seul parler en langues. Nous avons à faire ici à une libération d’éléments refoulés chez l’homme analogue à la libération opérée par la psychanalyse. Ces deux libérations – spirituelle et psychanalytique – sont accompagnées d’un sentiment de joie et de perte de tension psychique. Dans le yoga l’on retrouve des libérations tout à fait analogues.
    2. Cette description psychologique correcte vaut uniquement pour l’homme naturel. Il s’agit de déclencher des mécanismes du vieil homme, de l’homme charnel. Ceci peut-être accompagné de sentiments de bien-être et de joie mais n’étant pas une action spirituelle, mais une action purement psychologique, n’est d’aucune valeur sur le plan spirituel, sur le plan de l’homme nouveau en Jésus-Christ. Les bienfaits spirituels que nous recevons de Dieu ne sont pas psychologiques, humains, terrestres, mais « en Christ, dans les lieux célestes nous sommes comblés de toutes sortes de bénédictions spirituelles. » Les sentiments qui peuvent les accompagner sont d’importance tout à fait secondaire.
    3. Ce texte semble prétendre que des éléments « inconscients », « refoulés » du vieil homme peuvent être purifiés par une action puissante de l’Esprit et ainsi devenir des éléments positifs dans la vie du chrétien. Le vieil homme est appelé par la Bible charnel, et la Bible nous dit que rien de charnel ne peut avoir accès à Dieu. Tout ce qui est charnel, tout le vieil homme doit mourir avec Christ à la Croix pour que nous vivions en nouveauté de vie, par la vie de résurrection du Christ. Le Christianisme n’est aucunement l’amélioration d’une vieille nature corrompue, ou la libération de forces psychologiques refoulées dans l’inconscient. Non le Christianisme n’est rien d’autre que la mort du vieil homme en Christ à la Croix et la résurrection d’une nouvelle nature en Christ dans sa résurrection. Le Saint-Esprit ne fait que nous appliquer ces réalités que nous recevons par la foi en la personne, en la Parole et en l’œuvre de Jésus-Christ pour nous.

« Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi d’une vie nouvelle. En effet, puisque nous avons été identifiée avec lui par une mort semblable à la sienne, de même nous serons unis à lui par une résurrection semblable à la sienne. Notre vieil homme, nous le savons, a été crucifié avec lui, afin que ce corps esclave du péché fut détruit et que nous ne fussions plus asservis au péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché ». Rom. 6 :4-7.

    1. Ainsi ce n’est pas l’inconscient qui doit être libéré pour que les dynamismes bloqués par les refoulements puissent nous vivifier – ce serait le salut psychologique humain de la libération des forces innées en l’homme – mais bien plutôt tout ce qui est caché doit venir à la lumière, c’est à dire doit devenir conscient pour être, par la foi, confessé et déposé en Christ dans sa mort à la croix.

Paul nous le dit très clairement :

« si vous avez été instruits, selon la vérité qui est en Jésus, à vous dépouiller, par rapport à votre vie passée, du vieil homme corrompu dans les convoitises trompeuses, à être renouvelés en l’esprit qui inspire vos pensées, et à vous revêtir du nouvel homme, créé à l’image de Dieu dans la justice et la sainteté que produit la vérité. » Eph.4 :21-24.

Ce que la psychologie appelle l’inconscient, la Bible l’appelle ténèbres. Les ténèbres en nous, c’est à dire notre inconscient, est fait uniquement des péchés que nous n’avons plus en conscience, que nous avons oubliés, que nous avons refoulés, et qui nous tiennent prisonniers du Diable. La libération passe par la prise de conscience de nos péchés oubliés et cachés, par la repentance vis-à-vis de ces péchés, la confession de ces péchés à Christ (et parfois aux hommes) qui nous en libère, car Il les a tous portés à la croix et ils sont tous engloutis avec Lui dans Sa mort. Il n’y a pas de libération « sacramentelle » par effusion magique d’un quelconque esprit hors de cette prise de conscience, de cette repentance et de cette confession de nos péchés. Tout ce qui est de l’inconscient n’est que péché et la libération de ce péché, hors de l’œuvre de Christ à la croix, n’est que la libération de la puissance d’iniquité qui oublie totalement la loi de Dieu, la différence absolue entre le bien et le mal et qui commet le mal comme s’il était le bien, sans remords aucun. C’est la libération de la chair. La sanctification n’est jamais purification ou libération du vieil homme, conscient ou inconscient, mais sa progressive mise en lumière par la lumière de Dieu, la Parole de Dieu éclairée par l’Esprit Saint. Ceci afin que le vieil homme participe de plus en plus à la mort de Christ à la croix et soit ainsi progressivement détruit dans nos vies et que le Christ lui-même vive de plus en plus à sa place. La tâche du Saint-Esprit en nous n’est pas d’habiter la totalité de notre être pécheur et ainsi le récupérer pour Dieu. Cet être pécheur, ce vieil homme, est entièrement irrécupérable. Il n’y a rien de bon en lui. Il doit entièrement passer par la croix pour, corps, âme et esprit, recevoir la vie de résurrection en Christ. Le mot « saint » veut dire séparé. Le Saint-Esprit sépare ce qui est vil en nous – le vieil homme – de ce qui est propre – le nouvel homme en Christ – pour que nous fassions mourir tout ce qui est du vieil homme en Christ à la croix, et qu’ainsi nous marchions de plus en plus en nouveauté de vie. C’est ce qu’enseigne Paul : 

« Autrefois, en effet, vous étiez ténèbres, mais-à présent, vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ; tout ce qui est bon, juste et vrai est fruit de la lumière. Examinez ce qui est agréable au Seigneur et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, mais plutôt réprouvez-les ; car on a honte de dire ce que les gens font en secret. Mais tout ce qui est ainsi réprouvé apparaît en pleine lumière ; la lumière en effet éclaircit tout. » Eph. 5 :8-13 (voir aussi Luc 11 :34-36)

    1. Pour conclure disons que le libération des « dynamismes bloqués de l’inconscient » de l’homme naturel par une action prétendument spirituelle qui aboutit à cette « glossolalie » accessible à tous les hommes n’est qu’une « œuvre stérile des ténèbres » à laquelle nous ne devons avoir aucune part mais que nous devons bien plutôt réprouver. Le vrai parler en langues étrangères, charisme, grâce divine du Saint-Esprit, est une chose entièrement différente. Ne confondons pas lumière et ténèbres.

Quelques distinctions et positions à maintenir au sujet du parler en langue étrangère

    1. Tout parler en langue venant de Dieu est nécessairement dans une langue qui est étrangère à celui qui la prononce.
    2. Les parlers en langues étrangères venant de Dieu dont il est question dans le Nouveau Testament peuvent être l’expression (i) d’une langue humaine historique ou (ii) d’une langue angélique.
    3. Celui qui parle ainsi par l’Esprit Saint dans une langue qui lui est étrangère peut parler (i) à Dieu seul s’il n’a pas reçu l’interprétation de la langue étrangère, humaine ou angélique, qu’il parle, (ii) aux étrangers qui comprennent naturellement cette langue, (iii) aux anges qui comprennent cette langue, (iv) à lui-même, s’il a reçu aussi le charisme d’interprétation, (v) ou finalement à l’assemblée chrétienne si le parler en langue étrangère venant de Dieu exprimé publiquement est accompagné de l’interprétation divinement inspirée.
    4. Il n’est nul part parlé dans l’Écriture d’un « parler en langue extatique ». Il nous est seulement dit que si le parler en langue étrangère – humaine ou angélique – n’était pas accompagné d’interprétation inspirée, celui qui exprimait ce parler en langue étrangère se parlait à lui-même et à Dieu. Ce parler en langue étrangère pour soi-même et pour Dieu peut être accompagné ou non d’une expérience sensible de la grâce de Dieu.
    5. L’on tire des conséquences erronées de l’usage du singulier « parler en langue » ou du pluriel « parler en langues » que l’on retrouve dans les chapitres douze et quatorze de la première épître de Paul aux Corinthiens. L’on prétend que le « parler en langues » au pluriel se réfère au parler en langues étrangères du jour de la Pentecôte tandis que le « parler en langue » au singulier se réfère à un parler en langue personnel incompréhensible, extatique, mystique. Rien dans les textes ne laisse supposer une telle distinction. Une lecture attentive nous montre qu’il s’agit uniquement d’une distinction du singulier – le parler d’une langue – et du pluriel – du phénomène des langues, de la diversité des langues. Il ne faut pas utiliser des distinctions grammaticales parfaitement simples pour faire accepter des distinctions ou même des inventions doctrinales, que l’on ne peut découvrir dans les textes.
    6. Certains prétendent que le parler en langue étrangère doit obligatoirement accompagner le fait d’être baptisé dans le Saint-Esprit. Une telle affirmation est entièrement contraire à l’enseignement de Paul qui nous dit : « nous avons tous été baptisés d’un même Esprit, pour former un même corps » (I Cor. 12 :13) et dans le même chapitre, en parlant de la diversité des diaconies, et des opérations et des charismes de l’Esprit Saint, il demande « Tous parlent-ils en langues ? », disant en fait que tous ne parlent pas en langues étrangères.
    7. D’autres prétendent qu’il nous faut refuser le parler en langue étrangère inspiré de Dieu – ce qui serait contraire à l’ordre de Paul « n’empêchez point de parler en langues » (I Cor. 14 :39) – sous prétexte que ce charisme est bien trop sujet à contrefaçon. Remarquons simplement que toute la vie spirituelle de l’Église est sujette à d’innombrables contrefaçons, l’Écriture Sainte elle-même n’y échappe pas. Avec un tel principe de crainte, de manque de foi, de refus d’exercer le discernement et d’éprouver toutes choses à la lumière de l’immuable Vérité, la Bible, nous ferions bien de fermer toutes les Églises et d’éviter ce risque inouï qui est de tâcher de vivre une vie chrétienne. Parlant de l’exercice des charismes dans l’Église Paul nous dit bien plutôt :

« N’éteignez point l’Esprit ; ne méprisez pas les prophéties ; éprouvez toutes choses, et retenez ce qui est bon ; abstenez-vous du mal sous toutes ses formes. »  I Thess. 5 :19-22 :

Cas historiques instructifs mais non normatifs de parlers en langues étrangères dans l’Église

Nous voulons à présent examiner quelques cas historiques, et en conséquence non-normatifs, mais instructifs, de parler en langues utiles à l’édification au corps de Christ et au témoignage de Jésus.

Réveil d’Indonésie

Le premier cas que nous citerons nous paraîtrait être un parler en langues étrangères analogues à celui qui eut lieu le jour de la Pentecôte Jérusalem. Voici la description qu’en donne le Dr. Kurt Koch, pasteur luthérien exerçant un remarquable ministère de délivrance[11] qui a eu un contact direct avec le puissant réveil de la conscience des chrétiens et de la vie de l’Église de l’île de Timor. Il serait utile de préciser que le Dr. Koch qui relate ces évènements a publié une très sévère mise en garde contre les erreurs pratiques du pentecôtisme et du charismatisme[12]. Parlant du ministère remarquablement béni et efficace pour Dieu de l’évangéliste indonésien Pak Elias, le Dr. Koch écrit :

« Dieu a aussi honoré la vie de prière intime de son serviteur. Une nuit Pak Elias se vit surplombant un pays lointain et comme la vision prenait fin il se trouva soudainement en train de prier dans un langage qu’il ne comprenait pas. Mémorisant ce qu’il avait dit, quel ne fut pas son étonnement quelques mois plus tard, quand il visita la Thaïlande, que le langage qu’il avait parlé était celui du peuple Thaï[13]. »

Ce parler en langue Thaï par un homme qui ne connaissait pas du tout cette langue était comme une indication prophétique accordée par le Saint-Esprit à Pak Elias afin de confirmer divinement son entreprise missionnaire en Thaïlande. L’Esprit Saint semble ici, par un parler en langues étrangères, ouvrir une porte dans l’œuvre missionnaire. Le Dr. Koch, dans ce livre, cite un autre cas de parler en langues étrangères donné à une toute simple villageoise engagée par Dieu dans Son œuvre.

« Pendant que Marie racontait au Pasteur Joseph et à notre équipe le récit de son appel par Dieu, elle ajouta, « Le Seigneur m’a donné un chant, mais je ne peux en comprendre les paroles », et elle se mit à chanter son chant de vive voix. Nous étions renversés. Il était en anglais, et elle le chantait sans faire de fautes. Voici les paroles :

« J’entends mon Sauveur appeler

J’entends mon Sauveur appeler

Prends la croix et suis moi. »

La seule langue que connaît Marie est son propre dialecte indonésien. Mais la voilà qui nous chantait un cantique en anglais, une langue entièrement inconnue des gens de la région où elle vit[14]. »

Ce parler en langues étrangères semble simplement être la confirmation divine du travail accordé par Dieu à une simple femme inculte.

Réveil des Cévennes

Nous trouvons de nombreux cas tout à fait analogues à celui-ci dans le puissant réveil des Cévennes des années qui suivirent la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV. La terrible persécution des enfants de Dieu aux mains de Louis XIV et de son intendant Baville, instruments impitoyables de l’Église Catholique romaine, avait conduit le plus grand nombre de pasteurs à abandonner leur troupeau. Dieu, en réponse au dénuement le plus complet de son peuple, suscita des ministres extraordinaires parmi les gens les plus simples, et parfois parmi des hommes et des femmes ne sachant ni lire ni écrire, ni même parler le français. Nous citerons quelques cas (parmi beaucoup d’autres) où Dieu, par son Esprit Saint, accorda à ces simples paysans des grâces extraordinaires afin de leur permettre de Le glorifier et rendre témoignage publiquement, et parfois même devant les autorités persécutrices du nom de Jésus. Voici le témoignage de M. Caladon, d’Aulas, dans les Hautes Cévennes, sur ce qu’il avait vu et entendu :

« Je vous dirai d’abord que ce qui me faisait aimer les Camisards et ce qui m’obligeait à sacrifier ma personne et mon bien pour eux, c’était le zèle et la piété qu’ils avaient. Il faudrait être entièrement aveugle pour ne pas voir que c’est la main de Dieu qui les a soutenus… J’ai vu un grand nombre de ces inspirés, de toue âges et des deux sexes… C’étaient tous des gens sans malice et en qui je n’apercevais rien que je pusse soupçonner être de leur invention. Ils faisaient de fort belles exhortations, parlant français pendant la révélation. Il y avait du plus et du moins. On doit remarquer qu’il n’est pas moins difficile à des paysans de ces quartiers-là de faire un discours en français, qu’à un Français qui ne ferait que d’arriver en Angleterre, de parler anglais[15]. »

Ailleurs, nous lisons : :

« … les paroles qu’il prononça furent autant de sollicitudes pressentes à l’amendement de vie, s’exprimant en français, chose fort notable en ce pauvre simple paysan. Ses discours étaient pathétiques ; et il citait, à propos, des passages de l’Écriture, comme s’il avait su la Bible par cœur. Je suis assuré qu’il ne savait pas lires et je puis bien répondre non seulement de sa grande ignorance, mais de l’incapacité de son esprit, pour recevoir, ni en peu de temps, ni avec un long travail, la connaissance et l’idée des choses qu’il disait par ses inspirations[16]. »

Dans d’innombrables cas, nous voyons des personnes toutes simples, sans instruction, parfois ne sachant même pas lire, souvent ne connaissant pas le français, exhorter avec une entière fidélité biblique, en français, leurs auditeurs à fuir le péché, à se repentir, à revenir à Dieu, à se sauver de la perdition éternelle. Voici ce qu’en témoignait Claude Brousson[17] parlant à la troisième personne de ses propres impressions :

« Il ne pouvait se lasser d’admirer les grâces que Dieu accordait à tant de fidèles Serviteurs, qu’il suscitait tous les jours extra-ordinairement, qui étaient faibles et misérables aux yeux de la chair, mais qu’il fortifiait par son Esprit, dont il accompagnait en même temps la Parole d’une efficace merveilleuse, et dont plusieurs scellaient de temps en temps la Vérité de leur propre sang avec une constance inébranlable… Il voyait manifestement que Dieu avait mis son trésor dans ces vases de terre ; que c’était son Esprit qui faisait parler ces muets, qui tirait sa louange de la bouche de ces petits enfants, et qui faisait crier ces pierres mystiques[18]. »

De tels parlers en langues étrangères utiles à l’édification du peuple de Dieu par des « idiots » et des « imbéciles » nous ramènent aux paroles mêmes de Jésus-Christ :

« Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché tout cela aux sages et aux intelligents et de ce que tu l’as révélé aux petits enfants. Oui, Père, il en est ainsi parce que tu l’as trouvé bon. » Math.11 :25-26

et Paul, lui aussi, nous dit la même chose :

« Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ; Dieu a choisi les choses viles du monde, et les plus méprisées, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que personne ne se glorifie devant Dieu. » I Cor. 1 :27-29

Face à de tels exemples de l’action merveilleuse de la grâce de Dieu, nous comprenons mieux l’exhortation de notre Seigneur Jésus de ne pas nous faire de soucis quand nous serons persécutés pour Son nom.

« Vous serez menés devant les gouverneurs et devant les rois, à cause de moi, pour rendre témoignage devant eux et devant les nations. Mais, quand on vous livrera, ne soyez pas en peine ni de la manière dont vous parlerez, ni de ce que vous direz ; car ce que vous avez à dire vous sera inspiré à l’heure même. Ce n’est pas vous qui parlerez, mais c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous ! » Mat. 10 :18-20

C’est comme si Dieu nous disait au travers de tels exemples de sa fidélité qu’il ne fallait pas seulement ne pas se faire de soucis sur ce que nous avions à dire dans de telles circonstances parce que l’Esprit Saint Lui-même inspirerait nos réponses, mais que, dans les circonstances où Dieu Lui-même verra qu’il est bon de le faire, Il nous accordera de parler les langues qui nous sont étrangères et qui nous seront nécessaires afin de rendre compte publiquement de la foi qui est en nous et du témoignage de Jésus. Ceci ne nous dispense évidemment aucunement d’apprendre les langues nécessaires à l’œuvre de Dieu. Jamais les charismes ne servent à combler et à encourager notre paresse et notre fainéantise.

Exemple donné par Watchman Nee.

Le parler en langues étrangères avec interprétation peut aussi servir à édifier l’église locale en mettant en lumière ce que les membres cachent danse leurs ténèbres. Nous citerons un cas de ce genre relaté par Watchmann Nee à son ami Angus Kinnear. Il est utile de rappeler que cet homme de Dieu chinois ne peut aucunement être catalogué ni parmi les « pentecôtistes », ni parmi ceux qui s’appellent de nos jours « charismatiques ».

« Il raconta à l’auteur une expérience de parler en langues qui illustrait bien la manière dont Dieu pouvait se servir de ce charisme pour communiquer à une assemblée villageoise dans un état de confusion, des faits inadmissibles auxquels il lui fallait rapidement faire face. La seule personne renseignée sur ces faits ne pouvait les divulguer, s’étant engagée à garder le silence. Une telle intervention de Dieu, affirmait Watchmann Nee, donnait un sens et un but à ce charisme[19]. »

L’usage de ce charisme dans un cas pareil avait, comme le remarque fort justement Watchmann Nee, un SENS pour la vie et la sanctification de l’Église locale et n’avait pas simplement pour but gratuit et inutile la satisfaction de celui qui l’exerçait, comme c’est souvent le cas.

Parler en langue personnel sans interprétation.

Nous voulons maintenant citer le témoignage contemporain d’un frère au sujet d’un parler en langue étrangère personnel et non interprété qui servit à l’édification personnelle de celui qui l’exerça, et qui eut comme fruit direct l’édification d’un croyant en difficulté.

« Une personne avait de graves problèmes d’ordre spirituel. Son cas était considéré par beaucoup comme insoluble, les anciens de l’église considérant qu’il était inutile d’engager le dialogue avec cette personne. Cependant, j’avais reçu clairement de la part de Dieu la conviction qu’il fallait faire quelque chose. Mais quoi ? je ne savais pas. Devant la complexité de ce cas, j’étais désarmé. J’ai donc prié le Seigneur afin que celui-ci agisse dans le cœur de cette personne ; l’intercession se poursuivit un bon moment. Soudain, je m’arrêtai net. Je repris ma prière, mais je ne priais plus en français, mais dans une langue étrangère. Je ne comprenais pas ce que je disais, mais je sentais que le Seigneur était à l’œuvre. À la fin du parler en langues, incompréhensible pour moi, je « savais » néanmoins que le problème était résolu. Quelques heures après, l’entretien eut lieu. Ce fut un moment extraordinaire. Les murailles tombèrent les unes après les autres, et ce problème spirituel, vieux de plusieurs années, fut résolu définitivement.

Afin d’éviter toute confusion, je précise que :

    1. Ce fut une expérience non normative. Elle n’est pas mentionnée explicitement dans le Nouveau Testament. Nous pouvons cependant la considérer comme un signe qui accompagne la parole et le travail du Seigneur.
    2. Ce parler en langues n’a pas été recherché. Je considère qu’il m’a été donné comme une grâce du Seigneur.
    3. Il y a un sens et un but dans l’exercice de ce parler en langues. Par l’exercice de ce charisme, il y a automatiquement édification pour celui qui le reçoit, et d’autre part, ce don spirituel doit avoir son application pratique dans le cadre du Corps de Christ. »

Nous voyons ainsi que quand le parler en langue étrangère est uniquement personnel et n’est pas interprété, il est donné par Dieu pour l’édification de la personne qui prie, et le fruit en est pour l’édification de l’Église. L’inutilité n’est pas le propre de l’action de Dieu.

Le parler en langue angélique : le pasteur Neil.

Nous en venons finalement à l’exercice étonnant de ce charisme de parler en langues étrangères face aux puissances occultes. Nous avons ici l’explication de l’expression curieuse de l’apôtre Paul quand il écrit aux Corinthiens :

« Quand je parlerais les langues des hommes et celles des anges, si je n’ai pas l’amour, je ne suis qu’un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. » I Cor. 13 :1

Ainsi les anges ont aussi leur langage à eux, langage qui est évidemment pour l’homme une langue étrangère. Ainsi Dieu donnerait à l’homme régénéré de pouvoir, quand il le paraîtrait bon au Saint-Esprit, parler les langues des anges ! Dans certaines circonstances ceux qui exercent le ministère de délivrance peuvent se voir conduits par Dieu à parler aux puissances mauvaises dans LEUR PROPRE LANGAGE. Ceci se faisant évidemment uniquement sous l’inspiration du Saint-Esprit qui sonde toutes choses et peut même donner à l’homme de parler le langage des anges déchus. Le pasteur baptiste Arthur Neil (connu pour son ministère auprès de la « reine des sorcières » d’Europe occidentale, Doreen Irvine qui fut délivrée[20] de l’emprise de quarante-sept démons) a été revêtu par Dieu de ce charisme de parler en langues étrangères angéliques. Après avoir reçu un charisme de guérison, puis celui du discernement des esprits, il reçut celui de parler en langues étrangères. Voici ce qu’écrit la revue anglaise « Crusade » dans un article consacré à son ministère :

« Arthur Neil reçut un autre don spirituel – le don des langues. Il en était un peu étonné n’ayant pas recherché ce don – néanmoins, il pouvait comprendre et écrire ce qu’il disait dans une langue inconnue. »

« Je me rendis compte », dit-il, « que ceci devait être en quelque sorte une préparation à un ministère futur. Je recevais ces phrases énergiques dans une langue puissante et je comprenais « en esprit » ce que je disais et je le notais…

Une des phrases qui m’étaient données dans ce langage puissant était. « Je t’envoie immédiatement dans la Géhenne au nom de Jésus Christ », J’ai utilisé cette phrase dans des cas de démonisme et les démons sont devenus enragés. C’est un langage surnaturel qu’ ils comprennent[21]. ».

Voici comment Doreen Irvine décrit sa rencontre avec le pasteur Neil :

« Je ne connaissais pas M. Neil. Cependant, je sentis instinctivement qu’il était un homme de Dieu pur et saint. En sa présence je me sentis aussi noire que la nuit et aussi vile que le diable lui-même.

Immédiatement, il fit de son mieux pour me mettre à l’aise. Il était bon et très doux, ses yeux brillaient d’affection. Je dus détourner mes regards ; quelque chose en-dedans de moi se rebellait contre lui, mais cela ne provenait pas de moi.

– Les voix que vous entendez ont-elles des noms ?

– Non !

– S’agit-il d’esprits impurs ?

À l’instant même, je fus consciente de la présence de mauvais

esprits en moi. Ils possédaient tout mon corps. L’esprit démoniaque se fit de nouveau entendre, mais seulement de moi.

– Ne lui dis rien ! Absolument rien !

Je connaissais les démons. Ne les avais-je pas appelés très souvent à mon aide dans les rites que j’opérais comme Sorcière et Sataniste ? Pour la première fois, je sus que ces démons étaient en moi, et non pas au-dehors. Ce fut une foudroyante révélation.

Mais je ne parlai de rien, ni de magie, ni de satanisme, ni de rien d’autre. Ce n’était pas nécessaire car M. Neil savait que j’étais possédée, même s’il ignorait tout de ma vie. Il pointa son doigt vers moi, non vers ma personne, mais vers les démons en moi. Dans un langage étrange que les démons comprenaient, il leur ordonna au nom de Jésus de sortir de moi. J’étais assise sur ma chaise terrifiée. Les démons l’étaient encore plus.

M. Neil posa les mains sur ma tête, comme Dennis Clark l’avait fait la veille. Je n’essayai pas de l’attaquer. J’étais pleinement consciente de ce qui se passait, je savais sans l’ombre d’un doute que le royaume des ténèbres au-dedans de moi était vraiment ébranlé.

Plus tard, M. Neil m’expliqua qu’il avait employé le langage d’autorité que le Seigneur lui avait donné pour traiter avec les démons[22]. »

Plus loin Doreen Irvine écrit de M. Neil :

« Il savait positivement ce qui n’allait pas. Il me demanda de lui répéter les noms que j’avais entendus. Je fis de mon mieux pour tout lui dire. Alors que je parlais, mes pensées m’étaient comme enlevées. J’étais retenue par les démons. M. Neil le comprit parfaitement.

Puis il parla dans une autre langue, en pointant son doigt d’un geste plein d’autorité. Je ne me souviens pas de la suite, car les démons s’emparèrent de moi. Ce ne fut que plus tard, quand je fus libérée de tous les esprits, que M. Neil me raconta exactement ce qui s’était passé ce soir-là. Voici ce qu’il me dit : 

À la suite d’un interrogatoire serré, six démons se révélèrent. Ils s’exprimaient par mes lèvres selon leur nature individuelle.

Le chef était le démon Doute et Incrédulité, extrêmement obstiné et violent. Deux chrétiens durent me tenir fermement tandis que M.Neil le chassait. Il pointa son doigt (voir Luc 11 :20) et cita : « Si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu pour Doreen. » Il ordonna au démon, au nom de Jésus, en anglais et dans la langue que le Seigneur lui avait donnée pour exorcisme, de me quitter et d’aller dans la géhenne.

Le terrible combat qui suivit peut se décrire par Éphésiens 6 :12 : « Car nous n’avons pas à lutter contre le chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les puissances de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. » Lutter, c’est le mot qui convient. Le démon ne voulait pas quitter mon corps, et surtout pas disparaître dans la géhenne avant le temps, mais finalement, il s’en alla en jetant un grand cri. En sortant, il me déchira.

L’exorcisme se prolongea pendant trois ou quatre heures, pendant lesquelles le démon Tromperie, et les esprits impurs, Luxure, Mensonge, Orgueil et Sorcellerie furent envoyés à leur tour dans la géhenne[23]. »

Il nous faut ajouter que le pasteur Neil n’est ni « pentecôtiste » ni « charismatique » dans le sens que l’on accorde actuellement à ces mots. Son ministère est officiellement reconnu de son Église. Le Dr. Martin Lloyd Jones considérait que le fait que ce ministère était accompagné d’un véritable renouvellement spirituel authentifiait son origine divine. Le pasteur Neil affirme clairement croire aux charismes mais pas au mouvement charismatique[24].

« Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds les serpents, les scorpions et toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire. » Luc l0 :19

« Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche point ; mais celui qui est né de Dieu se maintient tel, et le malin n’a aucune prise sur lui. » I Jean 5 :18

Contrefaçons sataniques du parler en langue étrangère

Nous en venons pour terminer à quelques cas flagrants de contrefaçons sataniques du parler en langues étrangères. Agrippa d’Aubigné, le grand poète, historien, théologien et soldat de la fin du XVIe siècle et débit du XVIIe nous en cite un cas tout à fait extraordinaire :

« Cette femme villageoise, ne sachant ni lire ni écrire, répondait en toutes langues disertement au ton de celui qui parlait, la bouche fort ouverte ; sans user aucunement ni de la langue ni des lèvres. Il me souvient qu’ayant entrepris avec d’autres écoliers de l’aller voir à Cartigny[25] nous la trouvâmes (allant à le leçon de deux heures) devant l’hôpital, qu’elle se faisait lier, pour ce qu’elle sentait un paroxysme de Démons à l’approche de quelque personne de doctrine et de piété. M. Chevalier, Lecteur en hébreu, l’entretint fort longtemps en cette langue, et elle (s’il lui faut attribuer l’action des Démons) le corrigea en se moquant sur la mauvaise prononciation de l’aleph et de l’aïn.

Il était arrivé le jour auparavant dans la ville trois Orientaux, desquels l’un portait le turban blanc, l’autre le bleu, et l’autre n’en avait point, étant chrétien. Ils étaient Perse, Arabe et Arménien, tous trois hommes de savoir et qui avaient passeports et lettres de recommandations du grand Seigneur, du Sophi et autres princes, pour être favorisés au voyage par eux entrepris en l’Occident. Ces trois furent priés par la Seigneurie d’interroger cette femme en toutes les langues desquelles ils avaient connaissances, qui se trouvèrent en nombre 18 orientales ; elle répondit en toutes, observant particulièrement l’idiome auquel ils parlaient[26]. »

Ici nos devons bien constater les moyens extraordinaires de Satan qui à à sa disposition la parfaite connaissance de toutes les langues humaines. Un fait si étonnant devrait nous armer d’une grande prudence face à la puissance d’imitation et de séduction de l’ennemi de Dieu et des hommes[27].

Nous voulons maintenant citer un exemple que nous fournit le Dr. K. Koch :

« Le pasteur Blackstone de la Première église Presbytérienne de Hollywood me téléphona un jour demandant mon aide. Des parlers en langues s’étaient manifestés dans son église et un groupe d’environ vingt-trois personnes étaient sur le point de provoquer une division. Je lui dis que je viendrais à la prochaine réunion de prière du groupe qui parlait en langues. Nous nous mîmes d’accord d’avance que quand la première personne se mettrait à parler en langues, nous prierions de la manière suivante : « Seigneur, si ce don est de Toi, bénis ce frère, mais s’il n’est pas de Toi, alors arrête-le et qu’il n’y ait pas d’autre prière en langues en notre présence. » En plus, nous demandâmes la protection de Jésus. Dans cet état d’esprit nous sommes allés à la réunion de prière où plus de vingt personnes étaient rassemblées. Le groupe savait bien sûr que nous étions tous deux pasteurs car ils faisaient partie de l’église du pasteur Blackstone. L’accueil en lui-même fut bizarre. Un jeune homme nous demanda : « Quand avez-vous reçu le baptême du Saint-Esprit ? » Il ouvrit ensuite la réunion par une courte méditation et elle fut ensuite consacrée à la prière libre. Une femme commença à prier avec aisance dans une langue étrangère sans bégayer où hésiter. Il n’y eut pas d’interprétation. Le pasteur Blackstone et moi-même commençâmes à prier doucement comme entendu Que se passa-t-il ? plus aucune personne ne parla en langues, bien que, d’habitude, dans ces réunions, tous à l’exception d’un architecte, priaient en langues inconnues. Le frère Blackstone et moi-même avons constaté que Dieu avait répondu à notre prière[28]. »

  C’est un fait bien connu que la présence et l’opposition d’un véritable chrétien empêche l’action de l’esprit mauvais dans un cercle spirite. Par exemple, pour faire tourner les tables et obtenir des réponses de soi-disant esprits de morts il faut que le « fluide spirituel » circule entre les membres présents et pour ceci il ne doit pas y avoir de résistance en eux à l’action de l’esprit. La présence d’un enfant de Dieu qui résiste à l’action de ce mauvais esprit par l’autorité du nom de Jésus se plaçant sous Son sang, c’est à dire caché en Lui dans Sa mort à la croix, cette présence opposante est tout à fait suffisante pour empêcher toute manifestation spirituelle occulte. C’est pour cette raison que les médiums exigent une totale ouverture à l’esprit de la part de ceux qui participent à de telles séances. Ils emploient des méthodes de manipulation psychologique et même des trucs physiques tels que faire le cercle en se tenant chacun par la main afin de créer l’atmosphère de détente et d’ouverture nécessaire à l’action de l’esprit. Ceux qui conduisent de tels groupes ne tardent pas à expulser ces trouble-fête qui résistent à l’esprit en entravant par leur opposition son action libre.

Par contre il est inconcevable que l’opposition silencieuse d’un chrétien mal éclairé sur la réalité actuelle de l’exercice des charismes audibles puisses empêcher l’action du Saint-Esprit. Qui donc peut prétendre s’opposer à l’action de Dieu lui-même ? Aussi l’opposition en Christ et par l’Esprit Saint du Dr. Koch et de son collègue le pasteur Blackstone ne peut que prouver la nature spirite des parlers en langues étrangères pratiqués dans cette réunion de prière. Nous avons pu nous-mêmes constater l’usage naïf mais bien mal informé de ces méthodes de manipulations psychologiques et physiques qui consistent à créer une ambiance propice à l’action de l’« esprit ». L’absence de toute malice de la part de ces animateurs de groupes de prières n’excuse aucunement l’ignorance, car Dieu nous demande d’être des adultes en ce qui concerne l’intelligence. Nous avons nous-mêmes pu remarquer qu’une opposition intérieure en Christ a été suffisante pour empêcher toute action du soi-disant esprit. Nous n’avons pas la prétention de croire que notre opposition de chrétien « mal éclairé » aurait suffi à empêcher l’action toute puissante de l’Éternel notre Dieu. La moquerie des juifs incrédules ne limita en aucune manière la liberté d’action du Saint-Esprit à la Pentecôte.

Il en est de même aujourd’hui. Mais par contre nous sommes absolument convaincus de l’autorité absolue du nom de Jésus-Christ sur toutes les puissances des ténèbres. Les paroles de notre Seigneur et Roi sont toujours vraies :

« Toue puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. » Matth. 28 :18.

car maintenant, comme nous le dit l’apôtre Paul, Il est assis à la droite du Père dans les lieux célestes.

« au-dessus de tout pouvoir, de toute autorité, de toute puissance, de toute souveraineté, au-dessus de tout nom qui puisse être nommé non seulement dans ce siècle, mais encore dans le siècle à venir. » Eph. 1 :20-21.

L’étude du Dr. McGraw que nous avons publiée dans notre dernier numéro[29] présente des cas extrêmement troublants se manifestant dans des églises dites chrétiennes qui, par la présence de Dieu et par la lumière de la Parole de Dieu, devraient pouvoir clairement discerner l’action des mauvais esprits et les faire fuir au nom du Seigneur Jésus. N’est-il pas écrit que les portes de l’enfer ne prévalent pas face à l’Église de Dieu ? Le Dr. McGraw relevait trois degrés de contrefaçons du parler en lingues étrangères. Premièrement, des parlers en langues étrangères démoniaques et blasphématoires, mais incompréhensibles à l’assemblée, étaient prononcés ouvertement pendant le culte. Ces parlers en langues démoniaques furent dévoilés par la présence d’un missionnaire qui connaissait cette langue étrangère parlée sur son champ de mission. Mais il y avait plus grave encore. Un faux esprit d’interprétation, diabolique lui aussi, donnait une interprétation anodine et biblique à ces paroles blasphématoires. Finalement dans ces assemblées certains étaient prétendument revêtus du charisme de discernement des esprits et étaient incapables de discerner l’action de ces esprits diaboliques au cœur du culte d’adoration rendu à Dieu. Ici nous pouvons constater une séduction énorme, une séduction pourrait-on dire à la troisième puissance : faux parler en langues étrangères blasphématoire, faussement interprété pour paraître biblique, et le tout faussement approuvé par un faux discernement des esprits ! Ceci nous fait penser aux paroles de Jésus :

« Si donc ta lumière intérieure n’est que ténèbres, quelles ténèbres pour toi ! » Matth. 6 :23

N’est-ce pas ici l’abomination de la désolation établie dans le lieu Saint ?(Mt. 24 :15) Ne s’agit-il pas ici de l’accomplissement de ces paroles de la prophétie de Jérémie ?

« Ce peuple de méchants qui refusent d’écouter mes paroles, qui suivent les mauvaises pensées de leur cœur et qui s’attachent à d’autres dieux pour les servir et se prosterner devant eux… Je vais remplir d’ivresse tous les habitants de ce pays, les rois qui sont assis sur le trône de David, les prêtres, les prophètes et tous les habitants de Jérusalem. Je les briserai l’un contre l’autre, pères et fils tous ensemble, dit l’Éternel ; je n’aurai ni compassion, ni pitié, ni miséricorde ; rien ne m’empêchera de les détruire. » Jérémie 13 : l0,13-14

  Il semble bien qu’il s’agit ici de la maison qui fut nettoyée et ornée, mais qui ne fut pas habitée par le Saint-Esprit qui est donné à ceux qui obéissent et qui fut ensuite envahie de huit esprits méchants et dont la fin fut pire que son commencement (Luc 11 :24-26) ? Une telle église est une véritable synagogue de Satan (Ap. 3 :9), elle est devenue la demeure des démons ! (Ap. 18 :2)

Que Dieu ait pitié de nous !

« Mais vous, bien aimés, souvenez-vous de ce qui a été prédit par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils vous disaient que dans les derniers temps, il y aurait des moqueurs, vivant au gré de  leurs convoitises impies. Ce sont eux qui provoquent des divisions ces êtres sensuels, étrangers de la vie de l’Esprit.

Pour vous, bien aimés, édifiez-vous vous-mêmes sur le fondement de votre très sainte foi, priez par le Saint-Esprit et maintenez-vous dans l’amour de Dieu, en attendant la vie éternelle de la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ. Reprenez ceux qui hésitent ; sauvez-en d’autres en les arrachant du feu ; et pour d’autres encore, ayez une pitié mêlée de crainte, en haïssant jusqu’au vêtement souillé par la chair.

À celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître en sa glorieuse présence, irréprochables et joyeux, au Dieu unique, notre Sauveur par Jésus-Christ, notre Seigneur, soient gloire, grandeur, force et puissance, de toute éternité, maintenant et dans tous les siècles ! Amen. » Jude 17-25.

Jean M arc BERTHOUD

 [1]Nous pouvons, depuis plusieurs siècles, observer la reprise de cette entreprise insensée. Les hommes ont retrouvé un langage commun – les mathématiques des sciences exactes – et utilisent ce langage pour la construction d’une nouvelle Babel. « Babylone la Grande, la mère des impudiques et de toutes les infamies de la terre ». (Ap.17 :5). Nous voyons aussi que la fuite universelle vers les villes, qui vide la terre aux dépens de ces Babels modernes, est une désobéissance à l’ordre de Dieu : « remplissez la terre et soumettez-la » que nous avons remplacé par l’ordre destructeur impie : « videz la terre et exploitez-la ».

[2]Il l’avait certes aussi fait dans l’ancienne alliance (Baalam, la main du Festin de Balthazar, etc.) mais il s’agissait de très rares exceptions.

Il y eut aussi quelques exceptions au ministère exclusivement juif de Jésus – la femme cananéenne, la Samaritaine, le centurion romain, mais il ne s’agissait que d’exceptions prophétiques du salut qui serait après la Pentecôte porté à toutes les nations.

[3]Au cours de l’histoire Dieu ne cesse de regreffer sur l’olivier qu’est le peuple de Dieu, des branches de juifs convertis. L’Écriture nous promet pour la fin une réintégration beaucoup plus complète d’Israël.

[4]Dans l’histoire du Christianisme un parallèle parmi d’autres à cette désobéissance est l’instauration de la papauté, royauté religieuse.

[5]Le fait que Dieu ne désirait pas pour son peuple une royauté ou un temple, comme en avaient les nations païennes, n’implique pas du tout que Dieu n’ait pas récupéré ces deux institutions, œuvres de la désobéissance d’Israël, pour Ses propres desseins. Il faut que du mal sorte le bien. Ainsi la royauté davidique devient figure du royaume de Dieu, et David lui-même, type prophétique du Messie, Jésus-Christ ; Dieu venu en chair sur la terre. Pareillement les divers temples construits par les juifs étaient véritablement la demeure de l’Esprit de Dieu jusqu’à la crucifixion où, le voile étant déchiré, l’Esprit Saint quitta pour toujours le temple. Ainsi le temple devient l’objet de plusieurs prophéties qui annoncent l’entrée physique du Dieu tout puissant dans sa maison, le temple de Jérusalem. Ceci fut accompli trente jours après la naissance de Jésus à Bethléem quand Joseph et Marie vinrent présenter Jésus au temple et où Siméon et Anne reconnurent le salut de Dieu, l’oint d’Israël, le Messie, le Christ dans ce petit enfant.

[6]Dieu voulant nous traiterons plus longuement de cette question d’Israël et de l’Église dans une prochaine Documentation.

[7]L’on pourrait affirmer que la première étape de l’ouverture de l’Évangile aux nations pages par la Samarie (Actes 8 :4-25). Cela peut bien être le cas. Mais dans le récit des Actes sur la conversion des Samaritains, il n’est pas fait mention de parler en langues étrangères. Nous lisons simplement : « Alors Pierre et Jean leur imposaient les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit. » Actes 8 :17.

[8]Dieu voulant, nous traiterons par la suite de l’immense judaïsation de la doctrine des apôtres dans l’Église catholique romaine.

[9]C’est la FRATERNITÉ de la Révolution française qui coupa tant de têtes. C’est le souci HUMANITAIRE qui aboutit au paradis de l’asile psychiatrique pour délit d’opinion. C’est le pseudo-salut socialiste par l’état divinisé ! Ces pécheurs irrémédiables, qui dans leur idéalisme utopique s’imaginent être bons, et qui méprisent la loi de Dieu et les conditions de Dieu pour l’établissement de Son Royaume, ne veulent ni de repentance, ni de naissance nouvelle, ni du temps nécessaire à notre sanctification. Ils ne favorisent que le mal.

[10]Nous citons un exemple flagrant de ce genre d’abus tiré du livre de G. RAMSEYER intitulé « Flashes sur la prière charismatique » p.32. Sous le titre « Exhortation importante », nous lisons : « Très souvent, il est difficile de débuter un moment de prière personnelle ou communautaire. Le démarrage en est fastidieux et beaucoup s’arrêtent de prier après quelques minutes d’efforts. Ils n’attendent pas que l’Esprit prenne le relais de l’intelligence. D’où cette exhortation : commencez vas moments de prières en parlant et en chantant en langues. Vous serez dès le début au bénéfice de l’action de l’Esprit et vous annulerez les effets d’une plus ou moins laborieuse mise en route. Ce conseil vaut pour la prière personnelle et communautaire. Commencer un moment de prière en parlant quelques minutes en langues, c’est atteindre tout de suite les hauteurs. »  

[11]Voyez son étude fondamentale : K.Koch : Occultisme et Cure d’âme (Lausanne) 1972

[12] K.Koch : Le conflit des langues (Libr. MUDRY)

[13]K.Koch : The revival in Indonesia (Evang. Verlag)

[14]K.Koch : Revival in Indonesia (1970) p. 248.

[15]Ed. A. Bost : Les Prophètes Protestants (Paris) 1847 (1ère édition Londres 1707) p. 44.

[16]Idem pp.151-152, déposition de Claude ARNASSAN, viz. aussi p. 161,etc.

[17]Claude BROUSSON, avocat et pasteur, apôtre des Cévennes pendant la meurtrière persécution de Louis XIV, martyr.

[18]Claude BROUSSON : Relation sommaire des merveilles que Dieu fait en France dans les Cévennes et dans le Bas-Languedoc pour l’instruction et la consolation de son Église désolée. (1694) P. 43.

[19]A. KINNEAR : Against the tide. The story of Watchmann Nee Victory Press (Eastbourne) 1973 pp. l04-l05.

[20]viz. D. Irvine : Arrachée aux démons, L’eau vive (Genève) 1974. Nous avons été vivement intéressés par la lecture de cet ouvrage, mais déplorons que Doreen Irvine se soit lancée par la suite dans un ministère de femme-évangéliste pentecôtiste. Le Nouveau Testament enseigne clairement que les ministères d’enseignement et d’autorité dans l’Église sont réservés aux hommes (réa.)

[21]« Crusade », juin 1974 p. 34. À la question : « Les chrétiens devraient-ils s’engager à chasser les démons ? Devraient-ils rechercher ces dons ? » Le pasteur Neil répondit : « Ils devraient être très prudents. Personne ne devrait s’engager dans ce ministère à moins qu’il ne soit imposé par le Saint-Esprit… à moins que le Seigneur le contraigne à l’accepter. Je n’avais pas de choix – je n’ai pas demandé ce ministère – Dieu me l’a donné ». Ibid. p. 35.

[22]D. IRVINE : Arrachée aux démons. pp 137-138.

[23]Ibid. pp 141-142.

[24]Crusade : Juin 1974, p. 37.

[25]Près de Genève

[26]Agrippa d’Aubigné, Lettres sur diverses sciences, in : Œuvres (1969) Pléiade pp 835-6.

[27]« Mais souvenons-nous que le Pentecôtisme n’a pas le monopole du langage extatique. Il est fort connu chez les Musulmans, les Hindouistes, les Mormons et les Spirites… Ainsi, le parler en langues peut tout aussi bien être l’œuvre de l’esprit d’erreur de l’Esprit de vérité » SANDERS : Devenir adulte par le Christ, Eds. »Je Sème » (Nyon) 1971.

[28]K. Koch : The Strife of Tongues p. 15.

[29]vis.  Documentation chrétienne No. 14, octobre 1975 pp 23-27.