Situation dans différents pays

par | Documentation Chrétienne - numéro 7

Le pasteur J. G. H. Hoffmann, dans un article récent, écrit : 

Aujourd’hui, c’est l’Amérique latine qui est à l’ordre du jour en raison du rôle que remplissent dans l’action révolutionnaire certains membres du clergé catholique. S’il ne s’agissait que d’initiatives politiques, peu nous importerait ici, seulement c’est le message lui-même de l’Église qui se trouve peu à peu envahi par l’idéologie marxiste.

L’un des porte-parole les plus typiques de cette marxisation du christianisme est certainement Mgr. Mendez Arceo, évêque de Cuernavaca au Mexique, ennemi déclaré du gouvernement. Dans le no 25 de la revue « El y Ella » cet évêque parle « avec sincérité » de la « bonté » de Marx et justifie la haine vouée par ce dernier, et par Freud, à l’Église : « Marx était contre les formes religieuses de son temps et Freud également ; de là ils conclurent que toute religion ou toute forme religieuse est une forme pathologique ». Et l’évêque ajoute : « Je dis qu’à proprement parler, le christianisme n’est pas une religion ; le christianisme prend une forme religieuse. » En conséquence il nie le mystère de la création (qu’il attribue à l’évolution), prétend que l’Église n’enseigne qu’un idéal à atteindre et donne à entendre que la foi n’est qu’une impulsion pour la libération de l’homme et la création d’une société plus juste. On ne peut être plus éloigné de l’Évangile de Jésus-Christ.

C’est dans un tel climat que s’est réunie, en 1971, la Conférence de Cuernavaca organisée au Centre de documentation interculturel, le fameux C.I.D.O.C dirigé par l’ex-Mgr. Ivan Illich, sous le prétexte d’étudier les problèmes posés par les pays sous-développés mais en réalité afin de promouvoir le dialogue entre chrétiens et marxistes. Parmi les participants, à côté de Roger Garaudy, au Tchèque J.-M. Tockmann, de l’ex-Mgr. Illich et de divers extrémistes connus, figurait le professeur Georges Casalis, troquant les Conférences chrétiennes de la Paix de de Prague contre l’agitation à mener en s’inspirant des expériences cubaines et chiliennes et qui se trouve définie par la Conférence en ces termes : Agiter sous n’importe quel prétexte, susciter les inquiétudes et les révoltes, dresser les pauvres contre les riches, mettre à profit l’inexpérience et la fougue des jeunes pour provoquer l’insurrection contre toutes les formes d’ordre et de discipline, soulever les paysans et les ouvriers, former une nouvelle classe de chefs socialistes capables d’engager la lutte comme en U.R.S.S., ou en Chine ou à Cuba.

Tel est le programme défini par les membres de la Conférence de Cuernavaca. Nous sommes bien ici, comme l’écrit André Laforge, en présence d’une véritable conspiration, d’un plan-d’action subversive associant chrétiens progressistes et marxistes avec la complicité d’évêques et de théologiens dévoyés[1]

 

André Laforge écrit lui-même sur la situation en Amérique du Sud : 

Marx et la Bible. Tel est le titre d’un ouvrage du P. José Porfirio Miranda y de la Parra, S.J., publié avec l’ « imprimi potest » du Provincial de la Compagnie de Jésus, et l’« imprimatur » du cardinal Miguel Dario Miranda y Gomez, archevêque primat du Mexique.

Marx y est exalté comme un prophète dont la pensée rejoint la Bible. « Nous sommes tous sur les épaules de Karl Marx » qui, plus que le Christ, a inspiré les encycliques sociales ! Le P. Farfirio Miranda affirme qu’avant l’Église, Marx a découvert et résolu le problème social et que la critique qu’a fait Marx de l’économie politique et de la philosophie occidentales n’est pas un simple exemple pour illustrer ce livre.

Dans son livre « Apostata » (Mexico, juillet 1971), le P, Joaquim Saenz y Arriaga, S.J., s’élève vigoureusement contre les thèses scandaleuses soutenues par ce jésuite, qui fait de Marx le censeur de l’Église et le prophète des temps modernes. Le P. Porfirio Miranda estime que « seule la philosophie dialectique est capable de découvrir dans la réalité du passé et du présent, l’exigence irrésistible d’un monde plus humain (…) Marx ne pouvait évidemment pas relier cette exigence au dieu panto-créateur que l’Occident oppresseur adorait et adore encore. Je fais mien son refus de cette idole et de toutes les idoles. »

Nous avons dénaturé la Bible dont Marx a dégagé le sens véritable. Notre civilisation chrétienne n’a jamais existé : elle n’est que la barbarie tissée à la hauteur d’une institution, une parodie du véritable christianisme redécouvert par Marx. L’ancienne compagnie de Jésus a perpétué dans l’histoire « le type plus parfait d’esclavage : celui de ne pas savoir qu’on est esclave, mais d’avoir pour idéal de la vie une situation qui, objectivement, est de l’esclavage. » Il appartient donc au christianisme de « rompre avec une longue chaîne d’hypocrisie et de collusion avec les pouvoirs constitués, afin de décider si son message sera ou non celui de la Bible. »

« Le Dieu de la Bible n’est pas le Dieu des catholiques. Ce que nous connaissons de la Bible est l’œuvre des conservateurs » pour éviter qu’elle révèle son propre message subversif. La foi de la Bible s’identifie bien plus avec la dialectique de Marx, pour promouvoir la justice dans le monde. Le peuple juif authentique était conscient de ce que sa mission dans le monde consistait à instaurer la justice. » Et cela, Marx l’a compris ! C’est ce que s’efforce de démontrer le P. Parfirio Miranda.

« En prétendant que la pensée de Marx n’est pas incompatible avec la pensée catholique, est déjà pour le moins téméraire ; mais non ouvertement hérétique » conclut le P. Saenz y Arraga. « Mais dire que la pensée de Marx s’identifie avec le message de la Bible est de toute façon grossièrement erroné, injurieux pour la parole de Dieu, blasphématoire et intolérable pour les oreilles catholiques. »

Le scandale réside davantage encore dans le « nihil obstat » et l’« imprimatur » accordés : un tel ouvrage.

Le F. Saenz y Arriaga a publié en août 1971 « La nouvelle Église montinienne » qui s’appuie sur une abondante documentation pour prouver l’influence exercée par le marxisme dans l’Église postconciliaire, particulièrement en Amérique latine. Il est regrettable que des outrances de jugements, et surtout de violentes attaques personnelles contre Paul VI donnent un ton pamphlétaire – que d’aucuns estimeront inadmissibles à une utile démonstration des dangers qui menacent l’Église.

Le 18 décembre 1971, par décret spécial du cardinal Davio Miranda, le P. Saenz y Arriaga a été excommunié. À « El Sol de Mexico » (21.12.71) le P. Saenz a déclaré qu’il avait écrit son livre pour la défense de la foi, selon sa conscience.

Cette excommunication, venant peu de temps après l’imprimatur accordé par le même cardinal Miranda à un ouvrage d’inspiration nettement marxiste, est amèrement accueillie par les amis du P. Saenz. Une telle différence de traitement est sévèrement jugée par René Capistran Garza (« Novedades » 28.12.71), qui rappelle l’indulgence dont bénéficient ceux que Paul VI lui-même désignait comme des démolisseurs de la foi. Dans « El Universal » (30.12.71), le professeur Arturo Perdroza évoque le silence du cardinal Miranda las des affaires Lemercier et Illich, l’impunité avec laquelle Mgr. Mendez Arceo affiche ses sympathies à l’égard du marxisme, l’accueil réservé par l’archevêque de Santiago à Fidel Castro. L’excommunication n’est-elle qu’une mesure dispensant l’archevêque de Mexico de réfuter les accusations portées par le P. Saenz ?“ »[2]

Les deux articles que nous reproduisons démontrent les prolongements de ce mouvement dans notre pays.

Pauvre Portugal

Il n’est peut-être pas inutile de revenir sur la campagne systématique qui est menée par toute la gauche, des socialistes aux gauchistes les plus extrémistes, en passant par tous les mouvements pacifistes et « Last but not least » le conseil de la Fédération des églises protestantes de la Suisse.

La gauche socialiste et communiste, qui doit trouver, pour ses troupes, des sujets toujours nouveaux d’agitation, a pu saisir là un prétexte merveilleux. C’est sans doute de bonne tactique, à la veille d’un automne et d’un printemps électoraux. Nous ne saurions, sur ce plan-là, lui reprocher de chercher à maintenir la flamme contestataire chez ses électeurs.

Il est en revanche utile de souligner combien ce parti pris révèle le manque le plus élémentaire de discernement et de sens de la justice. Nos socialistes, en particulier, se drapent volontiers d’une totale indépendance d’esprit qui leur donnerait le droit de se montrer les censeurs à l’égard de tous les pouvoirs, le socialisme étant, de nature, la protection du faible et de l’opprimé ! Il exerce, en se prétendant tel, une attraction certaine sur des électeurs qui entendent manifester, avant tout, leur indépendance à l’égard des pouvoirs politiques ou économiques.

Or, en l’espèce, nos socialistes seraient bien en peine de trouver une justification à leur opposition à la présence du Portugal au Comptoir. S’il s’agit des prétendus massacres du Mozambique, le moins que l’on puisse dire est que nous ignorons pratiquement tout de leur réalité. Le sens de la justice voudrait au moins que l’on ne condamne pas sans preuve. Quant au régime portugais, qui n’est certes pas le modèle de la démocratie, il en vaut beaucoup d’autres, et laisse en tout cas à l’individu davantage de liberté que celui qui règne en Bulgarie, autre hôte du Comptoir, qui pour. tant ne gêne nullement les socialistes.

Certes, le Portugal a des territoires d’outre-mer, dans lesquels il essaie de créer l’embryon d’une société multiraciale. L’entreprise est extraordinairement difficile. Si le Portugal réussissait cette expérience ce serait évidemment un scandale, puisque cela contredirait la thèse du méchant Blanc capitaliste et exploiteur opposé au Noir qui ne peut être qu’un opprimé. Il convient donc d’empêcher tout prix la réussite de cette tentative, car, pour la gauche, la confirmation des crédos politiques est plus importantes que le bonheur des hommes.

Il conviendra simplement que les électeurs vaudois se souviennent, lors des prochaines consultations, combien le sens de la justice socialiste est unilatéral.

Quant au coup d’éclat au conseil de la Fédération des églises protestantes de la Suisse, il dépasse l’entendement. L’enseignement essentiel du Christ me paraissait être l’amour du prochain qui implique compréhension et recherche d’autrui. On ne voit pas, à la lecture de l’Évangile, où il y a place pour la haine, même des ennemis.

Trahissant manifestement cet enseignement, le conseil de la Fédération condamne en bloc le Portugal, soit en fait les Portugais, dans leur ensemble, se permettant de juger là où le Christ nous a appris à ne pas juger.

Nul ne contestera qu’il y a des chrétiens au Portugal. Il y en a probablement aussi dans les mouvements insurrectionnels de l’Angola et du Mozambique. Le conseil de la Fédération, qui se sent l’impérieux devoir de s’occuper de ce problème, ferait assurément œuvre plus utile en cherchant à réunir les chrétiens des deux bords pour leur apprendre à mieux se comprendre et à rechercher une solution commune à leurs problèmes.

Au surplus, la fatuité des membres du conseil est incommensurable. Pourquoi quelques Messieurs, choisis par leurs Églises, auraient-ils le droit de me dire ce que moi, membre d’une des églises, doit penser d’un problème politique. Quelle serait la tête de ces Messieurs si l’un de nos partis affirmait solennellement, dans une résolution, que ses membres considèrent que la foi au Saint-Esprit est périmée ou qu’il a appris, avec étonnement et désapprobation, qu’on professe toujours la croyance à la résurrection des corps dans nos Églises.

Assurément, les dirigeants d’un tel parti seraient soupçonnés d’avoir perdu l’esprit. C’est exactement ce que certains ont pensé des membres du conseil de la Fédération.

Ce n’est un secret pour personne que les relations entre l’Église réformée vaudoise et la fédération sont actuellement difficiles. L’Église vaudoise reproché à la fédération son goût de la centralisation et son désir de se constituer en Église suisse à laquelle seraient soumises les églises cantonales, réduites à la dimension d’échelons administratifs. La récente proclamation de son conseil sonne la démonstration la plus éclatante de l’exactitude de ce grief. Puisque le conseil de la fédération s’arroge le droit de parler notamment au nom de l’Église vaudoise, celle-ci ne retrouvera son indépendance qu’en sortant de la fédération. Ne se trouvera-t-il point de délégué au Synode pour le proposer ?

J.-F. Leuba

(avec l’aimable autorisation de la Gazette de Lausanne)

Jeudi 6 sept. 1973.

Vive l’évêque quand même !

Pâle, parce qu’il a peur des coups dès qu’il ne s’agit plus de persécuter des catholiques qui se bornent à lui répondre en criant : « Vive l’évêque quand même ! » – mais résolu – parce qu’il s’agit de sa réputation à gauche, ce qui est l’unique nécessaire, Pierre Mamie, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a fait savoir juste avant l’émeute du 8 septembre 1973 qu’il refusait de s’associer à la journée officielle du Comptoir suisse du moment que le Portugal en était l’invité.

Libéré du soin de conduire ses fidèles parce que son synode diocésain leur enseigne à sa place ce qu’il faut penser, dire et faire ; quitte du souci de former ses futurs prêtres parce qu’il n’y en a plus et qu’il a pu brader son séminaire ; délivré de la charge de diriger son clergé parce que ce dernier, outre qu’il n’a besoin des leçons de personne pour être médiocre en tout, lui a fait comprendre qu’il se suffit à lui-même à tous autres égards, Pierre Mamie est enfin propre au travail que lui demande la subversion révolutionnaire, c’est-à-dire être le bras séculier de la société de consommation idéologique qu’elle rêve d’instituer.

Quoi de plus simple ? La gauche l’a requis de dénigrer un pays chrétien, il l’a fait ; de désavouer un gouvernement anti-marxiste, il a obéi ; d’encourager des catholiques à participer à l’action violente d’un parti d’athées, il n’y a pas manqué. À force d’intelligence avec l’ennemi, se consolera-t-il de n’avoir pu suivre sa pente et, je ne dis pas se mêler aux manifestations qui autrefois réclamèrent la libération de Barabbas, mais publier du moins une déclaration en leur faveur ?

Les évêques – et Pierre Mamie parmi eux – ne voient plus d’ennemis à gauche, parce qu’un article implicite de leur credo est que le marxisme, sous le nom de « socialisme », est le rédempteur du monde au temporel comme le Christ l’est au spirituel. Comment s’étonner qu’ils aspirent a devenir la conscience du marxisme, puisqu’ils représentent le Christ ? Du moment qu’il conquerra les peuples, il s’agit pour eux de voyager dans ses fourgons pour prendre leurs quartiers dans ses conquêtes. Et à quel titre alors pourrait-on reprocher à ces goupillons de changer de sabre ?

Il reste bien l’Église du silence pour faire à cette politique comme l’indique son nom – un reproche muet et, de ce côté du rideau de fer, des protestataires un peu plus bruyants. Mais, grâce à Dieu, le pouvoir soviétique s’occupe des premiers et, quant aux autres, il ne manque pas d’évêques qui savent rendre à César ce qui est à Dieu pour leur voler, au nom de l’Église des pauvres, la tradition qui est leur héritage, pour les’ réduire au silence en les accusant de manquer de charité lorsqu’ils s’avisent de protester contre les injustices qui leur sont faites et s’il faut lutter, les évêques commandent maintenant des trouves d’apostate en suffisance pour soumettre ces intégristes. 

Jacques Duèze.

(Avec l’aimable autorisation de « 7 jours en bref », No 3, 5 oct. 1973, qui indiquait en tête de cette rubrique qu’elle n’engageait pas la responsabilité de la rédaction.)

 

L’autorité et ses-tentations.

…Paul a rappelé la légitimité des autorités et l’obligation de leur être soumis. Dieu sait très bien quelles souffrances elles peuvent imposer aux hommes. Lorsqu’il veut écouter les plaintes de ceux qui sont opprimés, il peut aussi délivrer. Là encore les hommes se substituent à Dieu. Lorsque Dieu ne veut pas écouter leurs plaintes, ils prennent en main leur propre délivrance. Ainsi est posé le problème de la révolte que les théologiens ont essayée de légitimer et qui est largement approuvée dans les milieux chrétiens mais charnels. Aujourd’hui la légitimation de la « révolution » se répand largement dans la chrétienté et même dans des églises qu’on croyait fidèles. La révolte de l’homme ne rétablit pas l’ordre de Dieu. Un second péché ne corrige pas le premier. D’ailleurs, quand les hommes se révoltent, ils s’inquiètent fort peu de la volonté divine. Ils recherchent ce qu’ils considèrent comme leur intérêt et non sa gloire.

Il y a d’autres solutions chrétiennes au problème des abus de l’autorité. Il faut d’abord remarquer que les autorités appartiennent aux « nations » et font partie d’une structure sociale qui n’est pas chrétienne. Le chrétien, qui est un étranger et un voyageur sur la terre, n’a pas à s’associer au monde au milieu duquel il vit, dans ses révoltes. Cela est encore vrai quand il est comme englouti dans la chrétienté, c’est-à-dire la « Prostituée » ou la « Babylone ».

Paul indique une autre voie. « J’exhorte donc, avant toutes choses, a faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les nommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim 2 : 14). Ce que le chrétien désire est tout autre chose que ce que réclament les hommes qui s’agitent et se révoltent.

L’autorité est une puissance. Les hommes désirent la posséder car ils ont l’impression qu’ils établiront l’ordre et la paix, autour de leurs intérêts propres. Le monde a toujours été bouleversé par la course à l’autorité. Une autorité est-elle établie, qu’elle est contestée et qu’on veut lui en substituer une autre.

Il est arrivé trop souvent que des chrétiens, au lieu de prier en vivent dans la piété et l’honnêteté, ont essayé de diriger le monde qui est sous la puissance de Satan. Oubliant qu’ils devaient se comporter comme des étrangers et des voyageurs sur la terre et que tout en restant dans le monde, ils ne devaient pas lui appartenir, ils ont été tentés par l’exercice de l’autorité.

Certaines situations particulières (leur naissance qui leur ouvrait l’accès au pouvoir), l’organisation même du monde (système à base d’aristocratie ou de démocratie) leur présentaient le pouvoir terrestre comme une occasion de servir. Il y a en effet dans l’exercice de l’autorité une occasion de servir assortie de mille occasions de trahir.

…Les lois du monde ne sont pas toutes justes ; elles pèchent par omission tout autant que par action. Comment pouvons-nous en assurer l’exécution, les faire nôtres en quelque sorte, sans participer aux péchés qu’elles recouvrent…

Dans l’économie actuelle, Christ est le chef de l’Église. C’est dans l’Église que nous avons à servir. Les résultats obtenus devraient nous aider à comprendre que si nous sommes si impuissants à établir le règne du Seigneur sur son église, notre prétention d’établir l’ordre dans le monde qui lui est opposé est une illusion, même si elle est généreuse…

…Le monde n’a pas besoin que l’église lui fournisse des rois ; il a besoin du témoignage d’églises et de chrétiens fidèles, et de la voix des prophètes.

Gabriel Millon : Les études doctrinales, 6b, La vie morale. (avec l’autorisation du « Centre de culture chrétienne », 9, rue des Charpentiers. F 65 – Mulhouse 01)

 « Il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attirent une condamnation sur eux-mêmes. Ce n’est pas pour une bonne action que les magistrats sont à redouter, c’est pour une mauvaise. Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais le bien et tu auras son approbation. Le magistrat est un serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains, car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience » (Rom. 13 : 1-5 voir aussi 6-7 et 1 Pierre 2 : 11-25)

Pour ceux qui obéissent à Dieu, cette soumission à l’autorité a ses limites : 

« Jugez s’il est juste devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu »  Actes 2 : 19

« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». Actes 5 : 29

 « Je sanctifierai mon grand nom, qui a été déshonoré parmi les nations au milieu desquelles vous l’avez déshonoré. Ainsi les nations sauront que je suis l’Éternel, dit le Seigneur l’Éternel, quand je serai sanctifié par vous sous leurs yeux »  Ézéchiel 36 : 23

[1]« Tant qu’il fait jour » No 142 Été 1973.

[2]André Laforge : « Convulsions marxistes dans l’Église”