Je peux m’imaginer que certains lecteurs, aimant avant tout la Parole de Dieu, soient un peu choqués, et avec raison, d’un tel titre qui n’a de chrétien que le nom. Car, en effet, entre le mot “rock” et le mot « christianisme”, il y a un abîme. La musique rock dans sa grande variété est une facette de la pensée du monde ; alors que 1 ’ autorité du christianisme, la Bible, est la pensée même de Dieu. Alors pourquoi ce titre si provocateur ? Tout simplement parce qu’il est urgent de dénoncer certains genres de musiques qui ont perturbé et anéanti une génération tout entière, surtout chez les jeunes, et qui maintenant ont tendance à s’infiltrer dans l’Eglise et dans les organisations chrétiennes.

C’est au fruit que l’on reconnaît l’arbre (Matthieu 7:17). Il y a tellement de choses, de produits, tellement de cultures différentes, tout n’est pas mauvais et tout n’est pas bon ; il en va de même pour la musique. La musique a manifestement influencé le monde, elle a créé des cultures, influencé de grands hommes, elle a adouci les mœurs, mais elle en a certes rendu fou plus d’un. La musique est un canal double : elle peut véhiculer de nobles sentiments ainsi que de mauvais ; elle peut porter de bons ou de mauvais fruits. Mais chacun est juge de la musique qu’il écoute.

Lorsqu’on se met à examiner les fruits de ce phénomène musical survenu dans les années cinquante, soixante et qui n’a fait que dégénérer au fil des années, je ne pense pas qu’un homme craignant Dieu puisse être partial ou laxiste dans le jugement qu’il formule à son sujet. Croyez bien que je n’invente rien en disant que le rock, dans la variété de ses genres, a eu un effet destructeur sur une bonne partie de la jeunesse du monde entier.

Qu’est-ce que le rock ? On pourrait en donner mille et une définitions. Pour ma part le rock a été ma passion dès le début de mon adolescence. J’en étais un fan. A quinze ans, mes goûts musicaux se prononcent pour le rock dur, musique hardcore, punk-rock ; j’ai été asservi à cette musique qui, pendant longtemps, a été un vrai phénomène social : on se rappelle les crêtes rouges, bleues, vertes sur les têtes, et les blousons noirs cloutés. Puis plus tard d’autres styles ont séduit mes oreilles, notamment le reggae, musique tropicale jouée par les rastafaris, secte jamaïcaine adorant “Jah”, ceux-ci se prenant pour les vrais juifs en diaspora, arrachés à leur Afrique natale. A l’âge de vingt ans, un tout autre genre m’a séduit, le style house-music, appelé aussi space-music. Ayant été suffisamment baigné dans toutes ces ambiances je crois pouvoir en parler.

Avec l’apparition des premiers grands groupes de rock déj à, les effets ne se sont pas fait attendre, surtout au sein des familles. L’un des préceptes de la mentalité “rock” est qu’il faut s’affranchir de la morale. Les nouvelles générations doivent vivre d’émotions et d’expériences, il faut libérer sa conscience et écouter son cœur. Il y a déjà là des contradictions affolantes avec la Bible qui nous dit que : “le cœur de l ’homme est trompeur plus que toute autre chose et incurablement mauvais” (Jérémie 17 : 9) ; ou encore “l’insensé a dit en son cœur : il n ’y a pas de Dieu. Les hommes sont corrompus : leur conduite est abominable ; il n’y a personne qui fasse le bien” (Psaume 14). Esaïe 1 : 6 nous montre encore bien la nature de l’homme. Nous constatons que cette mentalité est bel et bien une œuvre du malin, une ruse du diable qui, à travers une musique qui excite les sens, pousse les adeptes à la rébellion et leur fait croire à une fausse liberté qui, en fait, les enchaîne ; l’homme n’est-il pas esclave de ce qui l’a vaincu ?

Avec une pareille doctrine la famille a pris un sérieux coup. La musique des hippies, le hard-rock, la techno, la new-wave, le reggae, et j’en passe, ont séduit les adolescents avec leurs idoles. Ces jeunes ont souvent adopté ces idoles pour pères. Ils s’habillent et se coiffent comme eux, fument des joints et parlent comme eux. Leurs vrais pères n’étant pas “in”, ils les tiennent pour dépassés, et cela crée un fossé ; comme souvent les parents n’apprécient guère le genre de vie de leur fils ou de leur fille, cela élargit encore le fossé au sein même de la famille. Il est vrai que la musique n’est pas toujours la cause première de cette situation, car souvent, avec la vie et les temps modernes, avec la normalisation du divorce, les parents ne sont plus à même d’élever correctement leurs enfants selon ce que la Parole dit : “maris, aimez chacun votre femme et ne vous aigrissez pas contre elle” (Col. 3:19); “femmes soyez soumises, chacune à votre mari, comme au Seigneur” (Eph. 5 : 22) ; “honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que l’Eternel ton Dieu te donne” (Ex. 20 : 12). Parfois, avec le déséquilibre moral de la famille. L’enfant ira chercher sa “famille” parmi ses compagnons de misère pour s’identifier à eux. Le diable tente à tout prix de faire éclater le noyau familial et essaie ensuite de récupérer les égarés par toutes les formes des pseudo-religions, de l’occultisme, des drogues ; et il peut le faire aussi avec la musique. Si on analyse les textes de la majorité de ces groupes rock on est surpris par le caractère décadent de leurs paroles : blasphèmes contre Dieu, provocation à la débauche et à la luxure ; oh, combien certaines musiques ont poussé la jeunesse à se saouler, à se droguer, à rechercher des émotions intenses, à vivre sans Christ, à coucher avec le plus de filles possible, etc… Sont-ce de bons fruits ? Aleister Crowley, qui passa pour être l’un des plus grands satanistes du vingtième siècle, recommandait déjà dans les années vingt que l’on apprenne aux jeunes comment entrer en transe et ainsi établir le contact avec le monde des démons ; pour cela il proposait la musique basée sur la force des rythmes, les drogues et la liberté sexuelle. (Renseignements tirés du petit livre “La musique rock” de F. Liebi, Editions traités bibliques chrétiens de Vevey.).

Il y a, à Lausanne, un endroit que j’ai beaucoup fréquenté par le passé, ce lieu a pour nom le “Mad », le moulin à danse. Comme dans beaucoup d’autres endroits les space-parties s’y font nombreuses ; cette musique est née à Chicago dans les boîtes de nuit pour homosexuels sous le nom de “jungle” ; elle est plus connue par son évolution dans “l’acid-music », allusion à la LSD, drogue puissante. Ce fut le succès d’abord en Angleterre, pays qui a propagé ce style à travers toute l’Europe.

Cette “jungle-acid-space-garage-techno musique” se veut à cent pour cent New-Age. Elle pousse à la déification de l’homme en harmonie avec le cosmos (space). “Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles” (Romains 1 : 23). Ce phénomène se propage à la vitesse grand V, à la télévision, sur les ondes radio, en vidéo-clips dans les bars ; c’est une vraie mode. Cette musique mélange toutes les religions, elle est syncrétiste ; il est étonnant de remarquer le nombre de croix autour des cous de ses adeptes, des croix chrétiennes à côté de croix de vie égyptiennes ; on y voit aussi celles du peace and love, qui n’ont rien d’un signe de paix et d’amour, étant en fait un signe satanique exprimant que le Christ aurait été vaincu à la croix (croix à l’envers avec les bras qui tombent). On l’appelle aussi la croix de Néron. Nous savons comment Néron traitait les juifs et les chrétiens.

Bien que les textes soient peu nombreux dans cette musique, le rythme étant primordial, cependant ces rares paroles sont abominables : sexe à outrance, consommation de drogues (LSD, cocaïne, amphétamines, ecstasy) et homosexualité, tout est permis. Des soirées organisées pour gays uniquement se font de plus en plus fréquentes. “C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre-nature ; et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, recevant en eux-mêmes le salaire de leurs égarements” (Romains 1:26-27). Cela ne nous rappelle-t-il pas Sodome et Gomorrhe ? Il est aberrant de constater que cette discothèque, le Mad, est soutenue par 1’association Stop Sida qui organise souvent des soirées dans cet établissement, avec défilés de lingerie intime et shows homosexuels qui frisent le code. Pour une association qui veut enrayer le sida…, j’avoue ne pas comprendre. Ces soirées hypnotisent la foule des danseurs par une musique binaire centrée sur les basses, au rythme linéaire sans change­ments et dirigée par un maître de cérémonie, le DJ (disc-jockey). On retrouve dans cette musique la même technique que chez les adeptes de krisna et le macumba africain, c’est à dire la transe, une fois de plus. Nos oreilles ne sont pas des dévaloirs. Paul encore une fois nous met en garde dans sa deuxième lettre aux Corinthiens : “C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux et séparez- vous dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai” (2 Corinthiens 6 : 17). Paul Ranc dans son excellent ouvrage intitulé “Le bonheur à tout prix” nous dit que la musique peut être une véritable drogue de l’esprit ; pour ma part j’en suis persuadé. J’ai vu de mes propres yeux les regards livides de bon nombre qui dansaient plusieurs heures sans arrêt dans un ballet stroboscopique de lumières créant l’ambiance, comme si la conscience devait s’endormir pour se laisser aller à ce rêve artificiel planant. “Revêtez- vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir contre les artifices du diable” (Ephésiens 6 : 11). Ces fêtes sont séduisantes et dangereuses. La Parole nous dit de ne pas nous mettre avec les infidèles sous un joug étranger. “Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ?” (2 Corinthiens 6 :14) Puissions- nous prier pour que les jeunes ne s’adon­nent pas à de telles passions, de tels cultes.

Tout en ne jugeant personne (et d’ailleurs qui suis-je pour juger ?) je constate un certain laxisme dans certaines communautés évangéliques où l’on peut écouter du rock chrétien, du hard chrétien et même du trash chrétien (trash = sans valeur, camelote, trash-can = poubelle). Je me pose alors une question : y a-t-il quelque chose de commun entre les ténèbres et la lumière pour que des chrétiens puissent ainsi utiliser une œuvre diabolique afin d’en amener plusieurs à la conversion ? La Bible le nie catégoriquement. La con­textualisation est une chose dangereuse, l’Eglise ne doit pas se conformer au monde ; si nous le faisons, alors pourquoi ne pas évangéliser avec une boule de cristal ou un pendule ? Nous avons tous nos faiblesses de la chair, et nous sommes continuellement tentés, surtout par les choses que nous aimions par le passé, lorsque nous vivions sans Dieu. Mais je pense qu’en tant que chrétiens, si nous nous passionnons exclusivement pour la musique rock (même certaines musiques rock chrétiennes) nous nourrissons le vieil homme qui fait un travail de récupération en tentant de reprendre sa place première. Si cela nous arrive nous devons en toute humilité nous exhorter les uns les autres dans la douceur selon Romains 15 : 14. Mais je me suis souvent trouvé dans des discussions avec certains jeunes qui tenaient mordicus à leurs groupes de rock. “Il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication » (1 Corinthiens 1 : 21)… et non en créant une ambiance par le biais d’une quelconque musique. Notre Seigneur et Père nous dit de sortir du monde, nous n’y sommes que des voyageurs. Puissions-nous nous examiner par rapport à cette séduction du 20ème siècle qu’est le rock. Voici encore une exhortation de la Bible : “Fuis les passions de la jeunesse et recherche la justice, la foi, la charité, la paix avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur” (2 Timothée 2 : 2). “Ne déplace pas la borne ancienne que tes pères ont posée” (Proverbes 2 : 28). “Ne donnez-pas accès au diable” (Ephésiens4 : 27). “Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin d’éprouver que la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite” (Romains 12 : 2).

Anthony CHOPARD