Une critique chrétienne de la politique étrangère des États-Unis

par | Résister et Construire - numéros 47-48

Introduction[1]

C’est un plaisir et un grand privilège pour moi, en répondant à l’invitation de l’Institut Rockford, de vous parler ce soir du thème qui m’a été proposé : Une critique chrétienne de la politique étrangère américaine. Avant d’entamer cette question périlleuse, je dois remercier l’Institut Rockford de l’honneur, malheureusement erroné, qu’il fit à votre serviteur en lui décernant, sur le texte de l’invitation à cette rencontre, le grade imaginaire de « Docteur ». Je suis donc obligé de vous informer que l’orateur de ce soir ne possède pas ce titre académique. Mais il pourrait peut-être y être remédié lors d’une invitation ultérieure !

Un autre point sur lequel je voudrais attirer votre attention est que venant aux États-Unis, et spécialement à l’Institut Rockford, pour vous entretenir d’un sujet où la tentation est grande de ne pas tenir que des propos aimables sur la politique que mène votre estimé président à l’égard du reste de la planète, imaginez donc ma surprise, lorsque j’ouvris la lettre contenant ma confirmation de vol de Genève à Charlotte (où j’avais été invité à parler de sujets théologiques et philosophiques devant le Séminaire Réformé), de découvrir que mon voyage avait été organisé – devinez par qui ? – par l’agence de voyages, les International Tours of Clinton. Dans de telles circonstances et chaperonné par un tel hôte, comment pourrais-je avoir la prétention, pire, l’ingratitude, de formuler la moindre remarque désobligeante sur la politique du président William Jefferson Clinton. Aussi, je vous demande à l’avance de me pardonner si je me sentirais ce soir moralement et intellectuellement obligé d’enfreindre les devoirs sacrés de l’hospitalité.

Ma dernière (et première) visite aux États-Unis date de 1986. À cette occasion, j’ai eu le privilège de visiter le Capitole grâce à un ami qui, à cette époque, travaillait dans le Senators Building pour un membre républicain de la Chambre Haute. Une telle visite au Capitole n’a rien de particulièrement exceptionnel, mais, par contre, tout à fait exceptionnels, en étaient la manière et le moment. C’était le jour même où le président Reagan tenait son discours sur l’état de l’union (State of union message), où chaque année le chef de l’État passe en revue la politique de son gouvernement. Ce discours avait été retardé de deux semaines en raison du deuil national dû à la catastrophe de la navette spatiale. Arrivés par le métro souterrain des Sénateurs cette visite guidée eut lieu dans un Capitole totalement désert où les seuls humains que nous croisions étaient des gardes armés accompagnés de chiens à l’aspect féroce. Dans le silence et la solitude de cet immense monument, j’ai, cet après-midi-là, éprouvé un sentiment de respect et de crainte que je n’oublierai jamais. A Versailles ou à Paris, dans les palais de Gênes ou en descendant à Londres de Whitehall vers le Parlement, on éprouve une vive impression de la puissance qui émane de ces bâtiments magnifiques. Mais on se rend rapidement compte qu’il s’agit surtout de la mémoire d’un pouvoir passé, des vestiges d’une puissance révolue et non sa réalité présente. Dans les espaces silencieux du Capitole, j’ai été comme écrasé par le sentiment de la présence d’un pouvoir tout ce qu’il y avait de plus actuel. Et je me suis dit : « Je me trouve ici au cœur du pouvoir le plus puissant du monde. Gare aux nations de la terre si un pareil pouvoir venait à tomber entre des mains iniques. »

Dans la même semaine j’avais un rendez-vous avec John Lenczovsky au National Security Building près de la Maison-Blanche. Cette connaissance était à cette époque le conseiller personnel du président pour les affaires européennes et soviétiques. Je voulais partager avec lui – et, si possible, à travers lui avec le président – ma stupéfaction devant la cordialité extravagante qu’avait manifestée Ronald Reagan à Genève lors de sa rencontre, trois mois plus tôt, avec le président soviétique Michail Gorbatchev. Rien n’était plus normal qu’une telle rencontre entre chefs de gouvernements. Mais ce qui me semblait étrange était la cordialité si chaleureuse entre ces deux hommes d’État. De telles effusions de la part de Reagan contrastait par trop brutalement, pour être vraies, avec sa dénonciation publique si récente de cet « empire diabolique » qu’était pour lui l’Union Soviétique et dont il venait si ostensiblement d’embrasser le dirigeant. J’ai pensé – comme le secrétaire des Affaires étrangères britannique Brown, qui avait à l’époque adopté la politique de ne jamais serrer en public la main d’un diplomate communiste – que de telles effusions ne pouvaient que susciter en Occident une perte de conscience de l’immense danger que représentait l’Empire soviétique pour toute nation libre. Un proverbe anglais dit très justement : « Lorsque tu manges avec le diable, prends une longue cuillère. »

Dans cette froide matinée de février 1986, je partageais de telles pensées avec Lenczovsky. Il m’écouta en silence, se leva brusquement, traversa la pièce et sortit un document d’un tiroir en me disant : « Regardez ceci, j’ai donné exactement le même conseil au président avant son départ pour l’Europe. Il n’a pas accordé la moindre attention à mes recommandations. »

Les cartes du jeu géopolitique mondial sont remaniées

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous raconte ces anecdotes anciennes ?
Tout simplement parce qu’elles n’illustrent que trop bien la contradiction flagrante entre les dires de Reagan – cet empire du diable – et la réalité politique sous-jacente qui elle, était d’une tout autre nature : celle d’une fraternisation cordiale. C’était, comme nous l’avons très clairement vu dans la suite, la politique réaliste (Realpolitik) et non la théorie idéologique qui prédominait chez le président américain. Nous aurions dû, tous les deux, être moins naïfs. Les événements des prochaines années devaient nous démontrer que la scène politique internationale avait, en 1986 déjà, radicalement changé.

Lorsque Reagan attaquait verbalement l’Union Soviétique, la guerre froide était en fait déjà terminée. L’Est et l’Ouest, le communisme et le capitalisme avaient conclu entre eux un marché secret. Dès le début des années soixante, l’orientation du bloc communiste avait changé de cap avec la nouvelle politique inaugurée par le rapport de Chelepine et de Mironov, dirigeants du KGB, au Politburo. La confrontation dialectique violente entre le léninisme-stalinisme et le bloc des pays capitalistes devait être remplacée par la nouvelle stratégie révolutionnaire (longtemps « hérétique ») du communiste italien dissident Antonio Gramsci. Il ne s’agissait plus maintenant de confrontation mais de pénétration, d’infiltration, de séduction et de domination de l’Occident. C’est ce changement d’orientation qu’avait annoncé et systématiquement analysé, dès le début des années soixante, le major Anatoliy Golitzyn, transfuge du Département des recherches et de la planification du KGB[2].

À l’Ouest les choses changeaient aussi. Comme il ressort de la publication, en 1967, du Report from Iron Mountain on the Possibility and Desirability of Peace[3], l’orientation stratégique des puissances occidentales avait elle aussi subi un changement radical. Les deux camps passèrent en même temps d’une politique de confrontation à celle de la convergence. D’un équilibre entre deux blocs hostiles, les dirigeants du monde ont passé à une administration commune des affaires internationales. Le but de cette collaboration n’était autre que l’unification de la planète sous la direction d’un gouvernement athée, socialiste et panthéiste, terrain idéologique commun depuis belle lurette, tant des ploutocrates de l’Ouest que des communistes de l’Est. Une telle unification planétaire devait être imposée aux nations du monde sous la pression puissante de menaces écologiques médiatiquement surdramatisées, qui devaient inciter les nations du monde à adopter des mesures contraignantes d’unification mondiale que l’on présentera comme indispensables à la survie de la planète.

Ce n’est ni l’heure ni l’endroit de décrire ici la métamorphose extraordinaire qu’a subie la géopolitique du monde pendant ces dix dernières années. À ceux que ce sujet intéresse, je ne peux que recommander la lecture du chef-d’œuvre de Pascal Bernardin, L’Empire écologique, ou la subversion de l’écologie par le mondialisme[4]. C’est à ma connaissance le seul livre, à la fois convainquant et fort bien documenté, qui parvienne à rendre intelligible l’histoire des dernières vingt années. Il se base avant tout sur des sources publiques, vérifiables par tout un chacun. Nos dirigeants révolutionnaires, tant à l’Ouest qu’à l’Est, en sont ainsi venus à la décision que l’étape dialectique de la Révolution était révolue et qu’une nouvelle orientation, celle d’une intégration internationale totale, dans un One World System, devait être maintenant mise en place. Du côté communiste, cette réorientation prit les noms d’Euro-Communisme (en Italie), de Printemps de Prague (en Tchécoslovaquie), de Communisme à visage humain (un peu partout) ; finalement tomba le coup de grâce : la Perestroïka et la Glaznost.

A l’Ouest, le tournant crucial se situe en 1968 avec la révolution culturelle[5]. Elle a été suivie d’une pénétration totale de toutes les institutions vitales de la société occidentale – les médias, les universités, les principales Églises, la justice, l’éducation, etc. – au moyen de cette révolution culturelle si habilement préconisée par Gramsci. Les résultats furent spectaculaires : la présence aux postes clés de la politique dans le monde entier de ces marxistes et anarchistes culturellement reconvertis en communistes socio-démocrates nouveau style. Il est instructif de dresser une courte liste des membres de cette Nouvelle Classe, de la Nomenklatura jadis soviétique, mais devenue maintenant universelle : Prodi, Solanas, Jospin, Blair, Schrœder, Mandela, Mbeki et, last, but not least, le président William Jefferson Clinton et son épouse. C’était sans doute là le sens véritable de cet extraordinaire déploiement de drapeaux communistes soviétiques sur la ville de Washington vers la fin de l’ère Reagan. Une nouvelle forme de Communisme international a pris les commandes des affaires de la planète. Écologistes et pacifistes (les Verts allemands par exemple) peuvent maintenant sans la moindre vergogne faire pleuvoir mort, destruction et pollution chimique sur les Balkans, parce qu’ils tiennent les rênes du pouvoir. Il se révèle que leur but véritable n’était, en fin de compte, aucunement de promouvoir l’écologie ou la paix, mais l’ancien programme révolutionnaire mis à jour. Et la mise en œuvre du pouvoir le plus brutal (maintenant dans leurs mains) n’était de loin pas un obstacle pour atteindre les objectifs de la Révolution reprogrammée.

Il faut nous rappeler que le communisme, contrairement au fascisme ou au nazisme, n’est pas un phénomène national, mais une entreprise internationale qui vise le long terme. Le communisme, en poursuivant sa politique destructrice de tout bien, car intrinsèquement contraire aux lois de la création a, comme une sangsue stérile, totalement épuisé les ressources humaines de la Russie. La Révolution, comme phénomène international a, pendant la période de la Perestroïka, déplacé sans heurt son centre opérationnel vers une entité nationale puissante et encore relativement saine : les États-Unis d’Amérique. C’est Washington qui a maintenant succédé à Moscou comme cœur directeur de la révolution mondiale. Cela est, me semble-t-il, une des leçons essentielles que nous pouvons tirer de l’ère Clinton. Cette interprétation est confirmée par un examen soigneux de faits géopolitiques.

Prenons un exemple. Lors de notre visite en novembre 1998 dans mon pays natal, l’Afrique du Sud (ceci après une absence de trente-huit ans), ma femme et moi-même avons rapidement dû nous rendre à l’évidence que ce pays, ayant perdu son ancienne indépendance, est devenu maintenant un satellite crypto-marxiste des États-Unis. Dans un autre domaine, nous pouvons très bien nous demander pourquoi des hommes comme Augusto Pinochet et Helmut Kohl sont actuellement l’objet de poursuites judiciaires. Pourquoi ne pas attaquer des personnages de gauche qui par leur idéologie utopique antinomienne et antichrétienne risquent bien davantage de devenir des crapules politiques ou des candidats à la corruption ? La réponse est simple. La hache socialo-démocrate, maintenant fort bien maniée par les gouvernements occidentaux, est tombée entre les mains de nos révolutionnaires nouveau style. Et ceux-ci sont décidés à exercer leur vengeance au maximum sur des hommes qui, de différentes façons, ont travaillé à détruire la révolution communiste.

Il me paraît également évident qu’une des raisons – sans doute pas la plus importante – qui a fait que la Yougoslavie fut la cible privilégiée pendant une décennie d’une désinformation stupéfiante, de calomnies médiatiques destinées à justifier la brutalité exercée contre elle par l’Occident, réside peut-être dans le simple fait que cette nation avait autrefois (sous Tito) commis un crime impardonnable : celui de s’être soustraite à la domination du Komintern. Est-ce que le traitement international actuel de l’Indonésie (où une révolution marxiste avait aussi été cassée par l’armée dans un bain de sang) ne devrait pas aussi être examiné sous cet éclairage ? Qu’il en soit ainsi ou non, ce qui est parfaitement clair c’est qu’une révolution invisible s’est produite et que presque partout en Occident nous trouvons installés, à tous les niveaux du pouvoir, des révolutionnaires culturels socialo-démocrates de style gramscien. Il est également de plus en plus évident que si ces nouveaux révolutionnaires peuvent sourire comme des anges et roucouler comme des colombes, au moment critique ils sont décidés à surpasser en actions brutales même leurs prédécesseurs totalitaires les plus déterminés.

Mes craintes les plus sombres de ce jour de février 1986 se sont aujourd’hui réalisées. Le siège actuel du gouvernement de ce Moloch amoral et totalitaire se trouve bel et bien à Washington. En termes symboliques, Alger Hiss savoure sa pleine vengeance, bien que tardive, à l’égard de Whittaker Chambers[6].

Le monde entier devient « communiste » à la Gramsci. L’internazisme contemporain

Maintenant, quel rapport établir entre tout cela et le violent Manifeste que j’ai publié le 26 mars 1999 reprenant de façon assez acerbe l’agression par l’OTAN de la Serbie ? Sa version originale intitulée 1939 – 1999, ce texte écrit le matin même des premiers bombardements alliés sur la Serbie a eu plus tard le privilège d’être publié par la revue culturelle du Rockford Center, Chronicles. Pour rafraîchir la mémoire de ceux qui m’ont fait l’honneur de lire ces lignes indignées, passionnées, je me dois de répéter ici les raisons que j’évoquais pour justifier ma comparaison entre ces deux funestes agressions : celle des Nazis en 1939 et celle de l’OTAN en 1999, les deux perpétrées avec des armes d’une puissance irrésistible contre de petites nations mal défendues :

[…] Les ressemblances entre l’agression programmée par l’OTAN contre la République yougoslave et celle de l’Allemagne contre la Tchécoslovaquie, puis celle de l’Alliance russo-germanique contre la Pologne, sont frappantes. Énumérons-en quelques-unes :

  • la même confiance absolue en la force brute ;
  • le même mépris des obligations et des contraintes légales ;
  • le même mépris pour les institutions internationales et pour le droit des nations, droit précis remplacé par l’universalisation, ouverte à tous les abus et prétextes, des droits de l’homme ;
  • la même volonté d’hégémonie géopolitique ;
  • la même préparation, la même justification idéologique d’une pure agression, par des campagnes de propagande ;
  • la même utilisation de revendications nationalistes pour intervenir dans les affaires d’un État indépendant en paix avec tous ses voisins.

Mais les différences sont également frappantes :la volonté d’hégémonie de l’OTAN n’est plus simplement continentale, mais mondiale ;

  • la possibilité d’une résistance étatique à la politique américaine et européenne d’utilisation de la force brute, apparemment irrésistible, pour résoudre des problèmes de politique internationale se trouve être aujourd’hui presque inexistante. Par contre, en 1939 une partie importante des nations du monde étaient encore en mesure de résister à l’agression nazie-communiste ;
  • les moyens de propagande actuels sont infiniment plus sophistiqués et efficaces que ceux dont disposaient à l’époque Gœbbels ou le Komintern[7];
  • l’idéologie véhiculée par cette propagande n’est plus celle de race ou de classe, mais une nouvelle religion, l’humanitarisme moralisateur des Droits de l’Homme qui cherche à défendre les prétendus droits universels d’un homme abstrait et global. L’idéologie derrière laquelle s’abrite aujourd’hui la violence des forces de l’OTAN est moralisatrice et panthéiste. C’est ce paravent moralisateur et religieux qui aujourd’hui rend bien plus difficile qu’il y a 60 ans toute résistance à la pression sociale et politique de la propagande des idéologies totalitaires d’aujourd’hui. Les discours des chefs d’État qui cherchent à justifier cet exercice de force brute ont un caractère foncièrement religieux. Il s’agit manifestement d’une nouvelle forme de guerre de religion, cette fois livrée au nom du nouveau dieu, l’Homme […].

Ainsi, je m’étais aperçu comment l’OTAN et, en particulier sa puissance dirigeante, le gouvernement des États-Unis d’Amérique, etait devenu la plus grande menace pour la paix du monde.
Ceux qui regardent la télévision (ou lisent les journaux) peuvent très bien constater par eux-mêmes que, dans les circonstances actuelles (du moins en Europe), accuser une personne ou une nation d’être « communiste » ou « marxiste » n’attire pas le moindre opprobre. Si quelqu’un veut de nos jours diaboliser une nation ou un adversaire politique, la tactique courante est de l’identifier à Hitler, au moyen de termes tels que génocide ou crimes contre l’humanité. Il s’agit d’une forme du réflexe conditionné collectif à la Pavlov (ou Skinner). Appuyer sur le bouton médiatique et psychologique approprié fera sortir dans la rue un nombre indéterminé de gens qui sont convaincus du bien-fondé de leur vibrante indignation à l’égard d’un personnage ou d’un groupe politique, dont ils sont en fait parfaitement ignorants. C’est manifestement ce qui est arrivé à Jörg Haider, le leader du parti de la liberté (Freiheitspartei) autrichien dont le programme politique inclut une opposition vigoureuse au socialisme non représentatif, centralisateur, antipatriotique et bureaucratique pratiqué par la Commission de l’Union Européenne. Personne n’aurait bronché si on l’avait appelé communiste ou si on l’avait comparé à Staline, Mao ou Pol Pot, même si la violence de ces leaders totalitaires a dépassé, du moins en nombre, les atrocités déjà bien épouvantables perpétrées par les Nazis. Pourquoi donc acceptons-nous si facilement une identification aussi exclusivement reductionniste du mal à l’Allemagne nazie, refusant par là même de condamner les crimes tout aussi odieux de l’Union soviétique ou de la Chine communiste ? C’est une question qui devrait susciter une sérieuse réflexion.

Une des raisons de cette étrange partialité est le caractère international du communisme, caractère qui s’applique autant à sa forme marxiste-léniniste qu’à sa plus récente transformation en manipulation culturelle à la mode gramscienne. Le communisme international du défunt Komintern et celui du très actif Nouvel Ordre Mondial – expression nouvelle de la Révolution – sont tous les deux des mouvements au caractère explicitement « internationaliste » visant la désintégration des nations indépendantes.

Pour sa part, le nazisme était un mouvement spécifiquement nationaliste (tout socialiste qu’il était), exaltant de manière idolâtre une nation – la nation allemande – aux dépens de toutes les autres et portant aux nues une prétendue « race arienne » au détriment du reste de l’humanité. Nombre de ces races inférieures étaient caractérisées comme étant « contraires à la nature » et ainsi destinées à disparaître et, si cela était nécessaire, à l’aide de mesures très actives de la « race supérieure ». D’autre part, pour le Monde Unifié de la nouvelle Internationale socialo-démocratique, les nations individuelles indépendantes ou les groupes de nations dont la liberté d’action ferait obstacle à son dessein démesuré, devront être absorbés dans un plus grand ensemble ou bien, s’ils résistent à une telle assimilation, il leur faudra faire face à une destruction totale. Le modèle historique par excellence de la suprématie dominatrice de la nation élue se trouve dans l’hyper-nationalisme du Troisième Reich allemand. C’est pour cette raison que le nazisme est devenu l’épouvantail de choix de la politique internationaliste de nos mondialistes. Ainsi, dans une telle perspective, l’indépendance de nations individuelles qui cherchent à défendre leur souveraineté doit être irrémédiablement brisée et, si elles résistent, leur autonomie doit être détruite par la force. Jetons un bref coup d’œil sur quelques exemples de ce malaxage de nations aspirant encore à une certaine liberté d’action.

  • Ce conglomérat international, dirigé aujourd’hui de manière parfaitement visible par les États-Unis, a mené une guerre de trente ans contre la République indépendante d’Afrique du Sud. Cette guerre d’usure vit la défaite définitive de la République Boer assaillie de toutes parts ; l’objectif fut finalement atteint par la trahison de son propre gouvernement. L’Afrique du Sud est ainsi devenue une victime consentante des séductions du Nouvel Ordre Mondial. Le ministre des Affaires étrangères, Pik Botha, et le dernier président blanc, Frederick De Klerk, ont finalement été séduits par les cajoleries du camp international. Mais personne ne semble être troublé par le fait que la violence a aujourd’hui atteint dans ce pays un niveau sans précédent et que les conditions de vie actuelles de l’immense majorité (noire) de la population sont, à beaucoup de points de vue (et ceci en dépit d’une réelle libération sociale), bien pires qu’il y a quelques années sous le règne de la domination blanche.
  • La guerre du Golfe, menée par le premier président américain qui ait ouvertement proclamé les vertus du Nouvel Ordre Mondial – George Bush senior –, a servi d’exemple cuisant, avertissant les nations musulmanes de ce qui leur arriverait si elles succombaient à la tentation de résister à la puissance apparemment irrésistible de la nouvelle Pax Americana.
  • La pression internationale a provoqué en Algérie l’annulation de l’élection démocratique du F. I. S. (Front islamique du Salut) par coup d’État militaire.
  • Le gouvernement de mon propre pays, la Suisse, pays connu depuis toujours pour son amour ancestral de ses libertés et de son indépendance, volonté solidement étayée par une politique étrangère de neutralité armée et de diplomatie active, a, en trois petites années, été rappelé à l’ordre par le Nouvel Ordre Mondial. Une effrayante alliance entre le gouvernement américain et certaines organisations juives (d’une rapacité et d’une capacité de mensonge peu communes) ont mené une guerre diplomatique, médiatique, financière et moralisatrice contre mon pays, ceci au total mépris des normes éthiques et spirituelles de la Thora[8]. Cette piraterie des banques suisses[9] s’est appuyée sur le bruyant prétexte de certaines injustices (partiellement réelles) subies par des survivants de l’holocauste et leurs descendants de la part d’un certain nombre de banques suisses[10]. Cette utilisation abusive des souffrances de leur propre peuple, œuvre de certains publicistes juifs, afin d’attaquer la Suisse, a provoqué l’indignation d’une partie de la communauté juive en Suisse et a suscité de véhémentes protestations de certains journalistes israéliens qui n’arrivaient pas à comprendre comment ces juifs pouvaient ainsi faire monnayer les souffrances de leurs ancêtres[11]. Notre capitulation totale devant une telle cabale internationale sous direction américaine a seulement été empêchée grâce à l’existence dans notre pays du système de démocratie directe où toutes les grandes décisions doivent, en fin de compte, passer le cap du référendum populaire. Le chef de cette résistance patriotique est l’homme d’affaires important, anti-socialiste convaincu, Christophe Blocher, qui, du fait de son amour pour l’indépendance de son pays, s’est fait taxer d’être un « antisémite » imaginaire. Pire encore, il fut publiquement identifié à « Adolf Hitler » par des membres de notre Conseil fédéral, apparemment à court d’arguments rationnels. Nos autorités politiques ont, ici aussi, capitulé devant la pression internationale. De son côté, la nomenklatura intellectuelle, politique et financière de la Suisse a été largement gagnée par l’idéologie de l’élite internationaliste régnante sous tutelle américaine.
  • Comme vous le savez très bien, le refus de la Serbie à Fontainebleau, en février–mars 1999, de se soumettre aux diktats des commissaires américains de l’OTAN, Madeleine Albright et Richard Holbrooke, a poussé l’Europe occidentale et l’Amérique à détruire par voie aérienne les infrastructures de ce pays[12]. Comme cela devient aujourd’hui évident pour ceux qui commencent à comprendre la real politik du « might is right » (la force fait le droit) pratiquée par le Nouvel Ordre Mondial, il fallait donner un exemple cinglant pour montrer aux nations du monde qu’il serait aujourd’hui très imprudent pour une nation souveraine de manifester le plus léger signe de résistance à l’hégémonie planétaire, ouvertement proclamée par le gouvernement des États-Unis d’Amérique[13].

Le dernier épisode de l’éducation universelle des nations soumises à la politique prônée par nos socialistes internationaux (en bref : INTERNAZIS), est bien entendu la tragique (et grotesque) pression exercée sur l’Autriche par une Union européenne totalement satellisée par l’Amérique, dans le but de contraindre ce pays à renoncer à sa souveraineté nationale et à exorciser les abus politiquement incorrects de l’exercice d’une démocratie libre et véritablement plurielle. Il n’est pas étonnant que, le 17 février 2000, Pierre Pujo ait intitulé l’éditorial de L’Action française, journal qu’il dirige, « L’Europe totalitaire ». La tactique d’imposer dans tous les domaines, comme moyen de pression internationale, l’apartheid aux nations qui ne veulent pas marcher aux ordres (manœuvre qui a si largement contribué à l’effondrement de la morale patriotique des Blancs d’Afrique du Sud), a fait un pas de plus : les nations européennes ont entrepris le boycottage culturel de l’Autriche, particulièrement dans le domaine de la coopération musicale. En effet, le ridicule n’a plus guère de limite dans l’imagination féconde de nos révolutionnaires culturels.

Ce qui est sûr c’est que l’Autriche ne sera pas le dernier pays à subir la pression de la politique, aussi cohérente qu’obsessionnelle, de nos INTERNAZIS. Cette politique tend à imposer un conformisme international pour parvenir à l’unification mondiale recherchée[14]. Le refus d’Israël de se plier aux Internationalistes exigeant qu’elle rende à la Syrie les hauts du Golan (ce qui serait une véritable bêtise stratégique) conduira sans aucun doute à ce qu’une forte pression soit exercée sur cette nation dont le courage et l’amour de la patrie ne sauraient être mis en doute. Le camp sioniste sera sans doute dorénavant divisé en deux clans : les internationalistes de toujours, qui appuieront le Nouvel Ordre International même contre la patrie israélienne ; et les patriotes israéliens qui, par l’expérience plus que cinquantenaire d’une existence nationale, ont redécouvert que c’est au pays de leurs ancêtres israélites qu’ils doivent leur première loyauté et non à l’utopie internationale de leurs coreligionnaires (sans parler de leurs nombreux collaborateurs non-juifs) mondialistes. Ils feront le choix de défendre leur patrie[15].

Il est certain qu’une pression toujours plus forte s’exercera sur le Sud de la Russie (son flanc vulnérable) par une contagion islamiste fomentée par l’Amérique à travers l’action et le financement de l’Arabie Saoudite, agitation animée par le fanatisme islamique des Talibans et Wahabis. S’il faut croire les déclarations publiques de Zbigniew Brzezinski, un porte-parole privilégié de nos INTERNAZIS, la Russie serait en peu de temps brisée en plusieurs régions, plus maniables (et donc plus facilement exploitables). Cela bien entendu toujours dans l’intérêt de la paix internationale[16].

À long terme, les États-Unis, à présent le plus important instrument de la politique du Nouvel Ordre Mondial, pourraient faire eux aussi les frais de la stratégie des mondialistes fomentant partout leur idéologie antipatriotique. Les États-Unis eux-mêmes pourraient éventuellement se voir être morcelés en de nombreuses régions indépendantes. Le mot « régionalisation » n’est qu’un autre terme pour exprimer le fractionnement de nations trop solides pour être aisément dirigées par nos internationalistes, et le regroupement transfrontalier des régions ainsi formées par l’éclatement de nations disloquées. Il est clair qu’en ce qui concerne les États-Unis, les intérêts à long terme de notre élite internationale résident dans l’encouragement des tendances sécessionnistes de mouvements tels que la League of the South (Ligue du Sud) et les Californian patriots (patriotes californiens) ou l’encouragement tous azimuts d’un multiculturalisme (noire, hispanique, juif, polonais, etc.), afin de fragmenter la nation la plus puissante du monde en une mosaïque de groupements pour la transformer en un instrument docile aux mains de nos dirigeants internationalistes. Dans cette perspective, Richard Holbrooke, ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies et artisan zélé de la dislocation de la Fédération Yougoslave, a pronostiqué avec assurance la disparition de l’Union des États américains pour la fin du XXIᵉ siècle !

Le caractère intrinsèquement antichrétien de la politique étrangère des États-Unis

Un coup d’œil, même superficiel, sur la politique étrangère du gouvernement actuel des États-Unis, nous permet d’y déceler très clairement son caractère intrinsèquement antichrétien. Votre président, et maintenant son successeur éventuel, Al Gore, socialiste écologique, ésotérique et panthéiste, peuvent toujours s’afficher devant les caméras de télévision le dimanche matin, allant à une quelconque « Église baptiste », un grand livre noir (une Bible ?) sous le bras. La moindre des choses que l’on puisse dire d’eux, c’est qu’il est impossible de les considérer comme d’authentiques chrétiens orthodoxes. Et malgré de telles images, il ne peut faire de doute que l’orientation essentielle et durable de la politique étrangère américaine soit foncièrement antichrétienne. Cela est évident au moins depuis 1945 et ressort des plus clairement dans le déroulement des actions menées ces dix dernières années par les États-Unis dans les Balkans et, plus particulièrement, lors de la crise yougoslave. Dans ce désastre international, les États-Unis se sont constamment placés aux côtés des forces islamiques contre toutes les parties « chrétiennes » participant au conflit (ceci à l’exception des Croates[17]). Il est frappant que, depuis l’occupation du Kosovo par l’OTAN, un bien plus grand nombre de monuments chrétiens ont été détruits que pendant tous les longs siècles de l’occupation ottomane des Balkans. Est-il nécessaire de rappeler que cette région possède la plus grande concentration d’Églises chrétiennes et de monastères au monde[18].

Si on cherche à élargir notre perspective, il devient clair que la politique des États-Unis dans cette région tend vers un double but géopolitique. L’un est dirigé contre la Russie et l’autre contre l’Europe occidentale ; cette dernière est actuellement perçue comme le rival potentiel le plus dangereux de l’Amérique. L’élément capital de cette vaste manœuvre est l’utilisation de l’Islam comme bélier contre ces deux adversaires, d’un côté visant le ventre mou (islamique) de la Russie – sa frontière sud interminable – et de l’autre en tenant compte de l’abondante population musulmane migrante, présente dans la plupart des nations de l’Europe occidentale. Dans cette stratégie de grande envergure, ces immigrants musulmans sont considérés comme constituant une cinquième colonne qui potentiellement pourrait être d’une redoutable efficacité. Le cœur de la politique américaine vise l’installation d’une forte base islamique dans les Balkans – Bosnie et Albanie élargie – sous l’étroit patronage d’une OTAN sous contrôle américain [19].

C’est une tragédie insigne que la plupart des gouvernements de l’Europe occidentale aient passé littéralement à l’ennemi, en devenant des alliés consentants – ou plutôt de véritables satellites – des États-Unis. Les nations de l’Europe œuvrent ainsi à leur propre disparition. Un des rares hommes d’État ayant compris la menace que représente la politique actuelle des États-Unis pour l’existence indépendante des nations européennes, fut l’ancien président français François Mittérand qui, dans son Testament politique (document étouffé par des médias largement dominés par cette Nomenklatura internationaliste inféodée à l’Amérique), a désigné explicitement le gouvernement des États-Unis comme une nation qui était effectivement, si ce n’est ouvertement, en guerre avec la France[20].

Si l’on approfondit son analyse, le caractère particulièrement antichrétien de la politique étrangère américaine est on ne peut plus évident. Nous ne pouvons que souligner le rôle joué par les brigades de tueurs indonésiens, très actives dans le Timor oriental, entraînées sur territoire américain et armées par les États-Unis, et l’indifférence totale du gouvernement des États-Unis au sort de millions de chrétiens sud-soudanais expropriés, subissant le pire des nettoyages ethniques, souvent même assassinés par leurs concitoyens islamiques.

Comment expliquer ce parti pris résolument antichrétien de la politique étrangère américaine ? Nous pouvons obtenir une réponse partielle, mais intéressante, à cette question complexe en comparant la tendance religieuse actuelle de la société américaine avec la religion officielle, panthéiste, moniste et unitaire propagée par le parti national-socialiste en Allemagne, pendant la période de son ascendance. Ici, le livre révélateur de Robert A. Pois intitulé National Socialisme and the Religion of Nature[21] est d’une grande utilité.

Jetons un bref coup d’œil sur la religion de la nature cultivée par l’idéologie nazie décrite par Pois. Elle se caractérise par les éléments suivants :

  • le refus de tout dualisme : Dieu – création ; terre – ciel ; âme – corps ; esprit – matière ; homme – animaux ; Église – État ; et, finalement, bien – mal ; vérité – mensonge ;
  • l’obsession d’une unité totale, unité fusionnelle avec Dieu, unité avec ses plus profondes émotions et ses instincts (appelée « authenticité »), unité totale du Volk, de la nation germanique ;
  • le refus de la moralité traditionnelle ; rien ne doit s’opposer à l’authenticité émotionnelle et instinctive, car cette authenticité est nécessairement vraie et bonne ;
  • la vision manichéenne d’un monde régi par le bien absolu opposé au mal absolu ;
  • finalement, l’affirmation de l’émotionnel et de l’instinctif aux dépens du rationnel.

A l’aide de récentes études sur la situation de la religion aux États-Unis entreprises par des chercheurs tels que Francis Schaeffer[22], Douglas Groothuis[23], Peter Jones[24], David F. Wells[25], Hank Hanegraaff[26], John MacArthur[27], Alan Morrison[28] et Wouter Hanegraaff[29], nous pouvons comparer les éléments cités ci-dessus (tirés des principes de la religion de la nature des Nazis), avec l’idéologie ésotérique du New Age américain. Cette idéologie religieuse du néo-paganisme nazi peut être utilement comparée à certains aspects de la religion hyper-émotionelle, illuministe, irrationnelle et antinomique, largement répandue dans le christianisme américain, et plus particulièrement dans son expression charismatique, celle-ci étant abondamment représentée dans quantité d’Églises et dans les principales confessions. On est frappé par nombre de similitudes fondamentales. Un accent similaire est mis sur l’unité moniste ; un même refus du contrôle normal des émotions, des intuitions et des pulsions par la raison ; une même exaltation du sentiment et de l’instinct aux dépens de l’intelligence et de la sagesse ; une semblable antinomie et une justification passionnée de l’authenticité comme source de vérité et du bien ; une semblable confusion continuelle entre Dieu et l’homme, entre le spirituel et la matière ; une semblable ignorance de la véritable nature du péché et du mal dans le monde ; une semblable tendance au dualisme manichéen, etc.[30].

Avec un tel arrière-plan religieux imprégnant toute la culture américaine, est-il alors surprenant de trouver de semblables éléments présents dans la conduite et dans la direction de la politique étrangère américaine ? Cet aspect religieux des affaires explique aussi en partie l’absence d’une véritable opposition des Églises américaines[31] aux actions publiques et privées, totalement amorales – mais sans doute authentiques – de votre actuel président[32]. Cela explique également le mépris de la loi, des règles de conduite établies, des traités internationaux solennellement signés et ratifiés, de toute sorte de décence, de la vérité même, mépris si endémique dans les mœurs de l’actuelle administration. Ted Turner, le sacro-saint patron de la CNN, en recevant il y a quelques années un prix prestigieux pour son travail dans les médias, n’a-t-il pas affirmé devant un public ravi : « Aujourd’hui j’ai une bonne nouvelle pour vous tous : Les dix commandements sont abrogés. » Malheur à la nation qui applaudit à un blasphème aussi impie que stupide ! Malheur aux nations du monde qui doivent se soumettre à une telle nation !

C’est l’amoralité de personnages publics ignorant toute différence entre le bien et le mal, comme Ted Turner et William Jefferson Clinton, qui explique fondamentalement le caractère brutal, immoral, vicieusement égoïste de la politique étrangère américaine d’aujourd’hui. Une telle attitude donne à la politique de cette nation, jadis une grande nation mais aujourd’hui bien défigurée[33], son caractère antichrétien. C’est seulement d’un point de vue spirituel, moral et culturel que l’état de cette nation ainsi que la nature de la politique qu’elle mène à l’égard d’autres peuples peuvent être correctement jugés. C’est à ce niveau qu’une comparaison peut être faite, entre ces « hollow men » (hommes creux)[34], ces « hommes sans qualité »[35], ces « hommes du néant »[36], tous hommes de rien (qu’ils sont légion parmi les politiciens de notre veille Europe), et leur prototype si peu original, le führer des Allemands, Adolf Hitler. Nos propres Turner et Clinton ne sont guère meilleurs que les vôtres. Le caractère de néant de ces hommes creux implique que leur vide laisse la porte de leur habitation ouverte aux puissances du mal. Et la politique issue d’un tel néant ne peut que semer violence, mensonge, mort et chaos. Que Dieu ait miséricorde de nous tous !

Nazisme ou communisme ? Le faux débat qui occulte un monde athée

Au cours d’une bonne partie du siècle écoulé, et tout particulièrement depuis la seconde guerre mondiale, de multiples débats ont contrasté, opposé ou identifié nazisme et communisme comme des aspects incontournables du totalitarisme contemporain[37]. Ces discussions, en se limitant aux seuls totalitarismes violents, nazisme et communisme, ont souvent apporté plus de confusion que de clarté. Ce débat, souvent fastidieux, est conduit comme si ces tumeurs sociales et politiques malignes étaient apparues par hasard dans notre civilisation et n’avaient en fait aucun rapport organique avec le pluralisme, agnostique ou athée, de la démocratie occidentale qui a présidé à leur naissance.
Un ouvrage récent de l’historien canadien James Bacque nous aide à acquérir une compréhension plus équilibrée de l’histoire du XXᵉ siècle. Dans son livre Crimes and Mercies ainsi que dans son ouvrage précédent Other Losses[38], James Bacque décrit comment les vainqueurs occidentaux de la seconde guerre mondiale se sont montrés incapables de résister à la contamination des mœurs totalitaires de leurs ennemis nazis et fascistes, comme d’ailleurs de celle de leur allié soviétique. De telles pratiques n’étaient guère surprenantes venant de la part des soviétiques qui étaient depuis longtemps des experts en cette matière. Ce qui est bien plus intéressant (et plus effrayant), c’est la lumière jetée par le travail de Bacque sur l’histoire du comportement tout aussi totalitaire (une histoire aujourd’hui encore occultée) des vainqueurs occidentaux de la guerre : les États-Unis, la Grande Bretagne, la France et le Canada. Bacque décrit comment les crimes de guerre des nazis ont tout d’abord trouvé une prolongation systématique dans la façon dont les alliés ont traité les prisonniers de guerre allemands, ceci en dépit de toutes les clauses des conventions internationales dont le respect aurait dû assurer leur protection. Puis Bacque expose la manière inimaginable dont la population civile allemande a elle-même été traitée par des vainqueurs dont rien ne semblait retenir la brutalité.

Le résultat ? L’extermination de plus de 900’000 prisonniers de guerre allemands par des mesures de privation systématique de toute nourriture et d’hygiène dans des camps dont l’aménagement se limitait souvent aux simples barbelés qui les entouraient. Ils étaient parfois pires que, mais à peine différents, de ceux de Dachau, Birkenau et Auschwitz. Les Français et les Américains ont poursuivi ainsi une politique particulièrement déterminée de vengeance à outrance. En plus, pour la population civile, l’application délibérée de méthodes de privation de nourriture, ici totales, ailleurs partielles, a provoqué, entre 1944 et 1950 la mort parfaitement inutile et gratuite de plus de 7’000’000 de civils allemands. Ces rigueurs vengeresses semblent avoir été le fruit empoisonné du plan Morgenthau qui fut officiellement adopté par Roosevelt et Churchill, puis publiquement rejeté, pour finalement être appliqué en partie et dans le plus grand secret par le commandant suprême des forces alliées occupant l’Allemagne de l’Ouest, le général Dwight Eisenhower[39].

En fait, la totalité du territoire allemand fut pour plus de cinq ans transformé par les puissances d’occupation en quelque chose comme un immense camp d’occupation militaire largement retranché du monde extérieur. Le nettoyage ethnique de tous les Allemands de la Prusse orientale (attribuée à la Pologne en compensation de la perte définitive de ses territoires orientaux accaparés par l’Union soviétique) et du Sudetenland (rendu à la Tchécoslovaquie) a provoqué l’émigration forcée de quelque 15’000’000 de civils allemands. Et cela en dépit des efforts désespérés d’hommes comme Herbert Hoover et Victor Gollancz, qui ne voyaient aucun sens dans cet assouvissement d’une vengeance horrible perpétrée par les alliés sur une population allemande totalement à la merci des puissances conquérantes[40].

Une différence capitale entre les atrocités commises par les Occidentaux et celles perpétrées par les communistes et les nazis réside dans l’hypocrisie dont se couvrait la brutalité des alliés. Dans son étude magistrale sur la nature de la politique moderne intitulée La tête coupée, Aaron Upinsky montre que le modèle des politiciens modernes n’est pas Machiavel ou Robespierre, ou même Lénine, mais Tartufe[41]. Car, comme le fameux hypocrite professionnel de Molière, le politicien moderne dissimule sous un masque sa conduite brutale, amorale et totalement égoïste des affaires publiques ; mais il ne s’agit plus ici du masque de pureté et de piété chrétiennes, comme cela était le cas pour Tartufe et ses émules, mais c’est sous le couvert du souci humanitaire apparemment le plus généreux qu’aujourd’hui s’accomplissent les pires exactions[42]. Cet usage fort avisé d’un masque d’hypocrisie humanitaire pour couvrir une politique parfaitement crapuleuse a encore une fois pu être constaté lors de la mise en scène médiatique de bons sentiments couvrant la récente agression brutale de l’OTAN dans les Balkans. La politique de La case de l’oncle Tom est devenue universelle[43].

Ces considérations nous amènent à réexaminer la réaction que nous devons préconiser par rapport au phénomène totalitaire moderne. Nous ne pouvons pas simplement dresser un cordon sanitaire moral autour de nations que, dans notre propre justice, nous jugeons comme intrinsèquement perverses comme l’Allemagne, la Russie, la Chine ou le Japon. Ce phénomène totalitaire doit être vu comme propre au développement de la civilisation moderne elle-même, du moins depuis son avènement au XVIIIe siècle, siècle des « Lumières » sans Dieu, au cours duquel elle prit sa forme définitive. C’est alors que les traits fondamentaux de notre monde post-moderne apostat, avec sa tendance innée au totalitarisme et à la terreur publique, se fixèrent. Car le refus de la transcendance divine et de la stabilité de l’ordre créé qui en découle, point central des Lumières, mène ou bien à la domination par un seul, unité et totalité étant concentrées dans l’État, ou alors à l’absolutisme du grand nombre qui n’est rien de moins que le pluralisme démocratique menant à l’anarchie sociale[44]. Dans cette perspective la Révolution française, le communisme et le nazisme sont alors perçus comme les pointes d’un iceberg dont la masse est constituée par le mouvement inexorable d’une civilisation ayant tourné le dos à Dieu pour se précipiter, de plus en plus rapidement, vers un ordre social totalement monolithique et immanent.

Une telle perspective nous amène à réviser notre jugement sur le libéralisme pluraliste de la République de Weimar et sur l’Allemagne nazie elle-même qui en fut le fruit. Loin d’être une exception aberrante à la modernité, ces tumeurs cancéreuses en représentent la norme exacerbée. Seulement le modèle que représentait ces totalitarismes se trouvait être en avance sur son temps, temps qui, sous une forme atténuée, était déjà en partie animé du même esprit antichrétien. En fait, les nations qui succombèrent au cancer totalitaire étaient bien trop « modernes » pour que leur exemple soit aisément adopté par le reste d’un Occident encore trop attaché aux restes d’une civilisation chrétienne sur son déclin. Car un bref regard sur l’Allemagne de la première moitié du XXᵉ siècle nous permet de comprendre la modernité extrême de cette nation. Cette tunique allemande, annonciatrice inique de voies que la modernité tout entière allait suivre, a été revêtue maintenant par cette nation qui se vante d’être la plus progressiste du monde, je veux dire les États-Unis d’Amérique.

Laissez-moi brièvement considérer combien la modernité totalitaire de l’Allemagne nazie a été l’annonce prophétique de ce qu’Alexandre Zinoviev, philosophe expatrié russe (récemment retourné en Russie), appelle « L’Ouest totalitaire »[45] :

  • le culte de la science[46];
  • le culte de la technologie[47];
  • l’engouement pour l’évolutionnisme biologique et social[48];
  • l’engouement pour les sciences occultes et la mort[49];
  • le naturalisme panthéiste écologique[50];
  • l’avortement, l’eugénisme, l’euthanasie, le rabaissement de la vie humaine au niveau de celle des animaux (ou même plus bas)[51];
  • le développement extraordinaire de la propagande, la désinformation, l’engouement du public pour le mensonge[52];
  • la quasi totale sécularisation de la foi chrétienne ; la destruction de la foi en la Transcendance par une exégèse critique rationnelle ;
  • la fascination pour la puissance et la violence ;
  • le culte de la jeunesse ;
  • l’obsession de l’homosexualité[53];
  • un ordre légal totalement immanent ;, etc.

Il est clair que beaucoup de ces éléments se retrouvent, souvent sous une forme différente, dans les sociétés occidentales d’aujourd’hui. Nous voyons non seulement dans tout notre Occident un culte très semblable de « la vie », ce vitalisme qui se justifie lui-même et qui a été si précieux aux nazis avec son exaltation de la nature aux dépens de l’homme, mais nous y trouvons également répandu une immanence généralisée, excluant la Transcendance divine de toutes les réalités politiques, sociales et culturelles. Ce refus de Dieu, cet athéisme démocratique et pratique, partout répandu, conduit à la perte du sens de l’universel et par conséquent à la disparition du discernement, de la lucidité intellectuelle. Cette confusion croissante quant à la réalité des formes substantielles créées, entraîne des conséquences dramatiques : l’incapacité de distinguer entre féminité et féminisme, entre sexualité humaine et comportement bestial et homosexuel, entre animaux et hommes, entre Dieu et l’humanité. Cette culture sans Dieu mène au chaos et à la mort.

Le philosophe italien Augusto Del Noce attire notre attention sur cette déchristianisation progressive de la civilisation occidentale. Cette sécularisation affecte non seulement la philosophie et la science modernes (desquelles toute sorte de transcendance est méthodiquement bannie), mais influence également la société à travers la technologie et la politique, domaines qui, dans le monde moderne, sont coupés d’une finalité et d’une signification transcendantes. Del Noce note que l’Occident (qu’il nomme la sphère de l’« opulence occidentale ») a, au cours du siècle passé, vaincu ses deux rivaux totalitaires, le nazisme et le communisme, comme « systèmes religieux » mais non comme systèmes d’un athéisme organisé. En effet, d’après Del Noce, la victoire de l’Occident sur ses rivaux totalitaires a conduit à un renforcement radical de son orientation athée inhérente. Cela peut s’observer dans l’irrésistible progression du matérialisme si endémique à cette « opulence occidentale » qui est devenue l’aspiration irrésistible du monde entier[54].

Les Églises elles-mêmes ont renforcé les tendances fondamentalement athées de la civilisation occidentale par leur rejet de la divine inspiration de la Parole de Dieu, par leur exclusion de la révélation générale de Dieu, de leur considération du sens de la création (le rejet de la « philosophie de la nature »)[55], par leur acceptation de différentes formes de dynamisme dialectique en théologie (ce qu’on appelle « process theology »)[56], en mettant à la première place l’expérience humaine subjective (et non Dieu, la Parole de Dieu et l’ordre de la réalité créée), en cautionnant l’hédonisme matérialiste flagrant de leurs membres (et la liste pourrait être allongée). C’est ce refus de toute véritable transcendance, de tout enracinement ontologique de la pensée et de l’action humaines dans la foi en le Dieu transcendant, Père, Fils et Saint-Esprit, Auteur et Gardien de sa création, qui est à la racine de notre totalitarisme moderne.

La confusion utopique entre ciel et terre et sa confusion concomitante entre État et Église sont un des traits caractéristiques, fondamentaux d’un tel totalitarisme[57]. En effet, la base de tout esprit totalitaire est l’abandon de la distinction entre le temporel et le spirituel. Cette distinction essentielle se manifeste, dans la tradition politique chrétienne, par la différenciation entre le glaive matériel, c’est-à-dire nos lois pénales, appliquées par l’État lorsqu’il accomplit le mandat qui lui a été conféré par Dieu, et celui de l’Esprit[58]. Car c’est au glaive de l’Esprit qu’incombe la définition de la justice et de la vérité, selon cette Loi universellement normative contenue dans la Parole de Dieu, prérogative exclusive d’une Église dont l’enseignement demeure fidèle. Dans le passé, cette confusion provenait ou bien de la domination du spirituel sur le temporel (Césaropapisme) ou alors de celle du temporel sur le spirituel (Érastianisme sous toutes ses formes). Mais notre époque a découvert une manière beaucoup plus efficace de paralyser le glaive spirituel : effacer toute présence du spirituel dans la société. C’est la destruction par l’intérieur de cet instrument, l’Église, auquel Dieu a conféré le pouvoir de définir la vérité en s’appuyant sur la seule Parole de Dieu. Cette vérité divine concernant l’ordre terrestre se manifeste dans la Loi transcendante de Dieu, référence immuable permettant aux hommes de discerner clairement la différence entre le bien et le mal, entre la justice et l’injustice, entre la vérité et le mensonge ; en d’autres termes, de définir correctement ce qu’est le bien commun, but du gouvernement des hommes.

La méthode infaillible pour obtenir une déchristianisation radicale de la société n’est autre que la séduction et la pénétration de l’Église par cet esprit de mensonge, d’erreur et d’injustice (l’esprit du monde), que la prédication de la vérité confiée à ses docteurs était censée dissiper. De cette manière est détruite de l’intérieur la capacité de l’Église d’assumer pleinement sa vocation d’être la lumière d’un monde enfoncé dans les ténèbres et le sel d’une terre en voie de décomposition. Aujourd’hui l’Église, par sa trahison de son Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, a, dans une large mesure, cessé d’être ce repère de vérité, de charité et de justice, cette lumière divine et ce sel. Le sel que devrait être l’Église pour le monde ayant perdu sa saveur, « n’est bon à rien, [si ce n’est] qu’à être jeté dehors pour être foulé aux pieds des gens » (Matt. 5:13). C’est, en fin de compte, cette insignifiance d’une Église spirituellement et temporellement inopérante, qui est la cause fondamentale de notre infortune actuelle.

Conclusion sous forme d’une digression théologique

Comment juger alors de la situation actuelle de notre Occident devenu démocratiquement totalitaire ? Dans le célèbre deuxième chapitre d’une de ses lettres pastorales, la deuxième épître adressée aux Thessaloniciens, l’apôtre Paul pose cette même question en cherchant à décrire l’avènement final de l’Antéchrist. Je ne chercherai pas ici à entrer dans le dédale des spéculations eschatologiques, mais j’aimerais simplement attirer votre attention sur certains points relevés par l’apôtre qui, je l’espère, nous aideront à mieux comprendre la nature de notre dilemme actuel.

Paul, dans ce célèbre texte, attribue l’avènement de l’Antéchrist (qu’il appelle l’anomos, l’homme sans loi) à deux facteurs. Le premier vient du nom même de l’ennemi final de Dieu : il est l’homme sans loi, le « sans loi ». Il représente un antinomisme fondamental, un rejet de la Loi de Dieu se manifestant partout dans la société. Son système antinomique comporte cependant certaines règles car aucune société ne peut exister sans loi. Mais les « lois » de cet État antinomien seront en constante contradiction avec les exigences spécifiques, morales et sociales de la Thora, les commandements que Dieu a révélé à Israël dans les cinq livres de Moïse. Prenons ici quelques exemples de cette législation aberrante :

  • a légalisation de l’avortement et de l’euthanasie ;
  • la légitimation de prétendus « mariages » entre homosexuels ;
  • la disparition de plus en plus répandue du respect de la vérité dans la vie politique et dans les médias ;
  • le mépris de toute sorte d’obligations légales contraignantes ;
  • la dissolution presque à volonté du mariage par l’institution du divorce par consentement mutuel et l’institution de toutes sortes de satisfactions « sexuelles » comme norme sociale ;
  • la création de masses énormes d’argent purement fictif par les instituts bancaires nationaux ;
  • la corruption généralisée dans nos sociétés ;
  • l’amour de l’argent et de la richesse comme mesure finale de l’activité humaine ;
  • l’encouragement à s’endetter, à l’encontre d’un esprit économe.

La liste pourrait encore être longue. Un tel antinomisme, endémique déjà dans toutes nos sociétés occidentales, est encouragé et recommandé par tous nos gouvernements démocratiques qui n’ont, pour la plupart, plus guère de souvenir des exigences publiques de la Loi de Dieu[59].

Dans cette description des conditions qui doivent précéder l’avènement de l’Antéchrist, l’autre élément sur lequel Paul attire notre attention est ce qu’il appelle l’« apostasie ». Littéralement, apostasie signifie le changement d’une position, ici le changement de position par rapport à la Foi donnée une fois pour toutes au peuple de Dieu telle qu’elle est exprimée dans les mots mêmes de l’Écriture sainte. C’est le fondement apostolique de la Foi contenu dans l’enseignement des apôtres dont il est question ici. L’apostasie, c’est l’abandon de la Foi catholique, apostolique, orthodoxe et biblique. Une telle apostasie générale peut, de nos jours, être observée communément partout dans notre Occident autrefois chrétien. En Europe, les Églises se vident. Ailleurs, les Églises restent pleines, mais le vide spirituel envahit trop souvent l’esprit et la vie de ceux qui assistent au culte. Partout, nous voyons l’expérience opposée à la doctrine ; la liberté à la loi ; les sentiments aux commandements de Dieu ; une critique rationaliste subjective à l’autorité objective de la Bible ; des innovations arrogantes s’opposant à l’humble soumission à la Parole de Dieu. Les hommes refusent les responsabilités que Dieu a confiées à leur sexe et les femmes s’élèvent elles-mêmes de manière illégitime à des fonctions d’autorité qui ne leur appartiennent pas. Enfin, partout nous voyons la substitution orgueilleuse d’illusions, de rêves, de prédictions fumeuses et de visions farfelues, à la Parole inspirée et infaillible de Dieu.

Paul affirme qu’un obstacle freinera pour un certain temps l’avènement de cet homme de péché. Le texte ne définit pas explicitement la nature de cet obstacle, mais il est assez aisé de déterminer ses traits caractéristiques d’après les deux attributs de l’Antéchrist tels que définis ci-dessus : antinomisme et apostasie. L’application publique de la Loi de Dieu dans la vie de la cité est l’affaire du magistrat. L’exercice public de la piété est l’affaire de l’Église. En fait, notre texte nous dit que le temps sera mûr pour l’avènement de l’Antéchrist lorsque l’État se sera radicalement séparé de la justice, c’est-à-dire de l’application de la Loi de Dieu aux maux de la société, et lorsque l’Église aura oublié toute piété orthodoxe, dans sa vie comme dans le culte public qu’elle rend à Dieu. Ce sera le cas lorsque l’État sera devenu complètement antinomien et l’Église uniformément apostate. Lorsque ces deux facteurs apparaîtront combinés, le temps sera venu pour lire ce qui est écrit sur le mur ! L’État légitime aura alors été remplacé par la Bête satanique, et l’Église, l’épouse du Christ, sera devenue une prostituée. L’alliance maléfique de ces institutions divines au comportement devenu insensé s’élèvera alors contre tous ceux qui tiendront encore à la vraie piété et qui craignent toujours d’enfreindre la sainte Loi de Dieu. Car la foi véritable, dans la Bible, signifie toujours deux choses inséparablement liées : croire en notre Seigneur Jésus-Christ (une piété authentique) et obéir aux commandements de Dieu (une vie morale authentique).

Dans un passage parallèle et très éclairant des Saintes Écritures (Apocalypse XIII), l’apôtre Jean nous indique le véritable caractère de cette Bête. L’apôtre Paul, au chapitre XIII de l’épître aux Romains, avait montré la nature de toute autorité légitime. Tout vrai pouvoir, dit-il, vient de Dieu et exige de nous l’obéissance, ceci pour autant que ce pouvoir ne nous contraigne pas à enfreindre la Loi de Dieu. Mais dans le chapitre XIII de l’Apocalypse, nous avons à faire à quelque chose de complètement différent. Nous nous trouvons là en présence de trois animaux étranges : un Dragon, une Bête émergeant de la mer ainsi qu’une seconde Bête, semblable à la première, mais sortant de la terre. Nous savons que le Dragon représente le diable en personne. La première Bête, nous dit le texte, tient son pouvoir non pas de Dieu (comme le fait tout magistrat légitime) mais du Dragon. La deuxième Bête exerce le pouvoir de la première Bête en sa présence. Contrairement à la structure spirituelle normale du pouvoir qui a deux degrés (Dieu et l’autorité à laquelle il délègue son pouvoir), nous nous trouvons ici devant une structure politique à trois degrés : le Dragon, la première Bête qui tient son pouvoir du Dragon, et la deuxième Bête qui agit sous l’autorité de la première et en sa présence. Ainsi, ces trois puissances agissent simultanément.

Dans toute l’Écriture, l’image de la Bête sert à décrire des grands empires qui, dans leur prétention au pouvoir absolu, placent leur autorité souveraine au-dessus de celle de Dieu lui-même. Ce sont des systèmes politiques à prétention totalitaire. Ils ont en fait peu de chose en commun avec la structure normale de l’autorité. Pour prendre un exemple, il est intéressant de constater que les structures normales du pouvoir de l’État, avec ses limites, ses contrôles et les règles de l’exercice traditionnel de la justice, étaient considérées par Hitler comme autant d’obstacles « moraux » à l’exercice d’une puissance sans limites par le parti et son Führer. La Volonté générale de Rousseau, dans son caractère d’autorité parfaite et infaillible, se trouve elle aussi placée au-dessus des institutions de la société (nécessairement imparfaites et faillibles) telles que Dieu nous les a données. Dans le système communiste, les institutions visibles fondées sur la constitution officielle n’exercent en fait qu’un semblant de pouvoir. Le véritable pouvoir, dans une telle société, appartient aux organes du parti qui agissent secrètement depuis l’intérieur des institutions légales. C’est ainsi, au moyen de ce qu’on appelle leur noyau dirigeant, constitué d’hommes totalement asservis au parti auprès duquel ils prennent tous leurs ordres, que ces institutions publiques agissent véritablement[60]. La Bête biblique symbolise cette structure d’un pouvoir contre-nature. Les empires anciens de l’Égypte, de l’Assyrie, de Babylone, de Mèdes et des Perses, d’Alexandre le Grand et, enfin, de l’Empire Romain, tous de manières diverses, se rangent dans cette catégorie. Il en est de même, à des degrés divers, pour les tentatives modernes de domination du monde, allant de la rivalité entre la Papauté et l’Empire au Moyen Age, aux empires des Habsburg, des Bourbons, de Napoléon, des Britanniques, des Allemands, des Russes et aujourd’hui, last but not least, des Américains.

La structure à trois degrés du pouvoir de la Bête nous montre que le pouvoir du Dragon (le diable) est conféré à la première Bête et que c’est une deuxième Bête qui exerce le pouvoir de la première publiquement au nom de ses deux compères. Nous nous trouvons ici manifestement devant le tableau symbolique de cette structure particulière du pouvoir qui a largement dominé l’Occident, au moins depuis la Révolution française. La façade que l’on présente au public c’est la Démocratie. La réalité politique (comme dans le communisme), c’est le contrôle caché du pouvoir, direction occulte exercée par une oligarchie invisible, composée de diverses sociétés secrètes. Parmi ces sources cachées du pouvoir, il faut mentionner les Rosicruciens du XVIIᵉ siècle, les différentes sectes de francs-maçons, dont les Illuminés de Bavière, au XVIIIᵉ, diverses loges dont, en Italie, les Carbonari au XIXᵉ, et au XXᵉ siècle, la Table ronde et la Société Fabienne britanniques et les Council of Foreign Relations, Bilderberg, Trilatérale et autres excroissances américaines de sociétés secrètes plus anciennes, et ainsi de suite. Sans vouloir dresser un panorama de cette face cachée du pouvoir (un projet difficile et sans grand intérêt), il nous faut constater que sous les belles façades des constitutions démocratiques, la politique des nations de notre Occident fut, ces derniers siècles, effectivement menée par des influences bien différentes. Le pouvoir visible – la deuxième Bête – peut bien agir sur le devant de la scène, ce sont d’autres forces qui, en réalité, tirent les ficelles. Derrière elles se trouve celui que la Bible nomme le Maître de ce monde, le diable, auquel l’Apocalypse donne le nom de Dragon. Au-dessus de tout cela Dieu règne en Roi des rois et en Souverain absolu des destinées des nations de cette terre. Car c’est de lui que dépend en fin de compte tout ce qui se passe ici-bas. Même le Dragon et les Bêtes sont dans sa main[61].

Il devient chaque jour plus évident que le pouvoir réel dominant au XXᵉ siècle ne fut ni celui des empires britanniques ou français, ni celui de l’Allemagne ou de la Russie (quelles que fussent leurs aspirations au pouvoir universel), ni celui de la future Union européenne, jusqu’à présent incapable d’une quelconque politique cohérente et indépendante. Actuellement, le seul vrai pouvoir dans le monde, pouvoir qui a constamment grandi en capacité et en ambition, est celui des États-Unis d’Amérique. Il est aussi suffisamment clair que le contrôle de cette nation a été usurpé par une clique oligarchique (le régime, comme une connaissance américaine appelle votre gouvernement, ou encore comme le nomme Caroll Quigley, l’Establishment), cela du moins depuis la fondation du Federal Reserve System en 1913[62]. La distinction entre le pays réel et ce que représente ceux qui l’occupent est évidente pour celui qui a des yeux pour voir. La croissance de cette concentration monstrueuse de pouvoir entre les mains d’une oligarchie internationale s’est avérée irrésistible au cours du dernier siècle.

Avec la Conférence de Davos semi-publique (créée en 1978) et avec les discours du Président Bush en faveur d’un Nouvel Ordre Mondial et la Guerre du Golfe qui l’entérina, ces hommes ont commencé à sortir du placard. Il est maintenant de notoriété publique que de telles organisations secrètes sont la véritable source de pouvoir de nos institutions publiques visibles[63]. Des membres de ces organisations les ayant quittées, et parlé de leurs expériences dans ces milieux, ils témoignent qu’au cœur de certaines de ces sectes abominables, le diable s’exprime en personne et communique à ses adeptes son pouvoir et ses plans. Ce sont ces citadelles de Satan, ces assemblées diaboliques dont parle l’apôtre Jean au livre de l’Apocalypse (chapitre 2, versets 9 et 13). Les ruses du prince de ce monde ont fini par être repérées. Mais une chose est également évidente : toute tentative de milieux conservateurs chrétiens de résister à la montée de cette puissance totalitaire s’est avérée vaine et s’est terminée par l’échec complet de tous ceux qui cherchaient à s’y opposer. Pourquoi ? Que devons-nous faire pour résister (et vaincre !) à un tel système, celui d’un pouvoir aussi illimité qu’incontrôlable ?

La raison évidente de notre impuissance à arrêter cette machine totalitaire est notre manque de réel pouvoir. La politique n’est rien si elle n’est une lutte pour le pouvoir. Car, à la base, elle est toujours une confrontation d’un pouvoir dressé contre un autre. Dans le long terme, la plus grande puissance sera toujours victorieuse. Nous savons que notre Seigneur Jésus-Christ a, sur la croix, vaincu toutes les puissances de l’enfer. Nous savons également que tout pouvoir dans le ciel et sur la terre lui a été donné par son Père céleste. Et nous savons encore que l’Église fidèle a reçu en dépôt la garde et l’exercice terrestre de ce pouvoir divin, et qu’elle possède, par l’enseignement fidèle de la Parole de Dieu, l’autorité de lier et de délier. Celui qui tient dans sa main tout pouvoir dans le ciel et sur la terre, a promis que les portes mêmes de l’enfer ne prévaudraient pas contre l’autorité divine de l’Église. Il est aussi dit que le pouvoir qui habite dans chaque chrétien à titre d’individu – il s’agit du pouvoir de notre Seigneur Jésus-Christ lui-même – est plus grand que celui qui demeure dans le monde – le Dragon –, et que si les chrétiens se tournent vers Dieu et qu’ils résistent au diable, ce dernier sera forcé de fuir devant la présence de leur foi agissante.

Alors, pourquoi une telle défaite, un tel désarroi dans nos rangs, une faiblesse si lamentable ? Ne serait-ce pas que le pouvoir que Dieu nous a confié aurait été annulé par l’effet de nos compromis spirituels, doctrinaux, moraux et politiques ? Une telle déconfiture dans les rangs de l’armée du Roi des rois ne proviendrait-elle pas du fait que Dieu s’en serait-il même retiré parce que nous l’avons si largement renié ? Ne serait-ce pas parce que nous avons en effet passé à l’ennemi – malgré nos prétentions de fidélité –, que nous avons pactisé avec lui, que nous sommes devenus si bien son ami que nous n’avons plus même le désir de le combattre ?

Tournons-nous à nouveau vers Dieu, revenons à la foi toute simple en son Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, foi conforme au témoignage limpide et fiable des Évangiles, à une foi persévérante qui consiste en une obéissance aux commandements de la Parole inspirée de Dieu, et ceci dans tous les aspects de notre pensée, de nos actions et de nos sentiments, dans notre vie privée comme dans nos obligations publiques. Battons-nous pour purifier nos Églises de tout ce qui y déshonore le saint Nom de notre Dieu ; sortons des chaires et des administrations religieuses ceux qui s’y sont incrustés dans des positions d’un pouvoir intéressé. Nous verrons alors qu’en mettant le Dieu de l’Alliance éternelle à l’épreuve, nous trouverons rétablie parmi nous, non pas notre propre pouvoir – Dieu nous en garde ! – mais l’irrésistible puissance de Dieu lui-même. Ce rétablissement parmi nous du Dieu tout-puissant dans sa position d’Autorité souveraine aura pour effet aussi de restaurer nos institutions légitimes et l’exercice juste de leur autorité véritable. Le pouvoir du bien parmi les nations retrouvera son caractère irrésistible, car la restauration de l’Église de Dieu dans nos pays exercera son influence bienfaisante sur tous les aspects de la vie de nos sociétés ; et même dans les domaines politique et militaire, nous verrons que les forces du mal qui, depuis bien trop longtemps, ont occupé de façon tout à fait illégitime des postes de commandement dans nos nations, seront contraintes de fuir devant la Parole du Dieu tout-puissant, mise en pratique par l’obéissance de son peuple fidèle.

Puisse le Dieu tout-puissant, le Dieu des batailles que nous avons l’honneur et le grand privilège de servir, avoir pitié de nous tous et accomplir en nous et par nous cette œuvre puissante pour son éternel louange et sa seule gloire.

Amen

Jean-Marc Berthoud

[1]      Une partie de cette étude fut donnée le jeudi 2 mars 2000 en conférence au Rockford Institute à Rockford dans l’Illinois, puis publiée, sous forme éditée, dans la revue Chronicles of Culture de juillet 2000. Le texte a été traduit de l’anglais par Mme Irmela Franzé. Il fut terminé à Lausanne le 24 février 2000. Il s’agit d’un chapitre du prochain ouvrage de Jean-Marc Berthoud qui à paraître, Dieu voulant, aux Éditions L’Âge d’Homme intitulé Politique, Nations et Foi chrétienne. Voyez également : Jean-Marc Berthoud, Voyage en Amérique, AVPC.

[2]      Anatoliy Golitzyn, New Lies for Old, Dodd, Mead and Company, New York, 1983 ; The Perestroika Deception, Edward Harle, Londres, 1995.

[3]      Report from Iron Mountain on the Possibility and Desirabilty of Peace, The Dial Press, New York, 1967.

[4]      Pascal Bernardin, L’Empire écologique, ou la subversion de l’écologie par le mondialisme, Notre-Dame des Grâces, (B. P. 19, F-06340 Drap, France), 1998. Voir aussi son excellent livre décrivant la mutation de la politique de l’éducation en Occident passant de l’instruction des enfants à leur manipulation psychologique : Machiavel pédagogue ou le ministère de la réforme psychologique, Notre-Dame des Grâces, Drap, 1995.

[5]      Jean-Pierre Le Goff, Mai 68, l’héritage impossible, La Découverte, Paris, 1998.

[6]      Whittaker Chambers, Witness, Regnery Gateway, Washington, 1987 (1952) ; Sam Tannenhaus, Whittaker Chambers, Random House, New York, 1997. Il est utile de rappeler que Whittaker Chambers, ancien agent du N.K.V.D. en Amérique, avait révélé, lors d’interrogatoires devant une commission du Congrès après la Guerre, que le diplomate bien connu Alger Hiss – un des fondateurs à San Francisco de l’Organisation des Nations Unies et proche collaborateur du président Roosevelt – avait joué un rôle décisif dans la pénétration par des espions soviétiques de l’administration américaine, ceci jusqu’au plus haut niveau de l’État. Le témoignage de Whittaker Chambers joua un rôle capital dans la condamnation de Hiss. Son ouvrage autobiographique Witness est un classique de la langue anglaise à mettre au côté de l’Archipel du Goulag de Soljénitsyne.

[7]      Sur la question du développement extraordinaire et du raffinement des méthodes américaines de désinformation, je recommande vivement la lecture des livres de Vladimir Volkoff intitulés : Petite histoire de la désinformation, Éditions du Rocher, Monaco, 1999 et Désinformation, flagrant délit, Éditions du Rocher, 1999.

[8]      Au sujet de l’extraordinaire domination intellectuelle et culturelle de l’Amérique par une minorité juive hautement structurée, très active et particulièrement bien organisée, voir le récent ouvrage particulièrement éclairant de Kevin MacDonald, The Culture of Critique, An Evolutionary Analysis of Jewish Involvement in Twentieth-Century Intellectual and Political Movements, Praeger (un éditeur juif), Westpoint (Connecticut), 1998 ; ainsi que l’étude classique (devenue quasiment introuvable !) d’Alfred M. Lilienthal, The Zionist Connection II. What Price Peace ?, Veritas (P.O. Box 29, Bullsbrook, Western Australia, 6084), 1983, consacrée à l’action des groupes de pression juifs aux États-Unis et leurs méthodes peu reluisantes.

[9]      Voir Jean-Marc Berthoud, L’étalon or et le nouvel ordre des siècles, Documentation chrétienne, mars 1997.

[10]    Voir Philippe Braillard, Tragédie et Mascarade, Autopsie de la crise des fonds juifs et de l’or nazi, Georg, Genève, 1999. C’est le meilleur livre écrit sur cette crise. Sur l’histoire véritable de la Suisse pendant la deuxième guerre mondiale voyez : Jean-Christian Lambelet, Le mobbing d’un petit pays, L’Âge d’Homme, Lausanne, 1999 ; Stephen Halbrook, La Suisse encerclée. La neutralité armée suisse durant la Deuxième Guerre mondiale, Éditions Slatkine, Genève, 2000. Une analyse critique dévastatrice de ce qu’on est venu à appeler « l’industrie de l’Holocauste » est celle de l’écrivain universitaire juif Norman G. Finkelstein, The Holocaust Industry. Reflexions on the Exploitation of Jewish Suffering, Verso, London et New York, 2000. Cet ouvrage salubre a reçu l’appui sans réserves de l’éminent historien juif de l’Holocauste, Raul Hilberg. Voyez l’étude consacrée à la prévarication d’un gauchiste suisse incorrigible, Jean Ziegler : Félix Auer, Jean Ziegler ou l’histoire falsifiée, L’Âge d’Homme, Lausanne, 1998.

[11]    Voir le récit émouvant des grandes difficultés qu’ont rencontrées nombre de juifs survivants de l’extermination nazie lorsqu’ils se réfugièrent en Israël, cela aussi bien avant qu’après la deuxième guerre mondiale : Tom Segev, Le septième million. Les Israéliens et le Génocide, Liana Lévi, Paris 1993.

[12]    Voir les études suivantes : The Kosovo Dossier (1999) et Kosovo under Nato. Anatomy of an Unjust War (2000), The Lord Byron Foundation for Balkan Studies (2400 Whiskey Road, PMB 175, Aiken South Carolina 29803, USA).

[13]    Bernard Wicht, L’OTAN attaque ! La nouvelle donne stratégique, Georg, Genève, 1999.

[14]    La pression internationale exercée sur les élections présidentielles et législatives yougoslaves de septembre 2000 montre bien que ce qui s’est passé pour l’Autriche n’est guère un accident. Non seulement la flotte de l’OTAN s’est mise en manœuvres dans l’Adriatique mais les États-Unis et l’Union Européenne ont également promis la levée des sanctions contre la Yougoslavie si le candidat opposé à Milosevic était élu. Plus encore, un nombre étonnant d’observateurs officiels à l’étranger annonçaient la victoire le l’« opposition » avant la fin du dépouillement des urnes ! On peut comprendre les remarques agacées du président Poutine citées par 24 Heures (28.9.2000) : « Le fait est que le président Vladimir Poutine se dit agacé par l’agitation de certaines chancelleries européennes et les bruits de bottes de l’OTAN. « La Russie insiste fermement pour que la population de la Yougoslavie puisse exprimer sa volonté sans aucune pression, qu’elle soit intérieure ou extérieure », a-t-il fait dire à son ministre des Affaires étrangères Igor Ivanov. »

[15]    Cette appréciation, rédigée en mars 2000, se vérifie parfaitement dans les événements du Proche Orient d’octobre de la même année.

[16]    Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier. L’Amérique et le reste du monde, Pluriel, Paris, 1997. Pour Brzezinski et ses amis mondialistes, l’adversaire à abattre n’est autre que l’Orthodoxie. Sur la situation de la Russie après l’élection de Wladimir Poutine à la présidence de ce pays, voyez l’ouvrage très éclairant de Victor Loupan, Le défi russe, Éditions des Syrtes, Paris, 2000.

[17]    Voir particulièrement Alexandre Del Valle, Islamisme et États-Unis. Une alliance contre l’Europe, L’Âge d’Homme, Lausanne, 1999 ; Guerre contre l’Europe. Bosnie, Kososvo, Tchétchénie, Syrtes, Paris, 2000 et Paolo Taufer, Guerre en Yougoslavie et Europe chrétienne, Courrier de Rome, Versailles, 1999. D’une importance fondamentale sont les deux volumes d’une analyse géopolitique écrits par l’initiateur de la force de dissuasion nucléaire française, Pierre M. Gallois, Le sang du pétrole, Vol. I, Irak ; Vol. II, Bosnie, L’Age d’Homme, Lausanne, 1996. Pour ce qui concerne le « christianisme » des Croates catholiques, la description historique fortement documentée que donne l’historien italien Marco Aurelio Rivelli, Le génocide occulté. État indépendant de Croatie, 1941-1945, L’Âge d’Homme, 1998, de l’extermination de près de 900’000 Serbes par les Oustachis pendant la Seconde guerre mondiale, donne bien à réfléchir. Il en est de même pour l’ouvrage de l’historien Vasilije Krestic, La grande Croatie par le génocide, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2000.

[18]    Voir Slobodan Despot, « Kosovo : Sous les yeux des occupants occidentaux, un génocide ethnique, religieux et culturel », Journal Franz Weber, Nº 50, Oct./Nov./Déc. 1999. Voyez également la brochure illustrée montrant dans le détail ces destructions, Le Kosovo crucifié. Les Églises Orthodoxes Serbes détruites et profanées au Kosovo et Métohia (juin-octobre 1999), Fraternité Orthodoxe Saint Jean Cassien d’Occitanie, Monastère de l’Archange Michel, F 47230 Lavardac, 1999.

[19]    Voir les nombreuses déclarations explicites sur ces questions traitées par Zbigniew Brzezinski qui semble être un porte-parole autorisé en ce qui concerne les affaires géopolitiques de nos INTERNAZIS, et aussi les excellents articles de Samuel Blumenfeld que l’on peut trouver sur Internet. Voyez le rapport publié sous sa direction, Zbigniew Brzezinski, Lee Hamilton et Richard Lugar, Foreign Policy into the 21st Century : The U.S. Leadership Challenge, The Center for Strategic and International Studies, Washington D. C., 1996. Aussi, Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier. L’Amérique et le reste du monde, Pluriel, Paris, 1997.

[20]    Voir Arnaud-Aaron Upinsky, Le syndrome de l’ortolan. Appel au Président de la République pour qu’il révèle la guerre que nous font les États-Unis et sorte ainsi la France du piège européen, François de Guibert, Paris, 1997. Voir aussi l’article lucide de Philippe Bourcier de Carbon, « Mondialisme et nouvel ordre mondial », France Debout, janvier 2000. Cet article de quatre pages démontre le poids extraordinaire de l’« Establishement » (la classe dirigeante des initiés) anglo-saxon (et particulièrement américain) dans l’histoire du XXᵉ siècle. Il peut être commandé à la Documentation chrétienne, Case postale 468, CH-1001 Lausanne, Suisse.

[21]    Robert A. Pois, La religion de la nature et le national-socialisme, Cerf, Paris, 1993. Voyez également, Laure Guilbert, Danser avec le Troisième Reich. Les danseurs modernes sous le nazisme, Éditions Complexe, Paris, 2000.

[22]    Francis Schaeffer, The Great Evangelical Disaster, in : Complete Works, Volume IV, pp. 305-411. Crossway Books, Westchester, 1984.

[23]    Douglas R. Groothuis, Le Nouvel Age sans masque, Maison de la Bible, Genève, 1991.

[24]    Peter Jones, Spirit Wars. Pagan Revival in Christian America, Main Entry Éditions, Escondido (California), 1997.

[25]    David F. Wells, God in the Wasteland. The Reality of Truth in a World of Fading Dreams, Eerdmans, Grand Rapids, 1994 ; No Place for Truth. Or Whatever Happened to Evangelical Theology ?, Eerdmans, Grand Rapids, 1992 et Losing our Virtue. Why the Church Must Recover Its Moral Vison, Eerdmans, Grand Rapids, 1998.

[26]    Hank Hanegraaff, Counterfeit Revival. Looking for God in all the Wrong Places, Word, Dallas, 1997.

[27]    John F. MacArthur, Spiritualité en crise. Comment discerner le vrai du faux, Maison de la Bible, Genève, 1996 ; Charismatic Chaos, Zondervan, Grand Rapids, 1991 ; Ashamed of the Gospel. When the Church Becomes Like the World, Crossway Books, Wheaton, 1993. Voir également : John H. Armstrong (Éditeur), The Coming Evangelical Crisis, Moody Press, Chicago, 1996.

[28]    Alan Morrison, The Serpent and the Cross. Religious Corruption in an Evil Age, K. & M. Books, Birmingham, 1994.

[29]    Wouter J. Hanegraaff, New Age Religion and Western Culture. Esoterism in the Mirror of Secular Thought, E. J. Brill, Leiden (Pays-Bas), 1996.

[30]    Pour une analyse culturelle de ce phénomène, voir : E. Michael Jones, Degenerate Moderns. Modernity as Rationalised Sexual Misbehaviour, Ingatius Press, San Francisco, 1993 et Dionysios Rising. The Birth of Cultural Revolution out of the Soul of Music, Ignatius Press, 1994.

[31]    Une exception, mais qui semble n’avoir eu guère d’impact, est l’ouvrage collectif édité par Gabriel Fackre, Judgement Day at the White House. A Critical Declaration Exploring Moral Issues and the Political Use of Religion, William B. Eerdmans, Grand Rapids, 1999.

[32]    Le modèle de cette sorte de résistance, qui devrait être étudié attentivement du point de vue évangélique-réformé, est celui dont témoigne le combat spirituel, ecclésiastique et politique de l’œuvre théologique du martyr des Nazis, Dietrich Bonhoeffer. Tout en venant d’un milieu libéral (influence dont il ne s’est jamais entièrement libéré), Bonhoeffer a dans ses écrits constamment progressé dans la direction d’une position théologique et spirituelle que l’on peut à juste titre appeler « classiquement réformée ». L’importance actuelle capitale de son œuvre provient du fait qu’il s’est confronté, il y a plus de soixante ans, aux mêmes tendances immanentes et panthéistes auxquelles nous avons à faire face aujourd’hui. Voir sur cet auteur les études suivantes : Marilynne Robinson, « Dietrich Bonhoeffer », dans : The Death of Adam. Essays on Modern Thought, Houghton Mifflin, Boston, 1998 ; Kenneth Hamilton, Life on One’s Stride. A Short Study of Dietrich Bonhoeffer, Eerdmans, 1968 ; Georg Huntemann, The Other Bonhoeffer. An Evangelical Reassessment of Dietrich Bonhoeffer, Baker Books, Grand Rapids, 1993.

[33]    Thomas Molnar, Le modèle défiguré. L’Amérique de Tocqueville à Carter, P.U.F., Paris, 1978.

[34]    T. S. Eliot, « The Hollow Men », Collected Poems 1909-1935, Faber and Faber, London, 1957.

[35]    Robert Musil, L’homme sans qualités, Seuil, Paris, 1995.

[36]    Max Picard, L’homme du néant, La Baconnière, Neuchâtel, 1946.

[37]    Quelques exemples parmi les meilleurs de ces discussions : François Furet, Le passé d’une illusion, Robert Laffont/Calmann-Lévy, Paris, 1995 ; Alain Besançon, Le malheur du siècle. Sur le communisme, le nazisme et l’unicité de la Shoah, Fayard, Paris, 1998 ; Ernst Nolte, La guerre civile européenne, 1917-1945, Éditions des Syrtes, Paris, 2000.

[38]    James Bacque, Crimes and Mercies. The Fate of German Civilians Under Allied Occupation, 1944-1950, Warner Books, London, 1999. Voir aussi son livre Other Losses. An Investigation into the Mass Deaths of German Prisoners at the Hands of the French and Americans After World War II, Stoddart, Toronto, 1989.

[39]    Voir Robert Welch, The Politician, A look at the political forces that propelled Dwight David Eisenhower into the Presidency, Belmont Publishing, Belmont, 1975 (1963).

[40]    Nous trouvons un précédent américain à une telle sauvagerie militaire exercée sur une population civile dépourvue de toute défense. La tristement célèbre « marche vers la mer » du général Sherman a ravagé une grande partie du Sud conquis par les Yankees du Nord à la fin de la Guerre de Sécession. Le récit qu’en donna Sherman à Bismarck amena le chancelier prussien à écrire dans son journal que jamais n’avait-il auparavant entendu parler d’une pareille brutalité dans la conduite de la guerre. Dans un domaine analogue – celui du rapatriement forcé des ressortissants russes en Europe Occidentale à la fin de la guerre (simple application des accords de Yalta entre Staline, Roosevelt et Churchill) et brutalité sur des civils innocents à laquelle la Suisse participa – voyez l’ouvrage de l’historien juif américain d’origine allemande, Julius Epstein, Operation Keelhaul. The Story of Forced Repatriation, The Devin Adair Company, Old Greenwich, 1973. Voyez également les ouvrages de l’historien britannique d’origine russe, Nicholas Tolstoy. Les victimes de Yalta, France Empire, Paris, 1980.

[41]    Arnaud-Aaron Upinsky, La tête ou la parole coupée, Guibert, Paris, 1991 (Le Bec, 1999).

[42]    Voir les commentaires récents du Cardinal Giacomo Biffi, Archevêque de Bologne, sur le personnage du futur Antéchrist : L’Antéchrist n’est pas, affirmait le cardinal Biffi, la bête à sept têtes comme décrit dans le livre de l’Apocalypse mais une personnalité fascinante dont le charme apparent et l’aspect extérieur aimable tromperont même ses ennemis. Le cardinal Biffi ajouta que l’Antéchrist épouserait la défense du végétarisme, du pacifisme, de l’environnement ainsi que celui du droit des animaux. Il a aussi décrit l’Antéchrist comme étant un excellent connaisseur de la Bible mais qui l’utiliserait pour promouvoir des valeurs spirituelles, vagues et à la mode plutôt qu’une attitude de fidélité véritable envers l’Écriture. Il préconisera le développement du dialogue œcuménique entre l’Église catholique romaine et les autres Églises chrétiennes, y compris les Églises anglicane et orthodoxe. Tout cela a l’apparence de des buts fort louables, mais sera en fait utilisés par l’Antéchrist pour tenter de diluer et de miner le caractère propre du catholicisme jusqu’à ce qu’il atteigne son point de rupture total avec la véritable Foi chrétienne.

[43]    Référence au fameux roman de propagande anti-esclavagiste de Mary Beecher Stowe, La case de l’oncle Tom, qui fit beaucoup pour diaboliser la cause sudiste dans la guerre civile américaine.

[44]    Voir le livre de Rousas John Rushdoony, The One and the Many, Ross House Books, Vallecito (California), 1971.

[45]    Alexandre Zinoviev, La grande rupture, Sociologie d’un monde bouleversé. Où va le nouvel ordre mondial ?, L’Âge d’Homme, Lausanne, 1999. Citons des extraits d’une déclaration récente d’Alexandre Zinoviev : Les théoriciens et les politiciens occidentaux les plus influents, parce qu’ils n’appellent « idéologies » que le communisme, le fascisme et le nazisme, considèrent que nous sommes entrés dans une époque postidéologique. En réalité, la « supra-idéologie » du monde occidental développée au cours des cinquante dernières années est bien plus forte que le communisme ou le national-socialisme. Elle abrutit le citoyen occidental bien davantage que la propagande communiste n’abrutissait jadis le Soviétique moyen. C’est parce que, dans le domaine idéologique, les mécanismes de diffusion importent davantage que l’idée diffusée. Or, la puissance des médias occidentaux est aujourd’hui énorme, et le cinéma, la littérature, la philosophie, tous les moyens d’influence et de diffusion de la culture, vont dans le même sens qu’eux […] Les élites occidentales ne parlent que de pureté, de générosité, de respect de la personne humaine. En fait elles appliquent la règle classique de la propagande : masquer la réalité par le discours, car il suffit d’allumer la télévision, d’aller au cinéma, d’ouvrir les livres à succès, d’écouter la musique la plus diffusée, pour se rendre compte qu’elles propagent en réalité le culte du sexe, de la violence et de l’argent. […] C’est que le développement des mass média permet des manipulations auxquelles ni Hitler ni Staline ne pouvaient rêver. Alexandre Zinoviev, « Après, ce sera la démocratie totalitaire », Le temps stratégique, Genève, juillet-août 2000, p. 43-45. Voyez également de cet auteur, La supra société globale et la Russie, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2000.

[46]    François Lurçat, L’autorité de la science. Neurosciences. Espaces et temps. Chaos, Cerf, 1995.

[47]    Jacques Ellul, La technique ou l’enjeu du siècle, Armand Colin, Paris, 1954 ; Ernest Huant, Masses, morale et machines. La morale devant l’hypertechnie et le conditionnement, Éditions du Cèdre, Paris, 1967 ; Egbert Schuurman, Technology and the Future. A Philosophical Challenge, Wedge Publishing Foundation, Toronto, 1980 ; H. Van Riessen, The Society of the Future, Presbyterian and Reformed, Philadelphia, 1952.

[48]    R. P. Gemelli, Origine de la famille. Critique de la doctrine évolutionniste, Marcel Rivière, Paris, 1923.

[49]    Nicholas Goodrick-Clarke, Les racines occultistes du nazisme. Les Aryosophistes en Autriche et en Allemagne 1890-1935, Pardès, Paris, 1989 ; Dusty Sklar, The Nazis and the Occult, Dorset Press, New York, 1987.

[50]    Anna Bramwell, Blood and Soil. Walther Darré and Hitler’s Green Party, The Kensal Press, Kensal House, Abbotsbrook, Bourne’s End, Buckinghamshire, 1985.

[51]    Benno Müller-Hill, Science nazie, science de mort. L’extermination des juifs, des tsiganes et des malades mentaux de 1933 à 1945, Odile Jacob, Paris, 1989 ; Michael Burleigh, Death and Deliverance. « Euthanasia » in Germany 1900-1945, Cambridge University Press, Cambridge, 1994 ; Robert Jay Lifton, The Nazi Doctors. Medical Killing and the Psychology of Genocide, Basic Books, New York, 1986.

[52]    David Irving, Goebbels. Mastermind of the Third Reich, Focal Point, London, 1996.

[53]    Au sujet de l’histoire de l’homosexualité allemande et sa renaissance à la fin du XXᵉ siècle partout en Occident, voir : Scott Lively et Kevin Abrams, The Pink Swastika. Homosexuality in the Nazi Party, Founders Publishing Corporation, Kaizer, Oregon, 1995.

[54]    Augusto Del Noce, L’irréligion occidentale, Fac-éditions, Paris, 1995 ; Il problema dell’ateismo, Il Mulino, Bologne, 1990.

[55]    Jacques Maritain, La philosophie de la nature. Essai critique sur ses frontières et son objet, Téqui, Paris, 1935 ; Léon Elders, La philosophie de la nature de saint Thomas d’Aquin. La nature, le cosmos, l’homme, Téqui, Paris, 1994.

[56]    Ronald H. Nash (Editor), Process Theology, Baker, Grand Rapids, 1987.

[57]    Claude Polin, L’esprit totalitaire, Éditions Sirey, Paris, 1977.

[58]    Ceci est largement documenté dans le très riche recueil de textes rassemblés par Oliver O’Donovan et Joan Lockwood O’Donovan, From Irenaeus to Grotius. A Sourcebook in Christian Political Thought, Eerdmans, Grand Rapids, 1999.

[59]    Jusqu’à une période relativement récente (Vatican II), l’enseignement du Magister de l’Église catholique romaine a, dans une grande mesure, rappelé les exigences de la Loi de Dieu dans le domaine de la vie sociale. Voyez le recueil très éclairant de textes officiels constitué par E. J. Chevalier et E. Marmy, La communauté humaine selon l’esprit chrétien. Documents, Éditions de l’Imprimerie St-Paul, Fribourg, 1944. Voyez également l’ouvrage synthétique de Jean Daujat, L’ordre social chrétien, Beauchesne, Paris, 1970. Du point de vue protestant, voyez les travaux exceptionnels de Rousas J. Rushdoony consacrés à l’étude, la compréhension et l’application de la Loi de Dieu aux circonstances de notre temps : Law and Liberty, 1971 ; The Institutes of Biblical Law, Vol. I, 1973 ; Vol II, Law and Society, 1982 ; Vol. III, The Intent of the Law, 1999. Voyez aussi du même auteur : The Foundations of Social Order, 1968 ; Politics of Guilt and Pity, 1970 ; Salvation and Godly Rule, 1983 ; Christianity and the State, 1986. Deux de nos ouvrages sont consacrés à la théorie et à l’application de la Loi divine : Jean-Marc Berthoud, Apologie pour la Loi de Dieu, 1994, et L’École et la famille contre l’utopie, 1997, tous deux publiés aux Éditions L’Âge d’Homme à Lausanne.

[60]    Jean Madiran, La vieillesse du monde. Essai sur le communisme, Dominique Martin Morin, Bouère, 1975.

[61]    Avec l’ouvrage devenu classique de celui qui, fut pendant plusieurs années, directeur de la Bibliothèque du Congrès à Washington, James H. Billington, Fire in the Minds of Men. Origins of the Revolutionary Faith, Basic Books, New York, 1980 et surtout avec les deux volumes de l’historien Caroll Quigley, des Universités de Georgetown, de Princeton et de Harvard (qui a eu accès aux archives de certaines des organisations mentionnées plus haut), Tragedy and Hope. A History of the World in our Time, Macmillan, New York, 1966, et The Anglo-American Establishment, from Rhodes to Cliveden, Books in Focus, New York, 1981, cette interprétation a cessé d’être du ressort de quelques farfelus pour devenir un aspect incontournable de toute historiographie qui cherche à tenir compte de toute la documentation disponible.

[62]    G. Edward Griffin, The Creature from Jekyll Island. A Second Look at Federal Reserve, American Opinion, Appleton, 1995 ; George Knupfer, The Struggle for World Power, Revolution and Counter-Revolution, The Plain-Speader Publishing Company, Londres, 1971 ; Epiphanius, Maçonnerie et sectes secrètes : le côté caché de l’histoire, Courrier de Rome, 1999. Voir aussi Eustace Mullins, The Secrets of the Federal Reserve, Banking Research Institute (P.O. Box 1105, Staunton VA 24401).

[63]    À la question du journaliste qui l’interrogeait : N’êtes-vous pas ici la victime d’un fantasme de complot ? Alexandre Zinoniev répondait : Quel complot ? Il n’y a aucun complot. Le gouvernement mondial est dirigé par les gouverneurs des structures supranationales commerciales, financières et politiques que tout le monde connaît. Selon mes calculs, une cinquantaine de millions de personnes font déjà partie de cette suprasociété qui dirige le monde. Les États-Unis en sont la métropole. Les pays d’Europe occidentale et certains anciens « dragons » asiatiques, la base. Les autres sont dominés suivant une dure gradation économico-financière. Telle est la réalité. Quand bien même la propagande, arguant que le monde est une vaste fraternité, prétend souhaiter un gouvernement mondial contrôlé par un parlement mondial – mais ce ne sont là que les balivernes à destination du public.(Le Temps stratégique, juillet-août 2000, p. 44.)